Vannina CROLAS, de la Fonction publique, de l’Emploi, du Travail, de la Modernisation de l’Administration et de la Formation professionnelle, s’est rendue à Paris à la demande du Président de la Polynésie française, Moetai BROTHERSON, pour participer à la convention nationale de la démocratie locale sur invitation de Dominique FAURE, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur et des outre-mer, chargée des Collectivités territoriales et de la Ruralité.

Afin d’optimiser ce déplacement à Paris, c’est un marathon de rencontres, entretiens et réunions que la ministre, accompagnée de Christelle SANDFORD, conseillère technique au sein de son cabinet, a réalisé dans le cadre de ses différentes attributions.

1/ La convention nationale de la démocratie locale

 Cette journée a rassemblé plus de 350 élus représentant les communes, les départements et les régions. Les travaux conduits sur 34 tables rondes ont permis d’évaluer la pertinence des propositions identifiées par le gouvernement, de mieux déterminer parmi ces propositions celles qui sont prioritaires et de les enrichir d’observations complémentaires formulées par les élus locaux.

Trois sujets ont clairement émergé de cette journée d’échanges et de réflexion : la nécessité de créer un choc d’attractivité pour les mandats locaux, l’aspiration à une simplification drastique des conditions d’action des élus locaux et notamment des maires, et la demande d’une plus forte déconcentration de l’action et des décisions de l’Etat.

Cette journée a été l’occasion pour Vannina CROLAS, venue représenter le Président Moetai BROTHERSON, d’échanger avec d’autres élus, tout d’abord sur les conditions d’exercice des mandats locaux en Polynésie française, sujet qu’elle connaît très bien par sa longue expérience en tant que Directrice générale des services de la commune de FAA’A, commune la plus peuplée de Polynésie française, mais aussi sur les Fare Ora, que le nouveau gouvernement veut mettre en place dans chaque commune pour faciliter l’accès aux services publics du Pays.

2/ Entretien avec Geoffroy DE VITRY, directeur de cabinet du ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion

 Bien que les compétences en matière d’emploi, de travail et de formation professionnelle relèvent exclusivement du Pays, la ministre a tenu à rencontrer son homologue à Paris pour échanger et partager sur les bonnes pratiques afin de lutter contre le chômage et sur les outils de prospective et d’évaluation pour alimenter notre observatoire de l’emploi en Polynésie française.

Son homologue à Paris étant en déplacement, la ministre a été reçue par Geoffroy DE VITRY, directeur de cabinet du ministre Olivier DUSSOPT, accompagné de Jonathan BAYOL, conseiller en prospective, diplomatique et discours.

Le directeur de cabinet a tenu à présenter les différentes réformes intervenues dans l’hexagone pour favoriser le plein-emploi. Ces réformes concernent notamment celle des retraites qui a amélioré le taux d’emploi des séniors, la réforme du service de l’emploi et la transformation de « pôle emploi » en « France travail » avec une approche plus proactive de la gestion des demandeurs d’emploi, la réforme des lycées professionnels avec la création dans chaque lycée d’un bureau des entreprises, l’augmentation des financements en faveur de l’apprentissage, la réforme de l’assurance chômage pour inciter les demandeurs d’emplois à retrouver rapidement un emploi, des incitations fiscales en faveur des entreprises et d’autres réformes concernant le droit du travail.

Il rappelle également la nomination d’une ministre déléguée en charge de l’enseignement et de la formation professionnelle pour faire le lien direct entre le ministère de l’éducation et le ministère du travail et permettre ainsi une meilleure articulation de ces deux portefeuilles.

Le directeur de cabinet a également proposé un partenariat entre le service de l’emploi de la Polynésie française et leur service « Pôle emploi » pour mieux accompagner nos conseillers en évolution professionnelle.

3/ Participation à la 76ème édition du Salon philatélique d’autonome à Paris

Pour cette 76ème édition, c’est la Polynésie française, invitée d’honneur, qui s’est vue récompensée par la remise à la ministre d’un cadeau, « un vase de Sèvres bleu nuit »  offert par le Président de la République.

Le vase de Sèvres est le plus haut prix symbolisant par son excellence les talents et les qualités du vainqueur. Cette récompense pour la meilleure philatélie a été décernée cette année à la Polynésie française.

La ministre a tenu à remercier l’office des postes et télécommunications (OPT), notamment son service de la philatélie, pour la participation du Pays à cet événement qui est l’un des plus gros marchés du timbre parisien et qui rassemble chaque année près de 10 000 visiteurs.

