DISCOURS

SEMINAIRE DU PECC

SUR LE TOURISME DURABLE ET RESPONSABLE

 

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Allocution d’ouverture de Monsieur Edouard FRITCH,

Président de la Polynésie française

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Lundi 20 novembre 2017

Présidence de la Polynésie française

 

 

 

Monsieur le Haut-Commissaire de la République en Polynésie française,

Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les participants au séminaire du PECC sur le tourisme durable et responsable

Chers amis,

 

Permettez-moi tout d’abord de vous souhaiter à tous la bienvenue, ici à la présidence, à l’occasion du séminaire sur le tourisme durable et responsable, organisé par le Conseil de Coopération Economique du Pacifique (PECC) dans le cadre de ses travaux sur le développement durable et l’économie circulaire.

C’est un plaisir et un honneur pour moi que d’ouvrir ce séminaire, dont le sujet est des plus importants pour le développement économique et social de notre pays.

oOo

 

Ce séminaire dédié au tourisme durable et responsable me tient tout particulièrement à cœur et je sais que notre ministre du tourisme y est également très sensible.

Il nous interroge sur le type de développement touristique que nous voulons promouvoir ainsi que sur la coopération que nous voulons mettre en œuvre pour y parvenir au niveau de notre région.

 

Pendant trop longtemps, nos destinations touristiques ont eu tendance à s’inscrire dans une certaine rivalité, où chacun de son côté a cherché à développer son marché par des liaisons aériennes long-courrier à partir des seuls hubs continentaux qui nous entourent, avec en parallèle très peu de liaisons entre nous.

Or, malgré nos spécificités, que l’on soit Polynésiens, Mélanésiens ou Micronésiens, nous formons un seul bassin homogène et cohérent. Nous connaissons tous les mêmes problématiques auxquelles il nous faut apporter des réponses, qu’il s’agisse de la préservation et de la valorisation de nos sites, de nos espaces ou de nos modes de vies traditionnels.

Nos concurrents, ce ne sont pas nos voisins du Pacifique, mais bien plutôt ceux de l'Océan Indien, de l'arc antillais ou du bassin méditerranéen. Plutôt que de vainement nous disputer nos visiteurs, nous devons construire et développer ensemble des synergies pour renforcer de manière durable et responsable le tourisme océanien.

A cet égard, je me réjouis de voir depuis ces dernières années des signes encourageants qui m'amènent à un certain optimisme. La coopération régionale s'intensifie : d'abord, face aux menaces climatiques et écologiques, ensuite en termes de formation, de chaînes logistiques, ou de programmes de développement, comme pour la croisière par exemple, au travers notamment du SPTO ou de l'APEC. Je profite de cette occasion pour remercier leurs représentants d'être là, aujourd'hui, pour partager avec nous leur vision et leurs perspectives.

Nous serons amenés ensuite à examiner de manière transversale les enjeux de la protection de l'environnement dans notre région. Nous le constatons chaque jour — et je reviens tout juste d’une rencontre historique avec le Pape avec nos amis du Forum des îles du Pacifique — ce sujet préoccupe de plus en plus nos États et territoires insulaires, tout comme l'ensemble des professionnels du secteur du tourisme, mais également les touristes eux-mêmes.

Nos visiteurs se sentent de plus en plus concernés et recherchent pendant leur séjour une nature sinon totalement intacte, du moins préservée. Que ce soit sur nos espaces maritimes ou nos espaces côtiers et terrestres, l'augmentation des flux associée à une urbanisation croissante et à l’évolution de nos modes de consommation, a tendance à provoquer des impacts négatifs que nous avons du mal à endiguer, que ce soit en termes d’assainissement, de gestion des déchets, d’utilisation des ressources ou de multiplication des remblais et pressions diverses sur les milieux.

Or, le tourisme doit être à l'avant-garde de notre responsabilité environnementale. Il en est conscient et il sait que c'est là son bien le plus précieux, que sa pérennité et son caractère durable passent pleinement par un respect et une protection de notre environnement naturel — mais aussi de nos héritages culturels.

Nous avons aujourd'hui la lourde responsabilité de restaurer autant que possible cet environnement et cet héritage. Cette responsabilité, nous la devons à nos enfants. C'est un lieu commun, mais c'est une vérité. Ce dont nous avons hérité, nous avons à le transmettre. Il nous appartient donc de mettre en œuvre, autant que possible, toutes les solutions pour protéger et préserver notre environnement.

Pour y parvenir, les expériences de nos voisins océaniens et la coopération à l'échelle régionale me semblent essentiels. Ce partage de regards et d'expériences que vous nous proposez aujourd’hui, est précieux. Il va nous aider à construire l'avenir, à mesurer nos actions et leurs impacts et à inscrire le développement touristique que nous voulons durable et exemplaire dans un développement économique plus large.

C’est un défi pour nous tous, qui passe nécessairement à mes yeux par une coopération renforcée entre tous les acteurs du Pacifique.

Pour ce qui nous concerne en Polynésie, nous voulons ce développement, nous voulons cette croissance économique. Nous souhaitons offrir à notre jeunesse des emplois pérennes, intéressants et attractifs. Nous souhaitons fixer nos populations dans les archipels et dans les îles éloignées. Et que chacun puisse y vivre dignement, en harmonie avec son environnement.

Nous avons depuis 2015 élaboré et mis en œuvre une stratégie du développement touristique qui doit se déployer jusqu'en 2020. Cette stratégie place l'humain et son environnement au cœur de nos actions. Ce n'est pas simple. C'est même tout un projet de société assez complexe, qui engage l'ensemble de nos forces vives et de nos institutions.

Nous sommes certains de la force et de l'intérêt de notre culture, de notre capacité à apporter à nos visiteurs non seulement un dépaysement, mais une reconnexion et un rapport au monde qu'ils ne trouveront nulle part ailleurs. Ce qui nous caractérise, ce ne sont pas seulement des couchers de soleil ou des lagons aux couleurs éclatantes, c’est ce que nous sommes, des humains chaleureux, une culture forte et vivante et un art de vivre dont nous pouvons être fiers. Sur la base de cette fierté, en prenant soin de préserver ce qui nous fonde, nous pourrons alors partager sans nous perdre dans cet échange.

En vous remerciant de votre attention, je vous souhaite à toutes et à tous de fructueux échanges et un bon séminaire.

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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