Bilan de l’expérimentation « école en santé » à Moorea

2019-07-01T16:20:57+00:001 juillet 2019|

Le ministre de la Santé, Jacques Raynal, a présenté, lundi après-midi, à la Présidence, le bilan de l’expérimentation du projet « école en santé » de l’année scolaire 2018-2019,  à Moorea. La présentation s’est faite, à la Présidence, en présence également de Manuel Sanquer, directeur de cabinet de la ministre de l’Education, de Thierry Delmas, directeur général de la DGEE (Direction générale de l’éducation et des enseignements) et de Laurence Bonnac-Theron, directrice de la Santé.

La prévalence des maladies non transmissibles comme l’obésité et le diabète dans toute la population  ainsi que les problèmes d’addiction et d’infection sexuellement transmises chez les jeunes, imposent des réponses efficaces et durables. Pour cela, l’objectif du ministère de la santé est d’agir très en amont sur l’apprentissage par les enfants de comportements sains. Pour cela, les études récentes en santé publique montrent qu’il est plus efficace d’apporter aux enfants des compétences personnelles et psycho-sociales afin qu’ils puissent prendre eux même en autonomie les décisions pour leur bonne santé.

Afin de répondre à ce défi, le ministère de la Santé et le ministère de l’Education ont décidé en aout 2018, à travers une convention signée avec la commune de Moorea- Maiao et l’association les petits princes d’Aimeho, de mettre en place une expérience pilote mettant en œuvre les principes de l’OMS (organisation mondiale de la santé) de l’école en santé.

Cette expérience consiste à offrir un label école en santé ainsi qu’un prix permettant de financer des actions pour la santé des élèves, aux écoles volontaires mettant en place 10 actions de santé à travers l’action d’un comité de santé de l’école incluant les représentants de la population du quartier. Ces actions, au-delà des principes de bonne santé alimentaire, et physique connus de tous, mettent l’accent sur la bonne santé mentale et sociale des élèves à travers des actions citoyennes en faveur de l’environnement et des actions d’insertion culturelles. Ce label est remis en jeu chaque année. Le fonds de prévention sanitaire et social de la Polynésie française participe à cette action en finançant les prix des écoles labélisées.

L’évaluation du projet effectuée au mois de juin pour l’année scolaire 2018-2019 à Moorea montre que sur 9 écoles sensibilisées au projet, 9 ont fait acte de candidature, 6 ont été labélisées école en santé, et 1250 enfants ont bénéficié de ce dispositif. Trois écoles sont en préparation et ont sollicité leur évaluation par le jury pour la rentrée 2019-2020. Cette évaluation a permis de confirmer que les apports de compétences aux enfants rentraient bien dans le cadre des programmes scolaires, que cette approche permettait aux enseignants d’utiliser des exemples d’application pratiques très pertinent intéressant les enfants, et que la mise en œuvre de l’expérience était simple. Par ailleurs l’ensemble des partenaires ont constaté une évolution positive du dynamisme de la communauté locale autour des écoles. Le dispositif de financement par le fonds de prévention reste à améliorer car restant complexe et peu réactif.

Ce programme expérimental après validation de son évaluation par les deux ministères concernés, a vocation à devenir l’unique dispositif standardisé de promotion de santé dans l’ensemble des écoles primaires et des centres des jeunes adolescents (CJA) de Polynésie française.

Pour mémoire, les principes de l’OMS de l’école en santé sont les suivants: on apprend mieux lorsqu’on est en bonne santé. Et lorsqu’on apprend mieux, cela favorise l’apport de connaissance et donc la bonne santé. L’éducation et la santé sont donc indissociables. Les écoles peuvent contribuer à promouvoir la santé des familles, de la communauté et des enseignants en même temps que celles des élèves, à travers une éducation pour la santé fondée sur les compétences à acquérir prévues dans les programmes scolaires. En faisant participer la communauté autour de l’école au projet de santé de l’école, on améliore aussi indirectement la santé de toute une population.