DISCOURS

Mot d’ouverture du Président de la Polynésie Française

 

Festival Polynesia – Te Moana Nui a Hiva,

 

Messieurs les ministres, Monsieur le Maire de Papeete,

 

mes chers amis, ...

 

Avec l’avènement d’internet, les prouesses technologiques  n’ont eu de cesse de repousser toujours plus loin les limites du possible. Hawaiiens, Maoris ou Pascuans ne sont désormais qu’à environ cinq heures d’avion voire à quelques secondes de nous par internet.

Et pourtant, naguère nourris de nombreux contacts, force est de constater que les échanges entre Polynésiens sont devenus embryonnaires. Pire ! Les experts, unanimes,  pointent du doigt la perte de contact des polynésiens avec leurs racines ; une perte de repères ou une crise identitaire dans un monde encore plus mondialisé pour ne pas dire uniforme.

 

Il existe une trentaine de langues, parlées dans l’ensemble du Pacifique. Avant l’arrivée des européens, les  Polynésiens se rencontraient sur le marae de Taputapuatea. Malgré la diversité des langages, des coutumes, et surtout malgré les océans qui les séparaient, nos ancêtres voyageaient, à bord d’exiguës embarcations, sur des étendues bien plus larges que l’Europe. Et, paradoxalement, ces anciens se voyaient bien plus souvent qu’aujourd’hui, alors que nos moyens de transports se sont considérablement développés. La confrontation avec le monde occidental, ses sciences, ses doctrines, ses modes de pensées, a mis en sommeil les modes de communications ancestraux, les rituels, et une partie du savoir culturel.

 

Mais depuis 40 ans, un renouveau culturel est observé dans le monde Polynésien.

 

Cette nouvelle ère a commencé symboliquement avec la pirogue  Hokulea qui en 1976 relia Hawaii à Tahiti, sans instruments de navigation moderne. Cet exploit réveilla une soif de reconquête des savoirs ancestraux pour toutes les communautés du Pacifique. Alors que les occidentaux se lançaient dans la conquête de l’espace, les polynésiens redécouvraient, avec leurs pirogues, les chemins d’étoiles, guides ancestraux de la navigation. Les échanges entre les cousins du Pacifique furent rétablis,  les voies d’échanges reconquises, et ce renouveau se traduisit par un « printemps » culturel et identitaire. Foisonnement des danses, des chants, réappropriation des savoirs et reconnaissance officielle des langues vernaculaires. Depuis, nous sommes clairement dans une dynamique d’affirmation et de valorisation de notre héritage culturel.

 

L’histoire a fait de nous des Français, des Américains, des Chiliens, des Anglais … malgré cela, nous restons profondément attachés à nos valeurs polynésiennes, à notre identité et nos racines communes. Nous sommes un seul et même peuple, nous nous comprenons, nous partageons des valeurs, des attentes communes.  C’est le sens de l’engagement de la Polynésie Française au sein du Polynesian leader Group. C’est ce lien fraternel qui a conduit les leaders du Pacifique à se rendre l’année dernière sur le Marae de Taputapuatea pour signer ensemble un PACT que nous avons ensuite porté à Paris lors de la COP21, pour rappeler ensemble aux grandes puissances de ce monde que notre parole doit être entendue.  C’est ce même lien fraternel, cette même conscience d’appartenir à un même grand peuple qui conduira une partie des délégations présentes sur ce même marae fondateur demain. 

 

Ce festival prolonge ce souhait de réunir la grande famille polynésienne… de nous re-connaître, nous rencontrer, d’échanger, de valoriser, ou encore de partager, et s’il le faut de débattre, mais aussi et surtout de préserver ce qui constitue la richesse de la plus vaste unité culturelle et linguistique qui ait jamais existé à la surface du globe : la Culture Polynésienne, Notre culture.

 

Cher  public, chers amis et chers cousins du Triangle polynésiens il est temps de s’impliquer pour découvrir ou re-découvrir tout en apprenant les uns des autres. C’est donc un immense plaisir pour moi de vous souhaiter la bienvenue à cette première édition du Festival Polynésia – Te Moana Nui a Hiva placée sous le thème de la transmission.

 

Ensemble créons de nouveaux liens. Voguons à nouveau sur « Te Moana Nui a Hiva » pour découvrir et apprendre… Ensemble donnons à nos enfants un socle solide pour construire une Polynésie tournée vers l’avenir mais fière de ses racines. 

Mes chers amis, je vous souhaite à tous un très beau festival !

 

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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