Signature de la première convention-cadre de partenariat entre la Polynésie française et Météo France

2021-01-20T18:12:28+00:0020 janvier 2021|

Le Président Edouard Fritch et le ministre de la Culture et de l’Environnement, Heremoana Maamaatuaiahutapu, se sont entretenus, mercredi matin, par visioconférence, avec la présidente-directrice générale de Météo-France, Virginie Schwarz. Une convention cadre de partenariat entre la Polynésie française et Météo-France a été signée à cette occasion.

Des collaborations jusque-là ponctuelles avec Météo France

Les collaborations entre le Pays et Météo-France qui existent aujourd’hui, ont pour objectif la production, le contrôle et l’échange de données climatologiques.

Le réseau opérationnel de Météo-France comprend 148 points de mesure répartis sur tous les archipels. Les mesures portent sur les paramètres tels que le vent, les précipitations, la température ou encore le rayonnement solaire. Tous les paramètres ne sont pas mesurés sur chaque station mais la pluie représente l’essentiel de ces mesures avec 140 points de mesures. En effet, la pluviométrie variant significativement selon les archipels et même au sein des îles, il est nécessaire pour avoir une bonne connaissance de ce paramètre de disposer d’un réseau de mesures dense. C’est d’autant plus essentiel sur l’île de Tahiti qui, à ce jour, ne dispose pas de mesure par radar de précipitations.

De ce réseau opérationnel, le Pays finance le réseau climatologique qui comptabilise environ 90 postes d’observation répartis dans toute la Polynésie française. Ce réseau est tenu par des observateurs bénévoles, dont le défraiement est assuré par le Pays. Météo-France assure l’animation, la formation et l’exploitation de ce réseau de données. Ces mesures servent, tous les mois, à établir le bilan climatique du fenua. Ils ont récemment permis d’alimenter l’Atlas climatologique de la Polynésie française, ouvrage de référence sur le climat polynésien.

En 2015, une convention relative à l’échange de données d’observation de surface et portant création d’un Réseau d’Intérêt Commun a été signée entre Météo-France et le Pays. Ces données de pluies sont d’autant plus précieuses qu’elles sont mesurées à une résolution temporelle plus fine. Enfin, l’historique du réseau a permis de compléter le travail sur les longues séries de données, réalisé par Météo-France. Ces longues séries de données sont les témoins des évolutions passées de la Polynésie et s’avèrent primordiales pour mettre en évidence les changements climatiques.

Fort de cette expérience de partenariat, un autre projet, à connotation recherche, a vu le jour entre le ministère de l’Équipement du Pays, l’Université de la Polynésie française et Météo-France sur l’étude des risques hydrologiques à Tahiti et Moorea. Ce projet visait principalement à consolider et à enrichir l’acquisition d’observations hydrométriques et pluviométriques sur ces deux îles où les impacts des pluies intenses et des crues sont importants. Ce projet a permis le déploiement d’un réseau de limnimètres et de pluviomètres temps réel dont les données sont recueillies par la direction de l’équipement (GEGDP).

Une convention-cadre de partenariat pour les 5 années à venir

Suite au colloque organisé par Météo France le 1er octobre 2019, plusieurs thématiques d’intérêt pour le Pays ont été identifiées dans le champ d’intervention de Météo France: l’évolution climatique de la Polynésie française et de l’ensemble du Pacifique, la montée des eaux océaniques, la prévision des évènements hydrométéorologiques extrêmes, la gestion des ressources en eau (gestion des bassins versants et artificialisation des sols), ou encore la lutte anti vectorielle.

Il est apparu dès lors opportun de formaliser un partenariat élargi avec Météo France, afin de structurer l’appui technique que pourrait apporter l’établissement à la Polynésie française. Ainsi, la convention signée mercredi matin constitue le premier partenariat cadre entre le Pays et Météo France. Trois axes prioritaires de travail ont notamment été retenus :

  • hydrométéorologie et gestion de la ressource en eau: renforcement de la connaissance de l’occurrence des pluies et du fonctionnement des cours d’eau, préfiguration d’un dispositif d’alerte « inondations » sur les îles hautes dont Tahiti et Moorea et évolution au cours du temps des périodes de sécheresse prolongée ;
  • océan superficiel et impacts sur les îles: connaissance des régimes de houle et de leur évolution à long terme, et interactions avec la montée des océans ;
  • régionalisation du changement climatique sur la Polynésie française: construction d’indicateurs de long terme pouvant orienter les politiques publiques et les stratégies d’adaptation au changement climatique.

D’autres axes de travail ont été identifiés dans des domaines divers (énergie, santé, aménagement, etc), qui pourront faire l’objet de travaux communs à développer ultérieurement.

Le projet de régionalisation du changement climatique débute cette année. Il est dénommé PacSud, financé par l’AFD (Agence Française de Développement) pour une durée de 3 à 4 ans, et piloté par Météo-France et l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement). L’objectif final du projet est de renforcer la résilience des territoires français du Pacifique (Polynésie française, Nouvelle Calédonie et Wallis et Futuna) et du Vanuatu au changement climatique.

Dans un premier temps les équipes vont s’atteler à produire des jeux de données haute résolution du climat futur pour le Pacifique (20 km x 20 km) à partir des derniers modèles et scénarios du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), dont le scénario COP 21.

Dans un second temps, ces simulations seront régionalisées, en produisant des simulations à très haute résolution (2 km x 2 km), aux échelles d’îles comme Tahiti et Moorea.

Enfin, avec les autorités locales les impacts sur des secteurs spécifiques seront évalués au regard du changement climatique : santé, culture des huîtres perlières, etc.

Ce projet est une vraie opportunité pour la Polynésie française de disposer de simulations exploitables à l’échelle des îles et pourrait impulser une dynamique de recherche et de développement d’une dizaine d’années. Son apport sera de portée internationale : les méthodes et certaines données produites pourront servir à l’ensemble des états du Pacifique sud.

//