DISCOURS

Mardi 9 janvier 2018

Vœux à la presse

Allocution du président Edouard Fritch

 

 

 

Monsieur le Vice Président,

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les responsables de rédactions,

Mesdames et messieurs les journalistes,

Chers amis,

 

 

 

Au nom de l’ensemble du gouvernement, en mon nom, je suis heureux de vous présenter nos meilleurs vœux pour cette année 2018. C’est une occasion de partager un instant de convivialité puisque nous avons plutôt l’occasion de nous rencontrer dans des circonstances plus formelles.

 

Cette année qui s’ouvre sera particulière puisqu’elle verra le renouvellement des élus de l’Assemblée et par voie de conséquence du gouvernement.

 

L’autre temps fort de ce début d’année se déroulera dans quelques jours avec la visite d’Annick Girardin, notre ministre des outre-mer. Après la visite en fin d’année dernière de Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot, ce sera donc le deuxième ministre du gouvernement d’Edouard Philippe à venir à notre rencontre.

 

Annick Girardin viendra clôturer la consultation ouverte en Polynésie à l’occasion des assises de l’outre-mer.

 

Une consultation qui nous a menés dans l’ensemble des archipels et qui a permis de recueillir les attentes de la population et qui seront intégrées dans le livre bleu outremer qui servira de feuille de route au gouvernement central pour la mandature.

 

La Polynésie a lancé les travaux sur les Assises des Outremer dès le 16 octobre 2017.

 

Depuis cette date, 10 tables rondes réunissant 270 experts ont été tenues. 135 propositions y ont été formulées.

 

De plus, comme prévu dans le format de l’organisation des Assises, 17 consultations populaires ont été tenues dans les principales îles de chaque archipel. Ces réunions publiques ont rassemblé plus de 900 personnes et permis la collecte de 566 propositions issues de ces débats et des échanges.

 

Le comité technique a été chargé de synthétiser et de classer l’ensemble de ces propositions polynésiennes dans les 8 thématiques définies par le ministère des outremers. Le comité technique transmettra ses travaux au comité local qui se réunira le 18 janvier prochain pour adopter la version finalisée des travaux des Assises. L’ensemble de ce processus sera présenté à la ministre des outremers le 24 janvier prochain.

 

Pour son premier voyage en Polynésie française, je voudrais faire toucher du doigt à la Ministre des Outremer, les distances qui illustrent l’éclatement de notre pays. Je voudrais également la sensibiliser sur nos moteurs économiques principaux que sont la mer et le tourisme et enfin lui présenter notre conception de la solidarité en Polynésie française et la place que pourrait tenir l’Etat dans cette solidarité. Ces sujets touchent aux problématiques de la continuité territoriale, de l’économie et de l’emploi et de la solidarité. Ils se retrouvent également sous diverses formes dans les thèmes des Assises des Outremer et dans l’Accord de l’Elysée.

Par ailleurs, vous savez aussi que le président Macron et son Premier ministre ont décidé de reprendre à leur compte l’Accord de l’Elysée qui liste déjà les priorités à prendre en compte pour la Polynésie française. L’Accord a d’ailleurs été présenté dans ses grandes lignes lors de ces Assises.

 

***

 

 

Sans excès d’optimisme mais avec réalisme, je pense que nous pourrons présenter un bilan positif à la population lors des prochaines élections. Après tant d’années d’errances politiques, la stabilité est enfin revenue.

 

Nous aurions pu croire que cette stabilité serait revenue dès 2013 avec l’ouverture de la nouvelle mandature, mais l’histoire nous a montré qu’il en a été autrement, après que Gaston Flosse ait été déclaré inéligible.

 

Je ne reviendrai pas sur toutes les tentatives de déstabilisation qui ont suivi mon élection en septembre 2014. Mais je voudrai saluer le sens des responsabilités de tous ceux qui m’ont fait directement confiance, ainsi que de ceux qui n’ont pas cédé aux envies de renverser le gouvernement en place.

 

Les hommes politiques responsables ont compris que notre pays, que notre économie, ne pouvaient plus supporter les petits arrangements politiques sans lendemain.

 

Mon sentiment profond est que la population ne veut plus de ce type de politique. Et elle l’a fait savoir lors des élections législatives en élisant deux députées du Tapura et un député Tavini.

 

 

Je sais malgré tout que les tentatives de déstabilisation, plus sournoises que jamais, perdurent. Ainsi est-on allé annoncer à la population de Hao que jamais le projet de ferme aquacole ne se fera, que le promoteur a jeté l’éponge.

 

C’est vrai que le début du chantier avait été annoncé pour la fin de 2017. Un nouveau retard a été pris, notamment en raison d’un contentieux commercial. Mais WANG Cheng a bien spécifié à la commune que le projet suivait son cours. Le président de Tahiti Nui Ocean Foods vient d’ailleurs de me confirmer par écrit le lancement des travaux au mois de février prochain.

 

Il est un autre projet qui est également sur de bon rail. Il s’agit du Village Tahitien. J’ai vu que Gaston Flosse à la veille des échéances politiques tentait à nouveau de faire rêver en affirmant qu’il avait été contacté par des investisseurs arabes prêts à ressusciter le Tahiti Mahana Beach.

