Ministère des Solidarités

Le colloque « la violence faite aux enfants », organisé jeudi à Paris par les Diaconesses de Reuilly, aura montré le lien direct entre la délinquance des adolescents et les violences qu’ils ont pu subir lors de leur enfance au sein de leur foyer. Dans ce cadre, le ministre des Solidarités et de la Santé compte faire une priorité de la protection de la femme et de l’enfant.

 

Plusieurs intervenants étaient présents lors de cet évènement, dont Edouard Durand, vice-président du TGI de Bobigny, chargé des fonctions de juge des enfants, qui a notamment publié plusieurs ouvrages dont notamment celui consacré au droit de la famille et à l'impact des violences conjugales sur l'enfant, Michèle Creoff, vice-président, du Conseil National de la Protections de l’Enfance, Carl Lacharite, Professeur du Département de Psychologie de Université du Québec, et Christiane Ah Scha, Directrice Affaires Sociales, titulaire d'un Master en Sciences Sociales et Humaines.

 

« Comme l’a très bien expliqué le juge pour enfants Edouard Durand, dans 70% des cas, le principal moteur de ces relations violentes, sont des violences intrafamiliales, des violences subies dans l’enfance, même dans la petite enfance », a déclaré Jacques Raynal. Selon lui, cette violence s’inscrit dans le mental et est reproduite ensuite au sein de la société, avec les camarades, à l’école ou autres. « Ce phénomène a été extrêmement difficile à déterminer au départ mais, à force d’études, il ressort maintenant de façon très nette », a-t-il indiqué.

 

C’est pourquoi, le ministre des Solidarités et de la santé se dit très attaché à la protection de la mère et de l’enfant : « C’est un des thèmes majeur. En effet, si l’on arrive à pallier les violences intrafamiliales, toutes les violences qui peuvent s’exprimer parmi la jeunesse à l’heure actuelle, seront en grande partie éludées dans les années futures ».

 

Lors de ce colloque, le ministre est venu chercher un retour d’expérience auprès de spécialistes de la prise en charge de l’enfance ou encore de la violence au sein des couples : « Cela pourrait nous être utile car, en Polynésie française, nous avons un système judiciaire qui fonctionne mais nous devons étoffer nos équipes, notamment de psychologues, pour prendre en charge la famille ».

 

Protection de l’enfance en Polynésie

 

Lors de ce colloque, Jacques Raynal était accompagné de Christiane Ah Scha, Directrice des affaires sociales, et de Diane Wong Chou, responsable de l’aide sociale à l’enfance au sein de la direction des affaires sociales.  Toutes deux se sont exprimées sur le thème de « la protection de l’enfance en Polynésie française ».

 

Christiane Ah Scha a évoqué l’enfant faamu et les problèmes qui peuvent survenir quand les grands parents adoptants décèdent. L’adolescent peut alors se retrouver seul et tomber dans la délinquance tout en étant en échec scolaire. Elle a aussi parlé du principe de la honte qui est « quelque chose de très vivant chez nos femmes et nos enfants. On ne peut pas dire les choses tellement ça fait honte ». Enfin, la directrice de l’action sociale a évoqué aussi le Tapu, qui veut que l’ « on ne peut pas dire, ce n’est pas possible, c’est interdit, ce qui freine aussi nos pratiques professionnelles », a-t-elle déclaré à l’assistance.

 

Un colloque en 2019 à Tahiti ?

 

Les Diaconesses ont une longue tradition de protection des femmes et des enfants notamment, qui sont les principales victimes de violences intrafamiliales. Leur colloque a permis le témoignage de professionnels du Québec, de France et de la Polynésie française. Cet événement s’adressait à des professionnels du social, de la justice et de la santé.

 

La Polynésie a un lien direct avec les Diaconesses puisqu’un de leurs centres existe à Tahaa. Et l’idée d’un tel colloque à Tahiti chemine, selon jacques Raynal : « On y pense effectivement. Ce serait très intéressant. Pourquoi pas en 2019 ? La congrégation des Diaconesses y est tout à fait favorable. Cela intéresserait tous les intervenants socio-éducatifs, psychologues, médecins et juges qui ont à connaître de ces violences intrafamiliales ».

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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