Ministère du Tourisme

La loi du Pays relative à l’exercice de la plongée subaquatique de loisir a été adoptée par une large majorité, jeudi, à l’Assemblée de la Polynésie française.

 

Cette loi s'inscrit dans la stratégie de développement du tourisme, qui comporte un vaste chantier règlementaire engagé cette année autour de plusieurs des textes qui, aujourd'hui, encadrent l'activité touristique (hébergement, transport, distribution…), et qui datent de plus de 20, 25 ou 30 ans. D’autre part, le ministère des Sports et la Direction de la Jeunesse et des Sports ont souhaité cette année créer le métier de guide professionnel polynésien d’activité physique de pleine nature, dont les mentions guide d’activité lagonaire et guide de plongée subaquatique ont été validées en Conseil des ministres en octobre dernier.

 

L’ancien cadre règlementaire qui permettait de définir les conditions d’exercice de la plongée de loisir datait de 1992. Au vu de l’évolution technique, des technologies, des types de mélanges utilisés pour la plongée et des pratiques, la nécessité de redéfinir un cadre cohérent s’imposait pour la Polynésie française. La plongée de loisir qui, au départ, était bénévole et associative, s’est développé avec un public de militaires, de sportifs entraînés et spécialisés, et s’est largement démocratisé ces vingt dernières années. C’est aujourd’hui une pratique touristique courante, ouverte à tous, commerciale et de loisir, qui accueille donc en majorité un public en moins bonne condition physique, qui ne recherchent ni l’exploit, ni des plongées d’exception, mais simplement le plaisir de pouvoir découvrir les fonds marins polynésiens.

 

En outre, le Pays souhaite clairement que l’encadrement de cette activité soit bien plus accessible aux Polynésiens, condamnés aujourd’hui à devoir aller se former en métropole. Il s’agit de créer de l’emploi pour la jeunesse, et notamment celle des îles. Par ce nouveau cadre, la Polynésie se dote enfin d'une filière de professionnalisation propre et continue de créer les brevets locaux qui permettent l'encadrement contre rémunération.

 

Ce texte est donc porté à la fois par le ministère des Sports, au travers de la Direction de la Jeunesse et des Sports, et par le ministère du Tourisme. Les débats techniques sur les standards de sécurité, d’encadrement, de suivi médical des encadrants, ont occupé une grande partie de l’année, en concertation avec l’ensemble des représentants des professionnels. Des confrontations, passionnées pour le moins, et des échanges de points de vue ont été nombreux entre les professionnels qui ont une approche et parfois même une pratique très différentes de la même activité.

 

En moyenne, aujourd'hui, seuls 18% des touristes pratiquent la plongée dans nos eaux, mais ils représentent les 3/4 de la clientèle des 66 centres répartis sur 17 îles. Les 2/3 d’entre eux détiennent des titres internationaux. Cela représente 120 000 plongées par an et 150 emplois en ETP (équivalent temps plein).

 

En répondant à la demande des principaux opérateurs touristiques, le Pays a l’ambition, d'ici 3 à 5 ans, d'atteindre environ 50% de croissance pour la filière, en toute sécurité pour les visiteurs, et en s’adaptant à la diversité des niveaux d’aptitudes de ces plongeurs occasionnels internationaux.

 

Parmi les échanges de ce jeudi à l’Assemblée, seule l’UPLD s’est abstenue. Après une confusion entre plongée professionnelle (régime pour les travaux sous-marins) et plongée de loisirs, et un long plaidoyer en faveur du texte, les représentants du groupe, qui ont reconnu l’intérêt de ce nouveau texte, mais ont souhaité un report afin d’y introduire des éléments plus contraignants, n’ont pas souhaité voter en faveur d’un texte qui simplifie pourtant l’accès aux Polynésiens. Le Tahoeraa et le RMA ont voté en faveur du texte de loi.

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

Liens utiles