DISCOURS

INAUGURATION DE L’HELISTATION DU CHPF

 

vendredi 18 mars 2016

 

 

ALLOCUTION
DE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA POLYNESIE FRANCAISE

 

 

Monsieur le Haut-commissaire,

Madame la représentante,

Messieurs les maires,

Mesdames et messieurs les administrateurs du CHPF,

Messieurs les directeurs et chefs de services de l’Etat et du Pays,

Mesdames, messieurs

 

Au-delà du panorama spectaculaire dont nous venons de profiter, nous sommes ici, aujourd’hui, pour marquer l’entrée de la médecine d’urgence polynésienne dans une nouvelle ère et pour célébrer la coopération entre les services de l’Etat et du Pays qui l’a rendue possible.

Mais avant tout, je souhaite souligner le rôle discret, mais décisif, de Monsieur le maire de la commune d’Arue.

C’est en effet grâce à vous, cher Philip, que tout a commencé : il y a presque deux ans, vous vous émouviez de l’utilisation du stade communal comme zone d’atterrissage pour certaines évacuations sanitaires particulièrement urgentes.

A la suite de votre courrier, le Centre hospitalier et les services concernés commençaient à recenser les actions à entreprendre pour mettre la plateforme aux normes en vigueur pour accueillir des mouvements réguliers d’hélicoptères.

A la livraison du bâtiment, pour être précis, nous n’avions qu’une dalle de béton, un ascenseur et des éclairages qui ne correspondaient pas aux prescriptions, celles-ci ayant en outre changé en 2012.

Validation des calculs de charge, étanchéité des surfaces, équipements incendie, mise aux normes de la signalisation lumineuse et des dispositifs d’évacuation, liaisons radio… la liste des travaux s’allongeait, à laquelle s’ajoutaient la rédaction des nécessaires manuels et procédures de sécurité et aéronautiques, pour ne citer que les principaux.

 

 

Grâce à la collaboration active de la direction de la protection civile, du service de l’urbanisme et des services de l’aviation civile de l’Etat et du Pays, les pré-requis du projet étaient bientôt arrêtés dans un contexte inédit et particulièrement normé : poser et faire décoller des hélicoptères est déjà un exercice très encadré ; le faire sur le toit d’un hôpital appelle, à juste titre, des mesures d’une précision et d’une rigueur sans faille.

Restait alors en suspens la question du financement de cette opération de mise aux normes et il convient, ici, d’insister sur la bienveillance des services du Haut-commissariat qui ont su trouver les ressources permettant d’accompagner le CHPF pour la mener à bien.

Faisant face à d’autres priorités, celui-ci n’était pas en mesure de mobiliser l’ensemble des crédits nécessaires à couvrir l’ensemble des dépenses, qui se sont finalement élevées à près de 36 millions de francs hors taxes.

La contribution de l’Etat à hauteur de 80 % du montant hors taxes initial, soient 25 millions de francs sur un budget prévisionnel de 31 millions, a été décisive.

Cette intervention se fonde sur la lecture du statut de la Polynésie française qui donne au Pays pleine compétence en matière de santé et confie à l’Etat toute responsabilité en matière de catastrophes et de protection civile.

Cette infrastructure a en effet vocation à servir pour l’ensemble de ces missions.

En matière de santé, elle permet aux patients pris en charge par le SAMU ou la Direction interarmées du service de santé de gagner un temps précieux pour l’accès au plateau technique de l’hôpital.

Les vingt quinze ou minutes ainsi gagnées par les patients des îles par rapport à une arrivée à l’aéroport de Faa’a peuvent s’avérer critiques dans les cas les plus lourds.

La mise en service de l’hélistation permet surtout de faire entrer de plein pied l’ambulance aérienne dans l’éventail des moyens à disposition de l’aide médicale urgente pour les Îles-du-Vent et dans une certaine mesure également pour les Îles-sous-le-Vent et, à la marge, les Tuamotu de l’Est, soit la grande majorité de la population polynésienne.

C’est un enjeu fort que nous nous attachons, avec Monsieur le Ministre de la santé et de la recherche, à relever en programmant l’aménagement d’hélisurfaces ou d’hélistations à Uturoa et, rapidement, à Taravao.

Si le recours à des vols spéciaux, par avion ou hélicoptère, est courant vers Moorea ou Uturoa, nos concitoyens de la presqu’île ne pouvaient en bénéficier. Or la durée d’un transfert de Taravao au CHPF par la route est incertaine et, en tous les cas, longue. Si l’envoi d’une ambulance du CHPF s’avère nécessaire, elle est doublée.

 

 

Dans des situations choisies, le SAMU a déjà expérimenté l’utilisation de l’hélicoptère vers la Presqu’île. La mise en place d’une zone de poser aménagée à Taravao constituera un progrès majeur pour cet important bassin de population.

En permettant, de jour comme de nuit, l’accès aérien au CHPF, cette hélistation contribue également à garantir l’accès au recours hospitalier dans les situations les plus exceptionnelles, notamment celles qui peuvent entraîner, à la fois, un nombre significatif de victimes et l’obstruction des voies de circulation.

Les secours après un cyclone ou un tsunami, ou dans toute autre condition particulière, en seront grandement facilités.

Depuis le 15 janvier dernier, date de la mise en service effective de l’hélistation, 20 rotations médicalisées ont été organisées, pour les trois quart vers Moorea.

Elles mobilisent en priorité des hélicoptères civils, deux fois moins coûteux, le recours aux Dauphins étant circonscrit aux vols de nuit ou sur longues distance.

Le développement prévisible de ce type d’évacuation sanitaire prend donc en compte, à la fois, l’amélioration du service rendu à la population et la maîtrise de l’évolution des dépenses de santé.

Avant de laisser la parole à Monsieur le Haut-commissaire de la République en Polynésie française, je souhaite féliciter l’ensemble des techniciens qui ont contribué à mener ce projet complexe, unique en Polynésie, à son terme.

Je vous remercie.

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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