Vice-Présidence

La troisième réunion plénière du Conseil de prévention de la délinquance en Polynésie française s’est tenu, vendredi après-midi, à la Présidence de la Polynésie française en présence du Garde des sceaux, ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, du Haut-commissaire de la République, René Bidal, du Vice-président de la Polynésie française, Teva Rohfritsch, et du procureur général près de la cour d’appel de Papeete, François Badie.

 

Ce conseil a été créé le 18 janvier 2016, à la suite de faits divers tragiques qui ont marqué la Polynésie en 2015, par arrêté du Haut-Commissaire. Une initiative unique sur l’ensemble du territoire français, puisque ce conseil réunit à la fois l’Etat, le Pays ainsi que les autorités de la Justice alors que dans les autres départements, le conseil de prévention ne réunit que les communes.

 

Une stratégie dénommée « plan de prévention de la délinquance en Polynésie française 2016/2017 » a été élaborée, dès la deuxième séance plénière, afin d’impliquer l’ensemble des acteurs, dans la réflexion de la lutte et la prévention de la délinquance. Quatre programmes d’actions ont été établis : l’addiction, la délinquance juvénile, les violences intrafamiliales et la tranquillité publique.

 

Un constat partagé et des solutions concrètes

 

Cette troisième séance du Conseil de prévention a été consacrée à la restitution des propositions issues de ces ateliers de travail.

 

Constatant une augmentation importante de la consommation d’alcool, plus particulièrement de Komo (boisson alcoolisé fabriqué artisanalement) et de consommation de cannabis, la réflexion sur la prévention des addictions a abouti à la proposition d’accentuer la formation des animateurs (BAFA-BAFD) spécialisés dans la prévention des conduites addictives, ainsi, qu’à la proposition de créer un parcours citoyenneté avec un volet « addictions » dans les établissements scolaires.

 

La situation économique précaire des parents, donc de la cellule familiale, l’intervention souvent tardive des référents auprès des jeunes en difficultés sont autant d’éléments favorisant l’augmentation de la délinquance juvénile. Les comités d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC) dans chaque établissement scolaire doivent permettre d’élaborer des solutions adaptées en matière d’absentéisme scolaire, de décrochage scolaire et de déscolarisation.

 

Au sujet des violences intrafamiliales, des solutions de prévention ont déjà été mises en œuvre tel que le téléphone grave danger ainsi que la création d’une page facebook « Procureur de la République » sur cette thématique permettant de saisir le procureur par mail, notamment pour les victimes isolées.

 

La tranquillité publique, quatrième problématique abordée durant cette séance, a permis d’étudier la possibilité de création d’amendes forfaitaires pour sanctionner les nuisances sonores (infractions environnementales), de clarifier le régime juridique des « servitudes » desservant des habitations (répression de l’entrave à la circulation) et d’envisager la création en 2017 d’une « brigade de médiateurs de quartiers » dans la commune de Pirae.

 

C’est avec intérêt que le Garde des sceaux a noté les propositions et problématiques évoquées. Cette réunion a aussi été l’occasion pour le ministre de la Justice de mieux comprendre les spécificités de la Polynésie, « de féliciter cette initiative unique, d’une prise de conscience partagée », et de souligner également le fait que« les solutions évoquées ne restent pas qu’au stade de vœux mais peuvent se concrétiser par des lois de Pays ». Cette mise en commun des solutions permettra la rédaction d’une circulaire de politique pénale adaptée à la Polynésie française, comme en Nouvelle-Calédonie, afin d’aider, la Polynésie, sur le plan pénal, à faire face à une augmentation de la délinquance.

 

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