DISCOURS

CONFERENCE DU SERVICE PUBLIC
DE LA POLYNESIE FRANCAISE 2017

Mardi 23 mai 2017

DISCOURS D’OUVERTURE
DU PRESIDENT DE LA POLYNESIE FRANCAISE

 

Mesdames et messieurs les ministres,

Monsieur le président du conseil économique, social et culturel,

Monsieur le président de la chambre territorial des comptes,

Monsieur le président de la chambre de commerce, d’industrie, des métiers et des services

Mesdames et messieurs les chefs des services administratifs et directeurs d’établissements publics,

Mesdames et messieurs les représentants des communes,

Mesdames et messieurs,

Chers amis,

 

Nous voilà ce matin réunis pour une nouvelle édition de la conférence annuelle du service public.

Cette conférence, à destination des cadres du service public polynésien, a pour objectif de vous sensibiliser à une problématique particulière du service public, de vous permettre de découvrir des initiatives innovantes, de partager des expériences et de valoriser des actions positives.

J’attache en effet beaucoup de prix à décloisonner les structures administratives et à susciter une intelligence collective qui, de mon point de vue, est toujours plus percutante que celle d’un individu isolé dans son bureau, son service, son ministère ou son institution.

Je profite de cette occasion pour souhaiter la bienvenue aux représentants des communes que j’ai souhaité inviter dans cet état d’esprit.

Cette conférence doit être pour nous tous, au moins une fois dans l’année, de faire une pause et de prendre de la distance par rapport au quotidien afin de savoir où l’on va et de s’assurer que l’on suit toujours la bonne route.  

 

oOo

 

Après le virage numérique et les systèmes d’information l’an dernier, le thème de la conférence de cette année est consacré à la maîtrise des risques dans le service public.

Les risques se sont en effet accrus, tant en nombre qu’en intensité, avec le progrès technique et les développements économiques et sociaux de nos sociétés, qui se caractérisent par une complexité de plus en plus grande. Leurs impacts sont de plus en plus importants et dans le même temps, ces derniers sont de moins en moins acceptés. Le risque zéro est maintenant attendu partout et par tous.

Or, les risques existent et ont toujours existé, ils sont inhérents à notre existence.

Ce qui est en notre pouvoir, c’est d’agir pour les réduire au maximum et limiter leurs conséquences par l’anticipation, la prévention et l’adaptation. C’est ce que nous devons faire au niveau de notre collectivité.

Bien que nous appartenions à différentes entités, services ou établissements, nous faisons tous partie d’un même ensemble collectif : la Polynésie française. Chacun à sa place doit agir pour défendre l’intérêt général, favoriser la cohésion sociale, encourager le développement et lutter contre toutes les violences auxquelles nos concitoyens sont confrontés.

Quand je parle de violences, je ne pense pas seulement aux atteintes physiques ou psychologiques de nos concitoyens, mais aussi à celles qui impactent notre environnement et notre patrimoine naturel, à celles que subissent les personnes sans emploi, les jeunes démunis des atouts pour affronter le monde d’aujourd’hui et soutenir une famille, ou encore aux contraintes qui pèsent sur les entreprises ou les contribuables à qui nous imposons de donner une part de leur revenus pour un niveau de service public qu’ils n’ont pas forcément en retour.

Les agents publics sont les premiers exposés, car d'une manière ou d'une autre, ils ont à faire vivre et à incarner les règles de la vie en société.

C’est pour cela qu’il nous faut agir ensemble pour améliorer en permanence notre service public et nos actions en faveur de nos concitoyens.

Nous avons besoin d’une administration qui puisse exercer pleinement ses missions de service public et ses missions au service du public, et ce, dans un objectif de performance.

oOo

 

Le renforcement du contrôle interne est un des principaux outils qui doit permettre à notre administrationde tenir le cap d’un service public performant et de redressement durable du Pays.

En effet, outre notre performance accrue, la maîtrise des risques est une des conditions à l’obtention du financement de nos actions.

Le président de la Chambre territoriale des comptes vous le confirmera très certainement, c’est une observation régulière de sa juridiction.

L’aversion de nos partenaires financiers pour le risque est connue et compréhensible. L’attente est donc forte de la part des agences de notation et des milieux bancaires, comme de l’Etat, de l’Union européenne ou des investisseurs privés.

Une première étape a été menée avec la mise en place sur le plan budgétaire du PAP et du RAP, les plan et rapport annuels de performance, puis avec l’adoption de la démarche PEFA d’amélioration de la gestion de nos finances publiques.

Il nous faut maintenant aller plus loin.

C'est par une administration du Pays renforcée et plus efficace que ses agents ressentiront l'enthousiasme et la fierté de leur engagement au service de leurs concitoyens.

Car les premières victimes de la routine, de la bureaucratie et de l'ennui, ce sont les agents publics eux-mêmes quand ils n'ont plus la certitude d'être utiles à leur Pays et quand ils ne savent plus comment défendre efficacement leurs valeurs.

Passer d’un mode de fonctionnement quasi empirique à une activité organisée avec des procédures qui sont posées et écrites, est un premier moyen de respecter les principes de neutralité, d'efficacité, de continuité et d'égalité des citoyens devant le service public, et donc de limiter les risques. C’est rassurant, tant pour les usagers et les agents que pour la collectivité.

Certes, c’est contraignant, mais interroger le bien-fondé du « on a toujours fait comme ça », c’est souvent l’occasion de faire plus simple et plus efficace au bénéfice de tous.

Cet exercice est aussi l’occasion d’automatiser les tâches simples pour concentrer nos ressources humaines sur celles qui sont plus complexes.

Les premières circulaires sur les procédures remontent à 1986.

