DISCOURS

JOURNEES POLYNESIENNES DU HANDICAP

 

Madame la présidente de la fédération Te Niu o te Huma, chère Henriette,

Monsieur le Vice président,

Monsieur le ministre de la solidarité,

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les Représentants,

Mesdames et messieurs les présidents d’associations d’handicapés

Mesdames et messieurs les directeurs de centre d’accueil,

 Mesdames et messieurs,

Chers amis,

 

Par cette cérémonie, nous ouvrons à la fois, les Journées polynésiennes du Handicap et les Assises du Handicap. Cette année, j’ai accepté de vous accueillir à la présidence parce que je veux reconnaître la place des handicapés dans notre société polynésienne d’une part, et l’action de la fédération Te Niu o te Huma d’autre part.

A cet égard, je voudrais saluer et remercier le dévouement et l’implication de sa présidente, madame Henriette KAMIA à qui je porte une affection et un respect tout particulier pour son engagement lucide et raisonné sur le sujet du handicap. Elle est active sans être une pasionaria forcenée. Elle argumente sans être menaçante ou en position de chantage au nom de la détresse de ses membres. Madame Henriette KAMIA est une militante pacifique mais fervente de la cause des handicapés.

Comme elle le dit elle-même, elle aurait pu rester auprès de ses parents à Fatu Hiva aux Marquises, mais elle a choisi de vivre son handicap, d’être autonome et d’être une femme active comme les autres.

Etre comme les autres tout en vivant son handicap, c’est un défi quotidien. C’est le défi de l’insertion, c’est le défi du travail, c’est le défi des transports, c’est le défi du logement.

Alors, cette semaine, ce sera une occasion formidable pour votre fédération, Te Niu o te Huma, de faire connaître ses actions et ses projets, que ce soit dans les domaines de l’éducation, de l’accessibilité, de l’emploi et la formation, de l’accompagnement des usagers ou d’une meilleure information de la population polynésienne sur les différents types de handicaps existants dans notre pays. 

En Polynésie, nous recensons près de 9000 personnes en situation d’handicaps. Pour accompagner ces personnes, nous avons compté 30 associations et 18 centres d’accueil sur l’ensemble de la Polynésie. Sur cet ensemble, on distingue 8 associations et 3 centres d’accueil établis dans les îles. Ce qui est peu.

Pour accompagner le secteur du handicap et ses ressortissants, le Pays  y consacre plus de 8,2 milliards de francs par an. Ce sont :

-         3,4 milliards de francs sous la forme de prestations et d’allocations aux personnes handicapées,

-         2,6 milliards de francs en aides sociales provenant des FAS

-         et 2,2 milliards de francs de financements d’organismes en charge de ces publics.

 

Mes chers amis, comme vous pouvez le constater les moyens publics consacrés au handicap ne sont pas négligeables. Bien sûr, ce n’est jamais assez car le handicap est multiforme et chaque handicapé est un cas particulier. Il voudrait être traité et pris en charge d’une manière particulière. Je peux comprendre cette demande. Mais en tant que gestionnaire des deniers publics, le pays ne peut offrir et garantir sa solidarité qu’à un niveau conforme à sa capacité à contribuer au regard de ses ressources disponibles.   

C’est vrai aussi que nous devons accentuer notre politique globale en faveur du handicap afin que chacun puisse avoir une vie à l’égal des valides. Je pense notamment à l’accès aux lieux et bâtiments publics ou aux cheminements dans nos villes. Nous avons des textes réglementaires, mais ils ne sont pas toujours appliqués. Nos espaces urbains relèvent encore trop souvent du parcours d’obstacles, même si des efforts, pas encore suffisants, ont été effectués en certains endroits pour faciliter la circulation. Bien de choses ont été réalisées, mais c’est vrai que beaucoup reste à faire.

A titre d’exemple, les services de l’Equipement, qu’ils soient du Pays ou de la commune, doivent désormais veiller, par exemple, à effectuer des dénivelés pour les trottoirs lorsqu’ils interviennent dans leur réfection. Et bien sûr que ces trottoirs soient praticables pour les personnes à mobilité réduite ou atteintes de cécité.

J’en conviens, ce chantier est vaste. Il nécessite une implication et une coordination transversales des différents départements ministériels. En tout cas, nous sommes à l’écoute des besoins des handicapés et nous ferons toujours de notre mieux pour tenter de satisfaire vos requêtes. 

 

Au cours de cette semaine, dans le cadre des Journées Polynésiennes, vous aurez beaucoup d’activités adaptées aux personnes handicapées. Vous aurez également plusieurs stands d’information sur le handicap et leurs droits, ainsi que des stands de démonstration des savoir-faire des handicapés. Je souhaite d’ailleurs comme vous que les valides s’associent à ces journées pour mieux appréhender le sens de la vie en commun.

Je partage pleinement le souci exprimé par Henriette Kamia pour que nous puissions collectivement faire œuvre commune, que nous arrêtions de travailler chacun dans son coin. Je souhaite que ces Assises marquent un nouveau départ pour une véritable politique coordonnée du handicap en Polynésie française.

Aussi, pour réussir la coordination interministérielle et faire œuvre commune, nous nommerons, madame Sylvia BERTEIL, à la fonction de déléguée interministérielle en charge du handicap dès cette semaine.

 

Je vous remercie de votre attention.  

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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