Cette action contribue au rayonnement mondial de la Polynésie française à travers ses timbres.

4/ Entretien avec le service Pôle emploi

 La ministre a été reçue par Florence DUMONTIER, directrice Europe et Relations Internationales et par Sofia ELOMRI, cheffe du département Coopération et Actions internationale de Pôle emploi.

Cette rencontre a permis d’envisager un partenariat avec Pôle emploi qui est en pleine phase de mutation vers « France travail » avec plusieurs objectifs : renforcer l’accompagnement du demandeur d’emploi, créer un système d’information commun et unique à tous les partenaires, coconstruire une gouvernance plus dynamique et un réseau d’acteurs de l’emploi plus performant ainsi qu’un régime de droits et obligations du demandeur d’emploi et des organismes d’accueil, un accompagnement des conseillers en évolution professionnelle, etc….

Une mission de diagnostic et d’identification de nos besoins sera donc diligentée entre notre Service de l’Emploi (SEFI) et le service Pôle emploi.

5/ Rencontre avec Alex LENOIR, directeur de projet en charge des missions Europe et DROM-COM de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA)

 Avec 113 500 personnes formées en 2019 dont 72 000 demandeurs d’emploi et 41 500 salariés, l’AFPA est l’opérateur majeur de l’accompagnement et de la formation professionnelle en France. C’est le premier organisme de formation professionnelle qualifiante.

L’AFPA est un établissement public qui avait réalisé des missions d’appui au Service de l’Emploi, de la Formation et de l’Insertion (SEFI) par le passé, et qui pour cette année, a pour mission d’évaluer le dispositif de l’apprentissage en Polynésie française.

L’objectif est de mettre en œuvre une approche stratégique de l’apprentissage dans le paysage de la formation professionnelle en Polynésie, l’ingénierie des compétences et de certification, un accompagnement à la mise en œuvre opérationnelle de l’apprentissage dans les unités de formation et auprès des entreprises et un accompagnement à la réalisation du bilan annuel des projets de formations pilotes.

D’autres sujets ont également été évoqués avec l’AFPA, notamment celui de créer un centre de certification polynésien avec la création de titres polynésiens, ainsi qu’un centre d’évaluation des organismes de formation en Polynésie.

6/ Entretien avec France BURGY, directrice générale du Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT)

 Le CNFPT est un établissement public national au service des collectivités territoriales et de leurs agents. Il est chargé de la formation et de la professionnalisation des personnels des collectivités locales ainsi que de l’organisation de certains concours et examens professionnels de la fonction publique territoriale.

En 2019, le Pays a conclu une convention fixant les conditions de partenariat entre la Polynésie française et le CNFPT dans le cadre de la stratégie de formation professionnelle 2020-2023 des agents de l’administration de la Polynésie française.

Le CNFPT a également d’autres conventions avec le Centre de gestion et de formation (CGF) et le Syndicat pour la promotion des communes de Polynésie française (SPCPF) et souhaite connaître les attendus globaux qui pourraient être transversaux pour le Pays et les communes, d’autant plus que la ministre a retracé le projet prioritaire du gouvernement de créer des Fare Ora avec les communes en permettant une polyvalence des agents et un rapprochement des services publics des usagers.

La ministre a également précisé les deux orientations principales qu’il conviendra de prendre en compte dans le prochain partenariat avec le CNFPT, d’une part le changement de gouvernance pour remettre du sens dans nos services et remettre au goût du jour les valeurs du service public et d’autre part, en la restructuration des services pour réduire le coût de l’administration. Le prochain partenariat avec le CNFPT devra donc tenir compte de ces considérations.

7/ Visite de l’Ecole Simplon en présence de Frédéric BARDEAU, son président co-fondateur

L’école Simplon forme aux métiers du numérique dans toute la France et à l’international. Présent dans 21 pays, c’est un réseau de plus de 25 000 apprenants avec 70 centres de formation en métropole, mais aussi dans les outre-mer (via le Régime du Service Militaire Adapté (RSMA) notamment).

Dédiée uniquement au numérique et à la formation professionnelle, l’école a formé environ 30 000 personnes en 10 ans sur les fondamentaux numériques, le développement d’applications, les infrastructures et la cybersécurité, etc. Pour des métiers en tension et pour des publics variés, elle dispense des formations pilotes et crée ses propres titres qui sont ensuite enregistrés à France compétence.

