Vœux du Président Edouard FRITCH Aux agents publics de Raiatea

2019-12-21T20:51:45+00:0021 décembre 2019|

Madame la Sénatrice,

Mesdames et messieurs les Représentants,

Madame et messieurs les maires,

Madame la chef de la circonscription,

Mesdames, messieurs les responsables des différents services,

Mesdames et messieurs,

Chers amis,

 

Je suis heureux que vous ayez pu répondre à notre invitation pour nous permettre d’être rassemblés à l’occasion de cette fin d’année.

Je remercie notre tavana hau, Herenui Thunot, de nous avoir aidés à organiser cette rencontre.

Je sais pourvoir compter sur sa fidélité et son dévouement professionnel. J’ai tenu à la reconduire à plusieurs reprises dans ses fonctions de chef de service, malgré qu’elle ne soit pas cadre A comme l’exige notre règlementation. Tant qu’elle rendra de bons services et fera preuve de bonne gestion, je continuerai à la soutenir.

En outre, je crois savoir que la tavana hau regrette qu’elle ne soit pas suffisamment informée de tous les projets ou décisions intéressants les Iles sous le vent. Ce manque d’information est pénalisant pour une bonne coordination de l’action et des politiques publiques en faveur de votre archipel. Je suis favorable à ce que ce manque soit corrigé.

 

 

Vous êtes près de 520 agents publics en poste à Raromatai.

Sur ces 520 agents, vous êtes 334 en poste à Raiatea. Et, la santé regroupe à elle seule plus de la moitié de cette administration présente à Raiatea, avec ses 180 agents publics.

Mes chers amis, je voudrais tout d’abord dire merci à toutes et à tous. Ces remerciements s’adressent également aux fonctionnaires des autres îles de Raromatai.

Merci pour le travail réalisé tout au long de cette année. Merci pour tous les services rendus à notre population, même s’il y a encore quelques reproches qui sont parfois formulés. Mais, globalement, il y a plus de satisfaction que d’insatisfaction. C’est ce que je retiendrai car je veux, en premier, voir et reconnaître le verre à trois quart plein que le vide restant.

Pour cette année 2019, vous savez que notre pays est globalement sur une pente en croissance.

De ce fait, la situation des communes s’améliore. Elles sont financièrement mieux dotées grâce à l’augmentation du FIP qui est prélevé sur les recettes du pays. Plus celles-ci seront meilleures, plus les communes seront dotées. Ainsi, en 2019, les communes ont bénéficié d’un bonus de plus de 4 milliards de francs comparée à la dotation de 2014, soit des recettes du FIP en augmentation de 30 % en 5 ans. Ainsi, les communes ont plus de moyens pour investir sur les voiries, sur l’électrification, sur le traitement des déchets, sur les infrastructures communales, sur les plateaux sportifs, etc. C’est le cadre de vie quotidien des populations qui est améliorée.

 

 

Les aides économiques en soutien à l’agriculture, à la pêche, au commerce, au tourisme, aux jeunes ménages en construction d’un logement, et les chantiers de travaux publics, écoles, routes, destinés également à améliorer le cadre de vie de la population, ont plus de facilité à être mis en œuvre.

Les activités économiques et en particulier le secteur touristique, se portent de mieux en mieux.

Oui, la santé financière de notre pays est nettement meilleure depuis 4 ans et permet la création d’emplois.

Cependant, je n’oublie pas tous ceux et celles qui souffrent encore et qui peinent dans leur vie quotidienne. C’est à eux que je pense tous les jours. Bien sûr, il y a les aides sociales. Mais on ne peut éternellement vivre de ces aides sociales.

La dignité de ces familles en difficulté passe par une activité durable. Et à cet égard, les agents de l’administration, en particulier ceux en lien avec les secteurs productifs, devraient pouvoir encourager et accompagner ces familles vers des projets basés sur l’exploitation des ressources et les atouts naturels de Raiatea et de chaque île de Raromatai.

Oui, nous devons être des agents et une administration tournés vers plus de développement et moins de bureaucratie.

Vous savez, j’entends encore beaucoup de critiques à l’encontre de notre administration.

Ces critiques ne portent pas tant sur l’accueil des administrés qui, certes, mérite d’être toujours amélioré, mais plutôt sur les lenteurs et les complexités administratives.

 

J’entends souvent de la bouche des gens, « c’est compliqué ; les procédures sont complexes ; on nous demande beaucoup de papiers, on les dépose et on nous en redemande 1 mois après ; c’est long ; on n’a pas d’information sur notre dossier déposé il y a 6 mois, etc.. ». Je suis sûr que vous connaissez aussi bien que moi ces reproches qui sont faites à notre administration par nos concitoyens.

L’autre constat que je fais de plus en plus souvent et qui apparait comme des « complexités administratives », c’est le double syndrome du « risque zéro absolu et du parapluie ».

Le risque zéro absolu amène notre administration à demander aux citoyens qui souhaitent développer des projets économiques, des exigences et des normes de sécurité, d’hygiène, d’urbanisme et de protection environnementale, telle que cela frise parfois l’absurde.

Pour vendre quelques firifiri aux bords de la route, le dimanche, notre administration leur demande de construire un laboratoire de cuisine avec paroi en aluminium, carrelage, évier avec robinet à pédale, etc… c’est-à-dire un niveau d’hygiène et sécurité disproportionné au regard de la fabrication des quelques firifiri, une fois par semaine. Ces exigences sont certainement valables pour un industriel boulanger ou pâtissier qui travaille sur une grande production, mais pas pour le vendeur occasionnel. Mais, au nom du risque zéro d’intoxication alimentaire, les normes exigées sont disproportionnées par rapport aux réalités. Je prends cet exemple du firifiri pour illustrer des dizaines d’autres situations similaires touchant d’autres activités.

Et pour éviter de comprendre les réalités du terrain, le fonctionnaire sort facilement le parapluie en disant, « je me protège » ou alors « j’applique les textes ».

A cette administration du risque zéro absolu et du parapluie, je leur dis, les contribuables ne vous paient pas pour vous protéger, mais pour les servir, les aider à progresser et à avancer dans leur vie.

Le syndrome du risque zéro et du parapluie ont notamment pour conséquences le découragement de nos modestes citoyens qui veulent se prendre en main, mais qui finissent par se démoraliser à cause d’une bureaucratie de découragement.

Si les textes ne sont pas adaptés, faites nous des propositions pour les changer et les adapter à notre réalité, tout en respectant les principes de développement durable. Cela fait partie des missions fondamentales des agents publics : améliorer notre administration et ses règles.

Vous savez, je voudrais que chacune et chacun d’entre vous ayez la culture de la satisfaction du citoyen–contribuable. Je voudrais que nous servions ce citoyen-contribuable comme un client noble qui paie, au travers de ses impôts, le service que vous lui rendez.

Oui, c’est une révolution mentale que je vous demande. Une révolution qui nous mène vers une administration de développement et vers la satisfaction du citoyen-contribuable.

C’est le vœu le plus cher que je voudrai formuler pour cette année 2020.

Pour terminer, je voudrai vous adresser à chacune et à chacun de joyeuses fêtes de Noël et une bonne année 2020 remplie de joie et de bonheur à vos familles respectives.

 

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