Ce chantier est à nouveau lancé et je porte une attention particulière à son aboutissement.

J’ai demandé à chaque service administratif de mettre à plat et de formaliser ses procédures, à partir de processus identifiés et sur la base de l’évaluation de leur opportunité.

L’inventaire réalisé montre que seulement 50% des procédures ont été formalisées. Ce pourcentage est loin d’être satisfaisant et je regrette que certains services n’aient pas même répondu à la demande qui leur était faite. Je le regrette d’autant plus que cet inventaire n’est qu’une première étape.

A partir de ces travaux, chaque service ou établissement devra développer son dispositif de contrôle interne pour lui permettre de maîtriser ses risques.

Pour ce qui concerne les établissements publics, le contrôle sera renforcé par une réforme et une consolidation du dispositif des commissaires de gouvernement.

La démarche s’inscrit aussi au niveau global de l’administration du Pays et c’est tout le sens de la création de la direction de la modernisation et des réformes de l’administration et de sa mission de supervision et de contrôle de l’organisation administrative.

Les intervenants au cours de cette conférence vont nous sensibiliser à cet impératif de la maîtrise des risques et nous montrer qu’il est possible d’agir.

Pour y arriver, un accompagnement est bien entendu prévu. C’est un des éléments de la feuille de route de la DMRA. Les premières formations vont se tenir pendant les deux prochaines semaines avec l’intervention de l’Institut français de l’audit et du contrôle interne (IFACI) dont je salue ici la présence.

En tant que cadre ou responsable d’équipe, vous êtes un élément essentiel du dispositif de contrôle et de maîtrise des risques. Il vous faut, comme chacun de nous, rester dans un questionnement permanent sur votre action, vos pratiques, et sur les possibilités de les améliorer, encore et toujours, avec un niveau de rigueur et d’exigences professionnelles de plus en plus élevés.

 

Cela passe souvent par une remise en cause de la routine quotidienne qui nous fait parfois perdre de vue le but essentiel de notre action : servir le citoyen.

Je demande donc à chacun de mettre son talent, ses compétences et son dynamisme au service de cette grande ambition. Seul votre engagement personnel est en mesure de la réaliser.

 

oOo

 

En retour, l’administration se doit de bien traiter ses agents.

Or, nous avons trop tendance à négliger les aspects liés à la santé et à la sécurité au travail, qui représentent des risques importants portés par tous les niveaux hiérarchiques.

Les difficultés sont réelles. Elles viennent de loin.

Les risques professionnels et le management des risques seront ainsi abordés en seconde partie.

Le représentant de la CPS nous exposera une communication sur les accidents du travail. C’est une problématique importante pour le secteur de l’administration. Principal indicateur de la santé au travail, le taux d’absentéisme s’est ainsi accru en 2016 :5,4 % contre 4,3 % en 2015.

S’agissant de la santé et de la sécurité au travail, la réglementation n’est pas la même pour tous les agents publics. Cela n’est pas acceptable et j’ai demandé à la ministre en charge du travail et de la fonction publique de préparer un texte pour que chaque agent public ait les mêmes droits et la même protection en matière de santé et de sécurité au travail : celle prévue par le code du travail.

Ce projet va être prochainement proposé aux partenaires sociaux avant d’être rapidement engagé dans le circuit d’adoption

Des mesures vont aussi être engagées pour notamment développer la prévention des risques professionnels, dont les risques psychosociaux.

Les médecins du travail sont nos partenaires pour ces aspects. Ils doivent être plus étroitement associés à la gestion de ces situations.

 

 

oOo

 

Enfin, pour clôturer notre conférence, nous entendrons un exposé sur « l’Accord Etat / Pays pour le développement de la Polynésie française dans la République » que j’ai signé avec le Président de la République le 17 mars dernier au Palais de l’Elysée.

Cet « Accord de l’Elysée » est un accord politique qui engage, au plus haut niveau, les deux exécutifs de la République française et de la Polynésie française.

Le nouveau Président de la République Emmanuel Macron en a validé le principe. C’est là une étape essentielle de notre relation avec le nouveau gouvernement et avec la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, qui vient d’annoncer la tenue prochaine des « Assises de l’Outremer ».

Nous disposons donc maintenant d’un Pacte Républicain destiné à renforcer nos relations avec l’Etat, d’ici à 2030, et qui servira de trame aux actions que l’Etat mènera dans notre pays dans son rôle de solidarité et de responsabilité.

Cet Accord comporte 60 mesures, y compris les engagements du Président de la République annoncés en février 2016 lors de son déplacement à Papeete, dans des secteurs clés pour le développement de notre Pays, comme ceux de l’éducation, de la santé et de la communication.

Il est conçu pour être à la fois :

·        un programme de gouvernement pour le Pays,

·        un programme législatif pour nos Parlementaires et,

·        une feuille de route pour les relations entre la Polynésie française et la métropole d’ici à 2030.

Il me semblait nécessaire de vous le présenter à cette occasion.

 

oOo

 

En conclusion, je tiens à adresser mes remerciements ainsi que ceux du gouvernement à tous les intervenants de qualité qui vont se succéder ce matin, et notamment à monsieur le président de la chambre territoriale des comptes pour sa disponibilité.

 

J’adresse également des remerciements particuliers à notre modérateur, à l’établissement Te Fare Tauhiti Nui qui nous accueille ainsi qu’à tous ceux, agents publics, qui ont participé à l’organisation de cette matinée qui s’annoncent sous les meilleurs auspices.

Je convie chacun à l'engagement, à l'imagination et à l'action et déclare la conférence du service public 2017  OUVERTE.

Merci à vous tous, de votre présence et de votre attention. 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

Liens utiles