DISCOURS

DISCOURS DU PRESIDENT DE LA POLYNESIE FRANCAISE

ASSISE DU MEDEF DE LA POLYNESIE FRANCAISE

Jeudi 10 Mars 2016

 

 

 

Monsieur le Haut-commissaire de la République en Polynésie française,

Monsieur le président de l’Assemblée de la Polynésie française,

Monsieur le vice-président du MEDEF France,

Monsieur le président du MEDEF en Polynésie française,

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les représentants de l’APF,

Mesdames et messieurs les chefs d’entreprises,

Mesdames et messieurs, Cher amis,

 

Ia orana,

 

Je voudrais tout d’abord remercier et exprimer tous mes encouragements et ceux de mon Gouvernement à Monsieur Olivier KRESSMAN et toutes ses équipes, pour l’organisation de cette 9ème édition des assises du MEDEF en Polynésie française.

 

Il m’apparait en effet primordial que les entrepreneurs que vous êtes se réunissent pour déterminer ensemble les objectifs stratégiques à moyen terme afin de préparer l’entreprise aux défis existants et futurs.

 

 

Dans sa publication du mois de février dernier, l’IEOM indiquait que si la situation économique de notre pays s’améliorait, elle ne produisait pas encore tous les effets escomptés.

 

A ce propos, l’organisme a annoncé une progression de l’indicateur du climat des affaires qui se situe depuis maintenant 2 ans à un niveau sensiblement supérieur à sa moyenne de longue période.

 

Il notait également que la prévision d’investissement était en nette progression pour l’année 2016, ce qui traduirait un regain de confiance des chefs d’entreprises après l’annonce de la prolongation à 2025 du dispositif national de défiscalisation des investissements, et pour lequel nous nous sommes tous battus, ici comme à Paris.

 

L’IEOM soulignait enfin une forte attente des acteurs économiques dans la réalisation des grands projets que sont le Tahiti Mahana Beach et le projet aquacole de Hao.

 

Nous fondons tous de grands espoirs dans ces projets de dimension internationale, mais je n’oublie pas que c’est avec nos entreprises locales que la Polynésie a traversé ces années difficiles, et c’est donc avant tout à l’écoute de vos projets que le défi de la refondation de notre économie sera relevé.

 

Pour ce faire, nous devons sortir des sentiers battus, et vous nous le rappelez au travers de ces assises : il nous faut innover !

 

 

Les acteurs économiques polynésiens partagent cette même ambition stratégique : L’innovation doit être au cœur de l’entreprenariat. Si l’on souhaite que notre économie puisse se réinventer et rebondir, notamment afin d’accélérer une reprise, pour l’heure timide, l’innovation est sans aucun doute l’une des voies à privilégier et à soutenir.

 

Nous devons moderniser notre économie. Nous devons, notamment, mieux explorer nos potentialités naturelles tirées de l’océan ou de notre biodiversité, mieux explorer notre décalage horaire avec l’Europe, mieux explorer notre ancrage français au milieu d’un espace pacifique à forte influence anglo-saxonne et asiatique, etc. C’est en ce sens que l’innovation prend de l’importance dans la mise en œuvre de nouveaux modèles économiques pour notre pays.

 

Pour accompagner cette esprit d’innovation dans notre pays, il faut aussi créer  les conditions qui permettent aux hommes et aux femmes, aux jeunes et aux adultes, de libérer leur énergie, de libérer le sens des responsabilités, de libérer les initiatives et la créativité. Je souhaite que vous m’aidiez à créer et à favoriser ces conditions. C’est facile à le dire, mais il faut du courage et de la conviction pour le faire car, c’est un changement de mentalité que nous devons désormais opérer.

 

 

 

Notre pays a besoin de réforme. Je veux tourner la page de ce passé bâti sur l’économie du nucléaire.

 

Je veux, avec vous, planter de nouvelles racines économiques basées sur nos capacités créatrices et nos ressources. Je sais qu’il faut beaucoup de travail pour y arriver. Je suis prêt. D’ailleurs, il n’y a pas d’autres choix si nous voulons garder du sens à notre Autonomie. 

