DISCOURS

DISCOURS DU PRESIDENT EDOUARD FRITCH

Ouverture du Festival des arts des îles Marquises

Matavaa o te Fenua Enata

 

Monsieur le Haut-commissaire de la République,

Monsieur le Sénateur,

Monsieur le Président de l'Assemblée,

Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs les représentants à l’Assemblée,

Monsieur le Maire de Tahuata,

Messieurs les maires des îles Marquises,

Monsieur l’Administrateur d’Etat des Iles Marquises

Monsieur l’Administrateur du pays,

Madame la présidente du Comothe,

Mesdames et Messieurs les chefs de groupe,

Mesdames et Messieurs les artistes, chanteurs, danseurs, musiciens, chorégraphes, costumiers

Et à vous, cher Public,

 

Kaoha nui.

La diversité des cultures de la Polynésie française est une richesse. La culture marquisienne est l’une de ces richesses. Richesse transmise par nos parents, héritage que nous devons transmettre à nos enfants.

Il est de notre devoir de préserver et de promouvoir cette diversité et vos capacités créatrices. L’héritage à transmettre doit être enrichie et non seulement préservée.

Si nous ne prêtons pas attention et si nous ne sommes pas vigilants, la mondialisation et ses effets culturels seront en compétition avec nos coutumes.

A travers cette manifestation culturelle, c’est la richesse des connaissances et du savoir-faire qui sont transmises d’une génération à une autre qui est l’élément important. Un patrimoine se transmet. Sans cette transmission, toute culture se meurt. C’est pourquoi, nous accordons une attention bienveillante à toutes les formes d’expression culturelle de notre pays. C’est le cas des Paumotu qui ont voulu mettre en valeur leurs modes d’expression culturelle et leurs spécificités linguistiques. Nous les avons soutenus comme nous vous soutenons. C'est le signe que nous préserverons et partagerons notre âme et nos spécificités. Ce sont les vecteurs de notre identité, de l’identité de chacun des archipels de la Polynésie française, l’identité de ce peuple autochtone marquisien, paumotu, tahitien, du peuple maohi.

C'est dans l'union et la complémentarité de nos forces que nous arriverons à faire valoir notre patrimoine commun, riche de ses cinq archipels.

Depuis 30 ans, les marquises célèbrent leur culture à l’occasion du Matavaa o te Fenua Enata. Depuis 1987, tous les quatre ans, une île de l’archipel des marquises devient, l’espace de quelques jours, un lieu vivant et enthousiaste de partage de la culture polynésienne.

Cette année, nous avons à Cracovie, ville de la 41ème session du comité de l'UNESCO, vécu un moment essentiel, un moment historique même.

C'est l’incroyable reconnaissance du génie de nos pères, de nos ancêtres : le Monde a reconnu la grandeur de la civilisation ancestrale polynésienne, celle des grands navigateurs aux étoiles et du Marae de fondation avec l'inscription de l'espace culturel de TAPUTAPUATEA au patrimoine culturel mondial de l'Humanité.

Nous n’avons pas oublié que bien avant cela en 1996, les îles Marquises ont été inscrites sur la liste indicative de la France, en tant que bien culturel et que depuis, le processus pour son inscription au patrimoine mondial a connu des ralentissements.

Le gouvernement que je préside en a fait une de ses priorités. Car notre diversité c’est notre identité.

A l’heure où je vous parle, une équipe d’experts travaille à obtenir la reconnaissance mondiale de la valeur universelle exceptionnelle des biens naturels et culturels des Îles Marquises à travers leur inscription du patrimoine mondial. Notre engagement est de présenter au comité national des biens français du patrimoine mondial le dossier de candidature des îles Marquises pour sa session du 10 avril 2018.

Une fois cette première étape franchie, et si tous les travaux préparatoires seront menés à bien, je formule les vœux que ce dossier puisse être présenté au comité du patrimoine mondial de l’UNESCO au plus tard dans trois ans.

Je sais combien cette reconnaissance est attendue par les habitants des îles marquises, c’est la raison pour laquelle nous mettons tous les moyens en œuvre.

Le fait que cette onzième édition du Matavaa o te Fenua Enata soit placée sous la thématique de « La croissance de la culture marquisienne » est un symbole fort de la continuité de notre culture.

Cette culture qui a été tellement mise à mal au contact des premiers européens.

Nous n’oublions pas que des pans entiers de notre culture ont été menacés de disparition au motif qu’ils étaient assimilés à des manifestations païennes et barbares.

Durant quatre jours, nous sommes tous des  invités dans la maison de Oatea et Atanua, la maison des marquisiens. Que le feu lumineux de Tahuata qui scintille, soit propice à nos échanges.

Je voudrais particulièrement  remercier et encourager le travail des organisateurs dont la motivation sans cesse renouvelée permet de relever le défi de rassembler autant de délégations sur la terre des hommes.

Je tiens surtout à saluer la grande qualité du travail des équipes qui œuvrent à faire de chacune de ces manifestations, des évènements d’exception.

Nous avons la démonstration, éclatante, de la force de nos pratiques culturelles, qui sont au centre, au cœur de notre vie économique et sociale, et qui sont l’affirmation de notre identité.

Je vous souhaite à tous un beau et bon Matavaa o te Fenua Enata, car le festival des marquises c’est aussi un moment exceptionnel de partage et de fraternité.

Le Matavaa est un grand moment de réconciliation entre nos peuples des Marquises et de ce peuple polynésien éparpillé sur l’océan. Quel autre moment que celui où nous chantons ensemble, où nous nous dansons ensemble, où nous partageons nos repas et le coucher. C’est un moment de paix, d’amour, de respect mutuel… et qui ne laisse aucune place au mépris, à la méchanceté et à la division.

Que la fête commence. Merci de votre attention, et applaudissons tous nos artistes.

A pae !

Koùtau nui !

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

Liens utiles

 

-www.net.pf

 

-www.innovation-publique.pf