 

Tout ça, c’est encore du vent. Je sais bien que Gaston Flosse ne s’embarrasse pas des procédures des marchés publics, mais il faut bien respecter ces règles si on ne veut pas finir une nouvelle fois à la barre du tribunal.

 

Pour ce qui est du Village Tahitien, toutes les procédures publiques sont respectées et nous connaitrons bientôt les candidats pour investir sur ce projet. Notre calendrier prévisionnel prévoit la fin de la consultation et donc des dépôts des investisseurs-candidats à la fin du mois de mars 2018. Et nous devrions connaître les investisseurs retenus pour les différents lots avant la fin du mois de mai 2018.

 

La campagne électorale va nous amener son lot de fausses nouvelles. En ce sens je partage l’idée du président de la République de légiférer pour combattre les fake news. C’est vrai que le président Macron parle plutôt de ce qui se répand à grande échelle et qui relève de manipulations orchestrées par des Etats étrangers.

Mais à notre petit niveau, la propagation de fausses nouvelles fuse sur les réseaux sociaux, et particulièrement sur Facebook qui est le média numéro 1 dans notre pays. Et qui va sans doute encore s’étendre avec l’ouverture du câble domestique qui permettra aux Tuamotu et aux Marquises d’avoir un meilleur confort de navigation sur Internet.

 

Nous devons tous être extrêmement vigilants face aux nouvelles collectées sur ce média. Je suis d’ailleurs parfois un peu surpris que certains de nos médias institutionnels prennent peu de recul par rapport à des pseudo-informations de Facebook.

 

Du recul, il en faut toujours. L’emballement médiatique, la volonté d’aller plus vite que les autres, ouvre parfois la voie à des situations regrettables. Nous en avons eu quelques exemples cette année où le gouvernement a été mis en accusation de manière injustifiée, et sans que l’on prenne le soin d’avoir sa version des faits.

 

Ces dérives existent et restent en nombre limité, je le concède. Mais il faut savoir s’en garder.

 

En 2017, le gouvernement a fait modifier le code du travail, comme je m’y étais engagée lors de mes vœux, afin d’accorder une protection plus grande aux journalistes, avec l’introduction des clauses de cession et de conscience.

 

Je sais que certains d’entre vous ont douté que nous irions jusqu’au bout après l’avis négatif du CESC sur ce statut qui a focalisé les esprits alors qu’il y avait dans ce texte des dispositions qui concernaient le plus grand nombre.

 

Vous savez aussi que, contrairement au passé, je m’interdis d’intervenir d’une manière intempestive dans vos rédactions pour vous faire la morale ou vous faire des reproches. Car, j’ai la conviction que vous êtes toutes et tous des personnes responsables et donc honnêtes et professionnelles.

 

En tout état de cause, je souhaite que tout se passe bien dans vos médias respectifs et que personne n’ait à mettre en œuvre ces nouvelles dispositions.

 

Je souhaite que tout se passe bien également dans vos vies personnelles ainsi que pour vos proches.

 

Pour conclure, je voudrais vous faire part du sens de mon action publique afin que vous puissiez mieux cerner et comprendre les finalités que je veux assigner à cette action et à ma gouvernance. 

 

Je veux développer le sens de l’intérêt général et du bien commun dans notre pays.

 

Je veux bâtir une société de confiance dont le corollaire est la responsabilité.

 

Je veux conforter la paix, la solidarité et la cohésion. La paix est devenue un bien précieux dans ce monde. C’est un vrai capital qu’il faut savoir préserver et gérer, comme nous gérons les fonds publics en bon père de famille.

 

A ces égards, mon action publique ne se prétend pas être parfaite. Il peut y avoir, parfois, un écart entre mes souhaits et le réalisé. Je ne suis pas parfait, mais j’ai la volonté de construire une société meilleure. Nous nous efforçons donc de corriger les écarts quand il le faut, pour atteindre les finalités que je viens d’évoquer.

 

Je suis aussi le Président de tous les Polynésiens de tous les archipels. Je veux incarner cette exigence. Je ne veux pas être le président d’un clan.

Pour illustrer cette exigence et je ne prendrai que l’actualité de ces dernières semaines, j’ai accueilli les SDF, j’ai reçu les handicapés, je suis allé dernièrement aux Marquises pour le festival des arts, je suis allé à Maiao qui a enfin eu le plaisir d’accueillir le premier président en exercice.

 

Je répondrai aux invitations des maires, quels qu’ils soient. Cette semaine, je me rends dans la commune de Arutua, comme la semaine prochaine je répondrai aux invitations des maires d’Uturoa et de Taputapuatea. Je continuerai à assumer mes responsabilités jusqu’au bout et je répondrai, au tant que faire se peut, aux sollicitations des maires et de leurs populations, quel que soit leur appartenance politique.

 

Maintenant je vous invite à partager un repas convivial, et nous sommes bien sûr à votre disposition pour répondre à vos questions.

 

Bonne année à toutes et à tous.

 

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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