DISCOURS

DISCOURS DE MONSIEUR EDOUARD FRITCH

PRESIDENT DE LA POLYNESIE FRANCAISE

 

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CEREMONIE DE PRESENTATION DES VŒUX POUR L’ANNEE 2018 AUX RESPONSABLES DES STRUCTURES PUBLIQUES DU PAYS

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15 JANVIER 2018

 

Monsieur le Vice-président de la Polynésie française, Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les directeurs de cabinet,
Mesdames et Messieurs les chefs de service,
Mesdames et Messieurs les directeurs des établissements publics,
Mesdames et Messieurs les dirigeants des chambres consulaires et des groupements d’intérêt économique,
Chers amis,

 

C’est avec un grand plaisir que je vous accueille à la présidence pour la traditionnelle cérémonie de présentation de nos vœux pour la nouvelle année.

Le gouvernement se joint à moi pour vous adresser tous nos meilleurs vœux et vous souhaiter une très bonne année 2018, à vous-mêmes, à vos familles et à toutes les personnes que vous chérissez. Nous vous demandons aussi de bien vouloir relayer ce message à l’ensemble de vos collaborateurs.

A vrai dire, cette cérémonie est un peu particulière : c’est en effet la dernière que je vais conduire au titre de la mandature qui va s’achever au mois de mai prochain.

L’année prochaine, il reviendra à mon successeur et au gouvernement qu’il se sera choisi de vous faire part de ces vœux et de vous dicter sa feuille de route annuelle. C’est donc le bon moment de revenir, non seulement sur 2017, mais aussi au tout début de notre histoire commune.

Vous vous en souvenez, alors que je présidais notre assemblée délibérante, j’ai accédé aux rênes des responsabilités présidentielles du Pays à la faveur d’un coup d’éclat, duquel j’étais d’ailleurs totalement étranger mais que l’on m’a fait injustement payer. En l’occurrence, il s’agissait d’une décision de justice condamnant mon prédécesseur à une peine d’inéligibilité, le faisant ainsi choir de sa fonction.

Porté par une majorité de représentants plus large encore que celle décidée par les urnes du scrutin territorial, je me suis tout de suite attelé à la tâche de redresser la barre d’une Polynésie passablement à la dérive sur tous les plans.

J’ai vite compris, en vérité dès la formation même de mon gouvernement, que la tâche n’allait pas m’être facilitée par mon prédécesseur car je venais de commettre à ses yeux mon premier acte d’indépendance politique.

Il avait ainsi décidé de multiplier les chausse-trappes, les vexations, les inerties et de conduire, parfois en connivence avec son adversaire de toujours, une stratégie de guérilla pour m’amener à résipiscence et être finalement à sa botte pour tenir auprès de lui un rôle de pantin. Ce faisant, il oubliait totalement, bien qu’issu du même camp, que l’intérêt du pays commandait que nous jouions tous notre partition et tirions tous la pirogue polynésienne vers l’avant.

Je ne vais pas vous énumérer la litanie des entreprises conduites pour déstabiliser ou handicaper l’action du gouvernement, vous les connaissez autant que moi, car vous en avez aussi fait les frais par rebond. Je voudrais juste vous rappeler que je suis resté sans majorité durant plus d’une année, dès septembre 2014 à décembre 2015. Cette situation est extrêmement stressante car vous êtes sous le couperet d’une motion de censure à tout instant. Ce que je veux surtout dire, c’est que cette stratégie d’inertie nous a coûté beaucoup de temps et d’énergie pour remettre la Polynésie sur de bons rails et être fidèle à la promesse faite aux Polynésiens.

 

Là où nous aurions eu besoin de discipline, d’entraide, d’esprit de corps, de solidarité, de vivacité et de réactivité pour mener à bien les réformes et nous montrer conquérants, nous avons trop longtemps marqué le pas, engendré du désespoir parmi les plus fragiles d’entre nous, amplifié certains problèmes en devant retarder des réformes indispensables.

Mais fort heureusement, nous n’avons pas cédé à l’adversité, utilisant au mieux tous nos espaces de liberté pour faire avancer les choses dans le bon sens, démontrant ainsi que, malgré les entraves, nous gardions, vaille que vaille, le cap de la réforme, de l’adaptation et du progrès. C’est ainsi que nous parvenions à améliorer significativement la situation de nos finances publiques, à restaurer progressivement l’activité économique et l’emploi, à ramener de la confiance à force de montrer notre opiniâtreté à tenir nos promesses et à réussir d’abord petitement, puis toujours plus grand.