 

C’est pourquoi, mes chers amis, les thèmes retenus pour ces assises me semblent tout à fait appropriés :

 

Le traitement et l’accessibilité à la DATA, est devenu un axe essentiel voire vital pour la pérennisation des entreprises. Comment en effet envisager un développement économique sans disposer des informations utiles à l’élaboration d’un programme d’investissement, comment disposer d’outils de gestion modernes et performants à moindre coûts, ou encore comment envisager un plan de reprise d’activités, sans accès sécurisé aux données de l’entreprise en cas de sinistre ?

 

L’entreprise moderne doit en effet pouvoir appréhender ces risques à leur juste mesure.

 

 

 

Je saisis l’occasion pour saluer Monsieur Thibault LANXADE, vice-président du MEDEF France, qui a bien voulu répondre favorablement à la demande de la représentation locale afin de présenter l’état des lieux et les perspectives de l’OPEN DATA.

 

Je sais, cher Monsieur, que votre intervention est très attendue par les entrepreneurs présents. Je sais aussi, pour avoir échangé avec vous, que vous êtes prêt à partager largement votre expérience avec le monde des entreprises, mais aussi avec les décideurs politiques que nous sommes.

 

Les sujets de financement des entreprises et de bonne gestion via des outils de pilotage et de mesure de performances sont également autant d’atouts fondamentaux pour assurer leur pérennité.

 

La SOFIDEP, dont nous avons renforcé les moyens d’intervention sur dotation du Pays, et qui proposera en outre, sous peu, les produits financiers de la Banque Publique d’Investissement française, pourra être un partenaire privilégié des entreprises. Son représentant contribuera d’ailleurs à vos échanges de la journée.

 

Enfin, comme l’indiquait Emile de Girardin, l’inventeur de la Presse moderne, « gouverner c’est prévoir ». Les perspectives d’évolution de l’environnement économique et les besoins du marché doivent être en tout temps appréhendés pour permettre à l’entreprise d’accroitre sa compétitivité.

 

Vous le savez, mon gouvernement s’est engagé sur la réalisation de projets structurants dans les secteurs du tourisme avec le Tahiti Mahana Beach et dans le secteur de l’économie bleue avec notamment le projet aquacole de Hao.

 

Ces deux projets sont en bonne voie d’exécution, mais ils nécessitent des délais d’instructions et de coordination à la fois incompressibles et indispensables à leur bonne exécution.

 

Il serait en effet préjudiciable pour la Polynésie française de confondre vitesse et précipitation dans le cadre du déploiement d’opérations de cette envergure. Car, en cas d’incident majeur, comme par exemple, l’arrêt des chantiers en pleine phase de réalisation, l’impact d’un tel évènement serait économiquement et financièrement désastreux pour notre Pays. La Polynésie connaitrait alors un état de sinistrose généralisée jamais encore atteint, tant au niveau des investisseurs potentiels que de notre population.

 

Ainsi, si nous estimons le démarrage des travaux dans le courant du second semestre pour le projet aquacole de Hao et vraisemblablement pour la fin d’année s’agissant du projet Tahiti Mahana Beach, mon gouvernement n’a, entre temps, de cesse d’initier la réalisation effective des projets portés par les pouvoirs publics.

 

C’est dans ce cadre que nous avons validé le lancement de la construction de logements pour environ 6 milliards de francs cette année et que nous maintenons le rythme de construction des ouvrages publics à hauteur de 18 milliards de francs pour l’exercice 2016.

 

A titre d’information, le Ministre de l’Economie réunit cet après midi, la commission des agréments fiscaux afin d’examiner une dizaine de projets dont les montants d’investissements oscillent entre 150 millions et 2,7 milliards de francs CP, sur plusieurs secteurs d’activités, pour un montant cumulé de près de 8,8 milliards de francs CP.

 

Alors, ces efforts peuvent paraitre insuffisants au regard des attentes en matière de carnet de commande des entreprises, nous n’y sommes pas insensibles.

 

C’est la raison pour laquelle, j’ai demandé au Vice président, en charge des finances, et au Ministre de l’Economie de mettre en place, à court terme, un plan massif d’actions économiques qui vise à soutenir l’activité des entreprises et du secteur privé. Ces mesures seront présentées dans les meilleurs délais, et au plus tard à l’ouverture de la prochaine séance solennelle de l’Assemblée de la Polynésie française au mois d’avril 2016.

