DISCOURS

Monsieur le Haut-Commissaire;

Monsieur le ULU de Tokelau; 

Messieurs les Premiers Ministres; 

Messieurs les Vice Premier Ministres; 

Monsieur le Gouverneur Adjoint des Samoa américaines;

Monsieur l’Ambassadeur pour le Pacifique représentant le Premier Ministre de Samoa ;  

Monsieur l’Ambassadeur en charge du Pacifique;

Mesdames et Messieurs les Officiels et Conseillers Techniques; 

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Messieurs et Mesdames les Ministres, 

Monsieur le Président de l’Assemblée de PF;  

Mesdames et Messieurs les Représentants de l’Assemblée de PF,

Monsieur le Président du CESC, 

Chers Amis,        

 

 

Je suis très heureux de vous accueillir ici ce matin et je me réjouis de voir qu’une grande partie du Pacifique est ici représentée. Pour cette raison et pour faciliter notre compréhension, je vais m’efforcer de m’adresser à vous en anglais.

 

Nous cheminons ensemble depuis 2012, depuis la fondation et la mise en place du Groupe des Leaders Polynésiens à Samoa. Ensuite nous sommes réunis à Auckland en 2013 pour voir comment diriger au mieux cette pirogue polynésienne.

 

Nous nous sommes réunis en juillet 2015, encore plus déterminés à faire entendre nos voix pendant la COP21 à Paris, et nous avons convenu d’écrire notre P.A.C.T (Polynesia against Climate Threats - la Polynésie face aux menaces climatiques), nous avons fait cette déclaration forte de TAPUTAPUATEA, que nous avons tous signés sur le marae à Raiatea.

 

Ensuite nous avons participé au sommet France/Océanie du 26 novembre 1015 à Paris, au palais de l’Élysée, nous avons tous eu le privilège d’exprimer nos préoccupations sur le changement climatique et ses conséquences dévastatrices.

 

Vous souvenez peut-être que pendant ma courte intervention au sommet France/Océanie, j’ai exhorté que nous repensions notre approche face à cette nouvelle menace bien réelle qu’est le changement climatique. J’ai aussi reconnu le fait qu’il avait des conséquences durables sur notre océan, sur nos cultures, nos moyens de subsistance et qu’il a bouleversé la vie de beaucoup de nos populations.

 

Je me souviens encore des images effrayantes du cyclone Pam en mars 2015 au Vanuatu que nous avons suivi pendant 10 jours, avec ses trajectoires changeantes.

 

Messieurs les leaders, nous connaissons tous les effets dévastateurs du cyclone Winston et ses conséquences dramatiques sur les vies des populations de Fidji.

 

C’est pourquoi j’ai ressenti le besoin de nous réunir et de faire le point sur ce qui s’est passé au cours de ces dernières années et de décider ensemble d’une feuille de route pour le bien-être de nos populations vulnérables. Ceci doit être entrepris de manière collective, au niveau régional, car ce que nous avons en commun est plus important que nos différences.

 

C’est pourquoi le mercredi 29 le jeudi 30 juin nous vous montrerons quelques réalisations que nous avons imaginées après avoir subi de graves cyclones, telles que Veena en 1983 et bien d’autres.

 

Chers leaders, je crois sincèrement qu’il est grand temps que nous partagions-nous expériences et savoir-faire, ce n’est pas que Tahiti sache plus de choses que ses voisins, mais nous avons également traversé de terribles épreuves et avons su nous relever après de nombreux cyclones.

 

Aussi, j’espère que ce que vous allez voir et entendre nous permettra de construire notre résilience commune et de trouver les moyens les plus appropriés de protéger notre environnement et notre Mer nourricière, vu que c’est elle qui nourrit nos Nations du Pacifique. Finalement, il nous faut trouver les outils les plus appropriés pour protéger nos peoples.

 

C’est pourquoi je vous propose la signature d’une déclaration commune sur l’océan (Te Moana o Hiva) à la suite de nos délibérations aujourd’hui.

 

Notre voix commune, la voix des grands pays océaniques - si je peux emprunter les mots du premier ministre des îles Cook - a été largement entendue au cours de la COP21. Toutefois, il reste encore beaucoup à faire concernant notre Océan.

 

Dans l’Accord de Paris, le mot océan apparaît juste une fois. C’est pourtant ce même océan qui produit la moitié de l’oxygène que chaque être humain respire et qui absorbe 25 % de tout le CO2 émis par les activités humaines. En somme, on peut affirmer sans aucun doute possible que l’océan maintient la vie sur Terre et que les océans doivent être sauvés en premier pour sauver l’humanité. L’océan est un cadeau du ciel par lequel Dieu a rendu la vie possible. Ensemble, nous représentons plus de 10 millions de kilomètres carrés de surface océanique ! 10 millions de mètres carrés… C’est plus grand que la Chine, les États-Unis ou l’Europe.

 

D’un point de vue océanique et océanien, nous sommes à la tête de vastes états. Aussi devons-nous continuer à être les porte-parole de notre océan et il est de notre devoir de nous assurer qu’il ait sa place dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de Paris.

 

C’est l’objectif principal de la déclaration importante d’aujourd’hui : un pacte qui se concentre plus spécifiquement sur notre Océan. Rappelons-nous que la prochaine conférence des Nations unies sur les océans se tiendra à Suva en juin 2017. Cette conférence sera co-organisée par la Suède et Fidji et je pense que nous avons un rôle majeur à y jouer, en tant que nations du Pacifique.

 

Les peuples polynésiens ont toujours été des navigateurs. L’océan est au cœur de notre identité et de notre avenir. En tant que Polynésiens, notre voix doit être entendue sur cet enjeu capital au sein d’organisations régionales telles que le PROE et le Forum des Iles du Pacifique.

 

Ce défi commun nous invite à agir de manière coordonnée. C’est pourquoi la Polynésie française aspire à devenir membre à part entière du forum des îles du Pacifique et je compte sur votre soutien. Cela nous permettra de démontrer notre solidarité et le soutien de toutes nos institutions, qu’il s’agisse de recherche, de société civile ou de l’administration sous mon autorité.

 

Après tout, si nous voulons développer le régionalisme dans le Pacifique, nous devons renforcer nos liens avec tous les niveaux.”

 

Je vous remercie encore une fois pour votre brillante présence aujourd’hui, à notre conférence PLG/2. Merci à tous d’être présents.

 

Maururu  roa,  Soifua,  Malie e lelei,  Fa'afetai tele lava, Maitaki maata.

 

Edouard Fritch

President of French Polynesia

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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