Cette stratégie de la résistance a fini par payer. Elle s’est matérialisée progressivement par le gain des élections intermédiaires et le délitement, puis la désunion progressive des forces d’opposition, car chacun a bien vu les vrais ressorts inavouables de cette opposition larvée mais pourtant bien réelle et agissante.

Oublié en effet l’intérêt du Pays ou celui de nos chômeurs pour tout sacrifier à une soif inextinguible de pouvoir, de revanche et de vengeance de la part d’un homme qui a perdu tout sens des réalités et des priorités.

Et encore tout récemment en jurant aux médias avoir trouvé, de retour d’un voyage en Arabie, la caverne d’Ali Baba, mais promettant bien à tous de la garder pour lui seul au cas où le score des urnes lui serait défavorable. Comment dénommer un homme si égoïste au regard des intérêts de son pays ?

Qu’importe ces manœuvres, la Polynésie française est aujourd’hui en meilleur état que lorsque j’ai pu prendre mes fonctions. Et ceci même s’il y a encore beaucoup de travail à réaliser, notamment dans le domaine de la protection sociale, du développement économique et de l’emploi.

Je veux ainsi remercier devant vous les membres de l’Assemblée de la Polynésie française qui m’ont fait confiance et qui n’ont pas accepté de se faire abuser. Ma gratitude va aussi aux membres du gouvernement qui sont demeurés concentrés sur leur tâche de redresser durablement le pays.

Mais je tiens surtout à vous remercier tous d’avoir tenu bon la barre de vos structures, ceci malgré les embûches, la perte de repère, sinon de confiance, que vous avez pu éprouver parfois et la nécessité de gérer au mieux vos structures dans la tempête, afin de rendre le service qui vous échoit envers nos compatriotes.

Les divers instituts qui jaugent et qui scrutent les différents indicateurs de notre situation économique nous le disent après les avoir mesurés ; les médias, qui s’en font régulièrement l’écho, nous le confirment à longueur d’articles ; vous-mêmes, dans votre quotidien professionnel, percevez bien que les choses s’améliorent progressivement après les nécessaires mesures de redressement de notre collectivité. La situation est meilleure, c’est un fait difficilement contestable.

Je l’ai déjà dit, la sphère publique doit suivre ce mouvement d’adaptation et de réforme, pour améliorer ses performances.

En octobre 2014, je vous donnais votre feuille de route en matière de modernisation autour de quatre axes : simplifier l’organisation des services et alléger les procédures ; améliorer la qualité du service public et la relation à l’usager ; manager les ressources humaines et les compétences de façon rationnelle, prévisionnelle et transparente ; et enfin, s’orienter vers une maîtrise de la gestion budgétaire et des dépenses.

Je remarque que vous vous êtes engagés dans cette démarche. Je sais que vos équipes se sont également mobilisées. Le nombre d’actions de modernisation en instance ou réussies dans toute notre administration permettent de le constater.

Chacun s’est investi, avec plus ou moins de facilité et d’ardeur, dans l’élaboration de son projet de service ou d’établissement à mener entre 2016 et 2018. L’exercice de définition des projets de performance et l’élaboration de leurs rapports se précisent ainsi que le choix de leurs indicateurs de mesure.

La dimension stratégique et de pilotage de notre collectivité qui a longtemps fait défaut se structure avec la multiplication des schémas directeurs, tant en matière de santé, de famille, de transports et de mobilité, de transition énergétique, de recherche et d’innovation, de développement numérique, de tourisme ou d’éducation. Ils sont validés et ont fait l’objet de différents plans d’actions dont la mise en œuvre est lancée.

D’autres sont encore à venir, notamment le SAGE qui permettra de mettre en cohérence l’ensemble des orientations pour un développement et un aménagement harmonieux de notre Pays.

Notre organisation s’est modernisée sur cette période ; elle continue de se réformer. A ce titre, il convient de relever les évolutions majeures engagées à la direction de l’éducation, contribuant à apaiser une fusion mal agencée. La Direction de la modernisation et des réformes de l’administration a vu le jour et monte progressivement en charge. Pour sa part, le secteur de l’agriculture a engagé sa mutation avec la création de deux directions et les travaux de mise en cohérence des missions de la Chambre d’agriculture et de la pêche.

Celui de la santé également avec la pose de la première pierre de sa nouvelle organisation avec la création de l’ARASS. La Délégation de la Polynésie française à Paris a engagé sa mue, par la refonte de son organisation juridique, une meilleure visibilité de ses actions et l’alignement de ses personnels sur le statut général de la fonction publique.