 

 

Je peux toutefois vous indiquer que nous travaillons sur des mesures d’aide à l’investissement des ménages et des entreprises, au soutien à la création d’emplois salariés, au développement et à la consolidation des entreprises existantes, et au soutien à l’investissement de manière globale en Polynésie française.

 

Pailleurs, le Président de la République, lors de son voyage officiel, a ouvert des perspectives d’un développement porté en partenariat avec l’Etat dans plusieurs domaines qui se traduisent, à court terme, par des possibilités d’investissements, notamment dans les domaines sanitaire, numérique, culturel, environnemental, des transports, etc. Il a aussi ouvert la possibilité d’un nouveau pacte de développement qu’il a intitulé « les accords de Papeete », et qui s’appuie sur le chantier de l’Etat en faveur de l’égalité. Le gouvernement travaille activement sur ces sujets. Nos parlementaires feront le relai à Paris et commenceront à présenter des éléments de concrétisation dès la semaine prochaine.   

 

Je souhaite en outre instituer, comme je vous l’avais déjà indiqué, des rencontres économiques semestrielles au mois d’avril et de septembre, chaque année. Ces rencontres permettront de faire le point des actions économiques en cours pour, le cas échéant, et avec votre concours, ajuster le cadre ou la portée de ces mesures à l’issue de la première rencontre, et préparer ensemble les sujets qui pourraient être proposés dans le cadre du débat d’orientation budgétaire lors de la seconde rencontre.

 

 

Je propose également d’organiser un forum des entreprises au mois d’octobre de chaque année afin de définir ensemble une stratégie de développement pour les secteurs d’activités prioritaires. J’ai noté que pour 2016, le MEDEF mettait en avant le tourisme et l’économie bleue. Je crois utile de rajouter les secteurs du numérique et du développement des ressources propres.

 

J’ai chargé le Ministre de l’Economie de préparer ces rendez-vous avec vos représentants avec pour objectif, à la fin de ces rencontres, d’aboutir à des décisions concrètes et un calendrier de mise en œuvre.

 

Vous le savez, l’Emploi et de la Solidarité sont au cœur de mes préoccupations, et je le sais, ces questions sont fondamentales pour les entrepreneurs que vous êtes. C’est pourquoi, j’ai débuté les consultations officielles dans le cadre de la PSG 2.

 

Le gouvernement a ainsi commencé à rencontrer les représentants des salariés et des retraités  cette semaine. Les représentants du patronat sont conviés pour la semaine prochaine. Sachez que je suis déterminé à aller au bout de ces réformes, quels qu’en soit les risques politiques.

 

Je souhaiterai, en conclusion, vous indiquer que l’administration de la Polynésie française n’est pas en reste puisqu’elle conduit également des réformes structurantes sous le thème de « l’Administration polynésienne innove ».

 

En effet, sa modernisation et l’amélioration de sa performance passent obligatoirement par le déploiement des technologies du numérique dans l’ensemble de ces services.

 

L’ambition est de permettre à nos usagers de consulter les informations utiles à leurs activités professionnelles ou personnelles en ligne, de remplir leurs formalités administratives depuis leur domicile, ou d’interagir via les outils numériques avec l’administration et ainsi éviter les files d’attentes.

 

Le Pays a également engagé des travaux pour la mise en place d’un cadre réglementaire portant sur la certification numérique et la signature électronique en Polynésie. Il s’agit notamment de réglementer les échanges entre l’internaute et l’administration, mais également les échanges entre personnes privées.

 

Les premiers résultats, notamment en termes de projet de Loi et de première déclinaison en matière de télé service, sont attendus pour la fin de cette année.

 

Je voudrais terminer en vous assurant de la volonté de mon gouvernement d’accompagner au mieux les entreprises du Pays, et spécialement dans cette période difficile.

 

Votre réussite sera la notre,

 

Comptez sur mon gouvernement, comptez sur moi pour réussir avec vous.

 

Bonne journée à tous.

 

Mauruuru.

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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