La ministre a rappelé les projets du gouvernement tournés vers le numérique et l’audiovisuel, avec notamment le projet « Pacific Genius » et la mise en place d’une véritable école de codage. Elle informe également de l’installation très prochaine de Google en Polynésie avec l’implantation de câbles sous-marins et de data center afin que la Polynésie soit le « hub » numérique du Pacifique. Pour cela, il faut préparer la main d’œuvre et répondre aux besoins du secteur prioritaire de l’économie numérique et de l’audiovisuel.

L’école Simplon est une méthode qui pourrait être déployée à cette fin, reste à définir les conditions et modalités d’une collaboration éventuelle tenant compte de nos spécificités. Les fondateurs de Simplon sont déjà ravis de cette future collaboration.

8/ Rencontre avec Mathieu BAUDIN, co-fondateur de l’Institut des futurs souhaitables

 L’institut des futurs souhaitables est une association à but non-lucratif qui œuvre pour l’intérêt général et qui, en cette période de métamorphoses, propose à celles et ceux qui le désirent de saisir cette opportunité pour inventer un monde « plus souhaitable. »

C’est une école de prospective des souhaitables qui offre une méthode, une démarche en apportant aux apprenants des clés de lecture du présent ainsi que des armes créatives visant à participer, avec bienveillance, à la construction de ce nouveau monde. Il encourage et soutient la « mise en action » en proposant des outils créatifs et poétiques à disposition de tous les publics, des actions ou des idées originales, décalées, surprenantes, audacieuses, pleines de sens, drôles et/ou inspirantes, etc.

Il propose une méthode permettant de se recentrer sur l’essentiel, de développer des expertises singulières et d’inventer de nouveaux modes de vie respectueux du vivant.

9/ Visite de Rocket School de Lille et entretien avec Guillaume GABOURY co-fondateur

Rocket School est une école d’excellence qui donne sa chance à tout le monde avec un taux d’insertion de 96 % à la sortie. C’est une école qui favorise la diversité des profils de leurs apprenants, l’inclusion et la parité. L’admission à Rocket School se fait sur la base de tests de personnalité et de la motivation du candidat, et non sur ses diplômes ou ses expériences professionnelles passées.

C’est une école qui vit au rythme de ses étudiants et qui veille à l’intégration de chacun en les encourageant à se dépasser, à trouver leur voie et à se fixer des objectifs ambitieux.

Leur pédagogie est essentiellement basée sur la pratique, « learning by doing » (on apprend en faisant) avec trois piliers : la personne au bon endroit, un bootcamp intensif pour débuter chaque programme et une alternance au plus près du terrain avec un réseau de milliers d’entreprises partenaires.

Une première prise de contact avait été réalisée à distance depuis Tahiti et le déplacement à Paris était l’occasion de visiter un des campus de Rocket School. Le choix s’est porté sur le campus de Lille qui correspond à l’échelle de la Polynésie.

Cette rencontre était destinée à présenter le modus operandi de Rocket School pour déterminer si ce projet pourrait avoir du sens en Polynésie.

Madame la Ministre a rappelé les principaux freins à l’emploi et les moyens que le Pays déploie pour lutter contre le chômage en Polynésie, ainsi que les principaux projets de développement du Pays et ses secteurs prioritaires. Elle a également pu participer à plusieurs ateliers pour expérimenter elle-même la méthode Rocket School. Très efficace et pragmatique, elle pourrait faire l’objet d’un partenariat dans le cadre du développement de l’économie numérique du fenua.

10/ Réunion de travail avec la Caisse de Retraite du Personnel Naviguant (CRPN) et Mereana REID-ARBELOT, députée de la 3ème circonscription de Polynésie française

 La ministre CROLAS a profité de son déplacement à Paris pour participer à une réunion de travail sur l’invitation de la députée REID-ARBELOT à la CRPN.

Le 14 décembre 2021, une convention a été conclue entre l’Etat, la Polynésie française et la Caisse de retraite du personnel navigant professionnel de l’aéronautique civile pour fixer le régime de retraite complémentaire du personnel navigant professionnel civil exerçant son activité en Polynésie française ou au départ de la Polynésie française.

Cette convention a également été conclue dans le but d’adapter le régime de retraite complémentaire institué par la loi n° 51-482 du 27 avril 1951 aux spécificités du personnel navigant exerçant ou ayant exercé son activité salariée en Polynésie française ou au départ de la Polynésie française, certaines dispositions de cette loi ne s’appliquant pas en Polynésie française (l’assurance chômage, l’assurance maladie, etc.).