D’autres réformes sont engagées et devraient aboutir prochainement, particulièrement en matière d’imprimerie officielle, d’action sociale, de jeunesse et de sports ou d’emploi.

Preuve que ce mouvement n’est pas propre qu’aux services, le groupe de l’Office des postes et télécommunications s’est engagé depuis quelques mois dans un vaste processus de réorganisation interne, dont nous verrons très prochainement l’aboutissement. L’Office polynésien de l’habitat se restructure pour mieux faire face à l’ampleur de la tâche qui lui échoit.

Les fonctions supports, indispensables à l’efficacité de notre administration se structurent mieux. Le plan de performance de la gestion de nos finances publiques est adopté et doit maintenant être mis en œuvre. Des chantiers en matière de modernisation du service des archives, de gestion des ressources humaines ou de traitement de la chaîne comptables sont en cours.

 

Avec le projet de nouvel immeuble administratif A3 s’engage un important programme d’optimisation de l’immobilier des services et d’amélioration des conditions de travail dans plusieurs services.

La modernisation de la commande publique est entrée en vigueur depuis quelques jours. Même si elle peut en effrayer plus d’un, une fois la phase d’appropriation passée, vous constaterez son intérêt pour un accès plus juste des fournisseurs polynésiens mais surtout un achat public optimisé, tant en terme financier que comme réponse adaptée aux besoins, pour autant que ces derniers soient clairement définis.

Vos collègues de l’administration communale, qui jusque-là étaient assujettis à un dispositif réglementaire complètement obsolète, vont enfin pouvoir jouir d’un bon en avant considérable, quasi révolutionnaire pour eux.

La dynamique est aussi engagée en matière de développement de la maîtrise des activités et des risques, de développement des outils de contrôle interne. Certains d’entre vous ont d’ailleurs déjà bénéficié de formations pour acquérir la méthodologie nécessaire, les autres vont l’être cette année.

C’est une première étape sur une longue route à prendre vers la maîtrise de vos activités et des risques qui leurs sont associés.

Sur ce sujet, je tiens à féliciter la démarche de l’Office des postes et télécommunications pour le développement de son dispositif de contrôle et d’audit internes. Il vient d’être rejoint par l’engagement de l’Office Polynésien de l’Habitat sur ces dispositifs. L’objectif est que ce type de dispositif soit opérationnel à terme dans chacune de vos entités.

Les chantiers de cartographie des missions et des activités, d’inventaire et de simplification des procédures en sont les fondations. Le conseil des ministres a eu à examiner le point sur ces chantiers engagés au sein des services et a pu constater l’ampleur de ces travaux.

J’en profite pour vous rappeler l’importance qu’avec le gouvernement nous portons à leur aboutissement le plus rapide.

J’invite ainsi très vivement les derniers d’entre vous qui ne s’y sont pas encore fortement impliqués à le faire. Il y va de votre responsabilité de chef de service et nous y porterons une attention particulière lors de votre évaluation.

Certes, c’est comme l’archivage, une activité supplémentaire, souvent négligé, qui nécessite de mobiliser des moyens et motive peu ; c’est pourtant essentiel à la qualité de notre service public et à son optimisation.

Avec les procédures, des actions d’amélioration de la qualité de service à l’usager ont été menées par plusieurs d’entre vous.

A cet égard, l’initiative de la direction des impôts et des contributions publiques en matière d’accueil est remarquable et devrait vous inspirer.

Pour répondre à l’exigence accrue de nos concitoyens pour une qualité de service et des démarches administratives simples et rapides, l’administration doit aussi faire sa transformation numérique. Les actions menées ces dernières années marquent l’engagement dans le virage du digital.

A l’initiative du secrétariat général du gouvernement, nous disposons dorénavant des bases réglementaires en matière de dématérialisation. Les quelques arrêtés d’application sont imminents pour mettre une touche finale aux outils juridiques.

Les premiers services numériques de notre administration sont opérationnels. Il faut ici mettre en valeur Lexpol, outil polynésien d’accès au droit qui n’a cessé d’être modernisé, complété et enrichi. Il est devenu indispensable à votre marche quotidienne.

Par ailleurs, Te fenua, notre Goggle map polynésien - mais en mieux -, OTIA, l’accès facilité aux données cadastrales de la direction des affaires foncières et son paiement en ligne sont des précurseurs. Il a permis d’économiser 8 emplois en équivalent temps plein, montrant ainsi toute l’étendue des avantages du numérique, tant pour l’administration que pour l’administré.

