Monsieur le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, mon cher collègue,

 

Mesdames et Messieurs les représentants à l’assemblée de la Polynésie française, chers élus,

 

Mesdames et Messieurs les chefs de services et directeurs d’établissements,

 

À la famille HIRO,

 

Mesdames et Messieurs,

 

Mes chers amis, ‘ia ora na ! Puissiez-vous vivre !

 

Nous sommes réunis, ici en ces lieux autour de ce paepae, Te paepae a HIRO, Te paepae a Henri a HIRO.

 

À l’évocation du nom de ce lieu qui porte le nom d’Henri HIRO et du collège éponyme de Fa’a’ā, j’ai une pensée toute émue pour Henri qui aurait fêté, si le destin en avait décidé autrement, ces 80 ans. Henri HIRO est né le 1er janvier 1944 à Mo’orea et décédé le 10 mars 1990 à Huahine. Rendez-vous compte, il nous a quitté depuis 34 ans et j’ai l’impression que c’était hier.

 

Cet homme de culture aux multiples facettes et talents était à la fois un cinéaste, un dramaturge, un homme de plume, un poète qui chantait le monde, un écrivain, un théologien, un militant engagé dans la vie de politique, culturelle, sociale de notre si beau et si grand pays.

 

Henri HIRO c’était un homme engagé, un homme de convictions mais également, comme le sont souvent les gens brillants et sensibles, Henri était un homme lucide, un être clairvoyant tout à fait conscient des travers de la société polynésienne dont il était le contemporain, la lutte contre les essais nucléaires dont il avait perçu les effets délétères sur notre Peuple, sa santé et son mode de vie, la lutte contre la domination coloniale source d’aliénations des êtres, des corps et des esprits. Henri HIRO était également un homme engagé, un militant de la première heure pour la protection et la préservation de l’environnement et de la nature.

 

Au fond, lorsqu’on prend le recul nécessaire en dépit de l’épaisseur du temps qui nous sépare de son œuvre, je dirais qu’Henri HIRO, tel le poète qui chante le monde, était un visionnaire. Les problématiques qui traversent aujourd’hui encore notre société polynésienne sont à peu de choses près celles dont Henri HIRO se faisait le chantre : la protection de notre environnement, les essais nucléaires, la perte de nos valeurs polynésiennes et avec elles des fondements mêmes de notre identité Ma’ohi.

 

Ce que je retiens d’Henri HIRO, d’abord et avant tout, ce que je retiens de celui qui n’hésitait à braver le conservatisme hypocrite de la société à laquelle il appartenait c’est qu’il PROFONDEMENT, d’ABORD et avant tout MA’OHI.

 

Mais qu’est-ce donc être un Maohi du point de vue d’Henri. Pour mieux comprendre, j’évoquerais avec vous les mots d’Henri HIRO.

 

Voici ce qu’il disait au passant, à chacun d’entre-nous :

 

HAERE MAI ! VIENS

HAERE NOA MAI ! VIENS TEL QUE TU ES, VIENS COMME TU ES !

HAERE MAI I TE FARE NEI ! VIENS A LA MAISON, VIENS DANS MON FOYER !

HAERE MAI E TAMA’A ! VIENS PARTAGER LE REPAS !

 

Voyez-vous mes chers amis, à l’heure où la solidarité a cédé le pas à l’égoïsme, à l’heure où les sans-abris survivent dans une indifférence quasi générale, qui d’entre-ceux qui revendiquent leur identité de Ma’ohi aurait aujourd’hui le courage de prononcer ces mots et de leur vivre dans leur chair et dans leur vie quotidienne.

 

Pour tout cela et pour bien d’autres encore et en hommage au poète j’ai le plaisir de vous annoncer que l’année 2024 célèbrera les 80 ans d’Henri HIRO.

 

Je voulais ce soir soumettre à votre intime réflexion, les mots d’Henri HIRO, si chers à mon cœur. Ils n’ont pas perdu un iota de leur actualité :

« Si tu étais venu chez nous, nous t’aurions accueilli à bras ouverts. Mais tu es venu ici chez toi, et on ne sait comment t’accueillir chez toi. »

 

Je vous souhaite une merveilleuse soirée et une très belle année 2024.

 

Māuruuru.