Pour unifier l’application de cette réforme, il était donc nécessaire de rendre obligatoire, le régime de la CRPN à tous les territoires y compris en Polynésie française, car toutes les compagnies aériennes cotisent à la CRPN. Deux tendances se sont dégagées au sein de la CRPN, d’une part celle de faire cotiser tout le monde en leur faisant bénéficier des mêmes droits, ou d’autre part celle d’accorder des droits différents puisque la Polynésie française est compétente dans son propre droit du travail et que la réforme des retraites de la métropole ne s’applique pas en Polynésie française.

La ministre a tenu à préciser la situation financière fragile de notre compagnie Air Tahiti Nui et que cette convention conduit nécessairement à des frais supplémentaires pour notre compagnie puisque les cotisations sont supportées exclusivement par les employeurs.

La CRPN a rappelé les avantages de cette retraite complémentaire et l’augmentation progressive des cotisations ainsi que l’impact financier par compagnie en Polynésie.

11/ Entretien avec Taitapu TAAROA, président fraîchement élu de la Fédération des Associations des Étudiants Polynésiens (FAEPF)

La ministre a souhaité rencontrer le président de la FAEPF afin d’envisager des actions visant à recenser et à identifier nos étudiants polynésiens installés en métropole en vue de préparer leur retour pour mettre leurs compétences au service de notre fenua.

12/ Rencontre avec les agents de la Délégation de Polynésie française à Paris

En tant que ministre de la fonction publique, Vannina CROLAS a souhaité rencontrer les agents de la délégation de la Polynésie française à Paris pour connaître leurs difficultés et les remercier du travail qu’ils réalisent au quotidien au-delà de nos frontières.

En effet, le rôle de la délégation est d’apporter un soutien aux communautés polynésiennes de l’hexagone (étudiants, malades, résidents permanents ou acteurs du tissu associatif, etc.). C’est un relais important pour les autorités institutionnelles du Pays et un moyen de faire rayonner notre Polynésie française à travers les événements qu’elle organise.

13/ Rencontre avec la Caisse de Prévoyance Sociale basée à Paris, les associations de soutien aux malades polynésiens et les malades du Rosier Rouge

Le déplacement à Paris fut aussi l’occasion de rencontrer et de remercier chaleureusement d’autres partenaires incontournables basés à Paris.

Ainsi, la ministre a tenu à rencontrer l’antenne de la Caisse de Prévoyance Sociale (CPS) chargée de l’accueil et du suivi des malades polynésiens hospitalisés dans l’hexagone, ainsi que les associations de soutien aux malades. Elle a pu ainsi entendre leurs doléances et les remercier chaleureusement de leur dévouement et engagement auprès de nos malades. Une rencontre qui s’est terminée par une belle soirée en compagnie de nos courageux malades, dont 4 enfants du Rosier Rouge.

14/ Visite de la maison de la Nouvelle-Calédonie

 La ministre n’a pas souhaité quitter l’hexagone sans visiter la magnifique maison de la Nouvelle-Calédonie, située quartier de l’Opéra.

Accueillie par Anne BIHAN, cheffe de service, elle a pu découvrir et apprécier toute la symbolique du lieu, et l’esprit du pays, à travers une suite de symboles qui raconte le « chemin parcouru » depuis la signature des accords de Matignon en 1988 et le processus d’émancipation dans lequel il s’est engagé.

Un véritable chef d’œuvre !

 15/ Invitation à la soirée des 25 ans d’Air Tahiti Nui et des 36 ans du ballet de Théo SULPICE

La ministre a également pu prendre part aux invitations de Air Tahiti Nui (ATN), qui célébrait ses 25 ans d’anniversaire et assister au ballet populaire du célèbre polynésien Théo Sulpice qui fêtait les 36 ans d’existence de sa troupe.

Deux occasions qui ont mis en valeur la beauté et la richesse de notre fenua, de notre culture et de nos savoir-faire. Ce fut l’occasion de tous les remercier, de faire vivre et rayonner notre Polynésie, au-delà de nos frontières.

La ministre a également tenu à remercier chaleureusement Sarah TERIITAUMIHAU, déléguée de la Polynésie française à Paris, pour son efficacité et son soutien actif et bienveillant lors de ces entretiens.