OINI, le récent service dématérialisé de télé déclaration de TVA de la direction des impôts et des contributions publiques est plein de promesses pour atteindre l’objectif d’une administration entièrement dématérialisée en 2030.

Net.pf,le portail d’accès unique aux services publics polynésiens prend sa place et au regard de la forte fréquentation et sa croissance régulière confirme cet important besoin de numérique de nos usagers, d’autant que la mise en route du câble domestique Natitua en fin 2018 verra son public potentiel s’étendre, d’un coup d’un seul, à nos compatriotes des archipels des îles Tuamotu et des îles Marquises.

Cette digitalisation, numérisation ou dématérialisation, va à l’avenir bouleverser l’organisation et les besoins en compétences. Il faut nous y préparer dès maintenant, la revendiquer même.

Pour la démonstration de votre implication sur ces sujets, rendez-vous vous est donné en octobre 2019 lors de la quatrième Journée de l’innovation publique. La présentation des candidatures est attendue de vous tous pour concourir au prix de l’innovation publique.

En vous inscrivant dans cette démarche, je sais que vous donnerez à vos troupes un élément de mobilisation, de motivation, d’émulation et d’union. Je tiens donc à vous y encourager.

J’ai été un peu long pour vous rappeler que les choses ne sont demeurées inertes. Cela prouve que la dynamique est bien engagée et qu’en réponse aux orientations qui vous ont été données, vous vous êtes impliqués, vous avez innové.

Même si cela marque votre devoir d’obéissance et de loyauté en qualité d’agent public, je sais la charge de mener à bien ces démarches essentielles, qui interviennent en plus de l’exercice de vos missions quotidiennes. Ce faisant, vous avez été fidèle aux devoirs de votre fonction.

Je le mesure tous les jours : vos responsabilités ne sont pas aisées, d’autant que souvent vous n’avez pas été préparés à occuper votre poste. Je le sais aussi car dans une autre vie, j’ai également été chef de service.

En étant positionné à la confluence de diverses contraintes, techniques, juridiques, sociales, humaines, budgétaires, mais aussi politiques, vous devez tout à la fois animer le travail quotidien de vos agents, en référer à une hiérarchique qui sait aussi se montrer sourde à vos difficultés, préparer l’avenir et gérer les attentes d’une clientèle souvent impatiente et pas toujours douée de considération pour votre engagement.

Difficile dans ces conditions de parfois garder le moral et d’y croire encore. Pourtant, c’est bien tout cela que vous accomplissez, et je tiens à le saluer et à vous en féliciter.

Votre travail porte ses fruits, c’est vrai. Pourtant, je souhaite que les réformes aillent plus vite, plus fort et plus loin. Non pas par sadisme envers vous et vos agents, mais parce que les difficultés chez trop de nos compatriotes sont encore trop présentes pour que nous baissions le rythme de nos activités et de nos adaptations.

 Vous aurez constaté que vous êtes dorénavant soutenus en ce sens.

D’abord, pour la première fois depuis longtemps, vous avez disposé en 2017 de la totalité de vos douzièmes de fonctionnement, ce qui vous a permis un fonctionnement moins contraint que par le passé.

Ensuite, comme je vous le disais plus tôt, la Direction de la Modernisation et des Réformes de l’Administration s’est mise en ordre de marche et son équipe est à votre écoute, disponible pour vous accompagner dans toutes ces démarches. Vous êtes ainsi moins seuls face à vos difficultés managériales. D’ailleurs, je tiens à souligner particulièrement l’important travail qu’assure le chef et les collaborateurs de ce service à votre service.

En matière de ressources humaines, la direction générale des ressources humaines déroule le plan triennal des concours et des examens professionnels. Vous aurez ainsi de nouveaux fonctionnaires à accueillir dans vos entités, permettant ainsi de réduire l’emploi précaire, de renforcer et de stabiliser les effectifs.

Le plan de la formation professionnelle s’exécute également et certains d’entre vous ont déjà bénéficié d’une évaluation des besoins en emplois et en compétences de son organisation.

Le traitement des demandes de sanctions disciplinaires a été accéléré et il est ainsi fait suite aux propositions. Pour preuve, après 4 en 2016, j’ai eu à prononcer la révocation de 6 agents en 2017. Le temps de l’impunité face aux dérives et aux dysfonctionnements est bien terminé. Cela suppose toutefois que les procédures ad hoc soient bien engagées et correctement motivées. Chacun doit savoir que là où il y a eu faute, il y aura sanction.

Face aux pressions et aux exigences fortes auxquels vous, vos collaborateurs, votre organisation êtes confrontés, il convient de maintenir l’attention permanente sur les conditions de travail de vos agents, de prévenir et de lutter contre les situations dégradées. Elles sont malheureusement de plus en plus fréquentes et aucun service ou établissement ne doit se considérer épargné.

De ce point de vue, vous devez demeurer à l’écoute des plaintes sérieuses et veiller à la correction des problèmes avérés. Ainsi, dans mes vœux de début 2017, j’insistais sur la nécessité de disposer du document d’évaluation des risques professionnels et de la prise en compte du bien-être au travail ; je la réitère cette année avec la même force et insistance.

Des actions d’accompagnement vous ont été proposées avec la participation de la direction du travail et de la caisse de protection sociale pour répondre à cette obligation réglementaire. Le gouvernement vient en outre de valider le plan d’action pour l’administration active. Il vous appartiendra de le décliner dans votre organisation. Comparé à d’autres, c’est en général un sujet mobilisateur pour vos collaborateurs. Ses premiers résultats sont encourageants pour le développement de la cohésion d’équipe.

Ceci participe des outils de management d’équipe. Néanmoins, il nous reste encore à vous accompagner plus fortement en matière managériale. Des bilans de positionnement vous ont été proposés au second semestre 2017 pour aider ceux qui l’ont souhaité à faire le point et à préciser leurs besoins en accompagnement. Cela ne suffit toutefois pas.

Sous l’impulsion du ministre en charge de la fonction publique, le rôle et le positionnement de la direction générale des ressources humaines va évoluer vers des missions d’accompagnement et de conseil auprès des structures administratives. Ceci viendra confirmer votre légitimité à être le premier niveau de la fonction RH. Par ailleurs, des plans d’actions seront mis en œuvre, dont celui relatif au parcours de formation du chef de service.

Cela nous permet d’aborder le volet des bonnes résolutions.

En effet, si la dynamique est engagée, il faut la poursuivre et la mener à son terme à bon rythme. Les échéances électorales ne doivent pas vous démobiliser, bien au contraire.

Sur la fin de l’année 2018, vous allez être amenés à élaborer le projet de service ou d’établissement dont vous avez la charge pour la période 2019 - 2023 à partir d’un projet d’administration qui vous sera fixé par la nouvelle équipe gouvernementale.

Dans une démarche de maîtrise des risques pour une qualité de service accru, il vous faudra développer un dispositif de contrôle interne adapté et simple.

Ainsi, pour commencer, il vous faudra vous poser des questions simples : disposez-vous d’un suivi des plaintes ou des commentaires de vos usagers ou de vos agents ? D’un recueil de leurs suggestions ? Celles-ci sont-elles exploitées pour améliorer vos procédures ? Celui du fonctionnement de votre service, pour éviter qu’une mauvaise expérience client ou agent ne se reproduise ?

Cela concerne tout le monde, services, établissements ou sociétés. Les entités chargées des fonctions supports doivent redoubler d’efforts en ce sens pour démultiplier la qualité de service à l’usager.

 

Enfin, se mobiliser, mobiliser ses collaborateurs sur des objectifs seulement quantitatifs et opérationnels tendent à nous éloigner des valeurs du service public. Je vous invite à revenir régulièrement aux principes de base du service public que sont l’intérêt général, la continuité du service, l’égalité de traitement et la neutralité, à remobiliser sur ces valeurs pour qu’elles restent ou deviennent réalité.

Au-delà il ne faut pas oublier de remettre également en avant les valeurs humaines de respect et de solidarité. Par exemple, les 49 services ne font qu’un avec la collectivité de la Polynésie française, elle-même soutenue par ses établissements publics et ses sociétés publiques.

Tous doivent agir ensemble, dans le même sens et abandonner tout esprit individualiste, de corporatisme ou de concurrence. Rien ne vaut le travail collectif, rien ne vaut le travail interministériel pour réussir collectivement.

Si l’exigence de qualité envers nous-mêmes, nos collègues et partenaires ou l’usager doit être forte, revenir sur les valeurs fondatrices du service public, c’est revenir sur le sens de l’action publique, sur ce qui la motive et sur ce qui la singularise. S’il y a des droits, ils sont nécessairement en correspondance avec des devoirs, à la hauteur, voire même supérieurs aux premiers.

Alors, soyons positifs. Avançons et continuons la construction de notre maison commune, ce pays qui nous est cher et qui est le nôtre.

Que 2018 nous apporte cette belle énergie de réaliser ensemble nos vœux de concrétisation d’un service public moderne, performant et humain pour une Polynésie française prospère où il fera bon vivre.

Bonne et heureuse année à tous !

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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