DISCOURS

Lundi 11 janvier 2016

Vœux du président Edouard Fritch à la presse

 

 

Mesdames et messieurs les responsables de rédactions,

Mesdames et messieurs les journalistes,

Chers amis.

 

C’est avec plaisir que je vous reçois à la présidence aujourd’hui pour vous souhaiter, en mon nom et au nom du gouvernement, une très bonne et heureuse année 2016.

 

Mon discours de l’an dernier m’avait valu une lettre enflammée d’un responsable de Reporters sans frontières qui n’avait visiblement pas été bien informé de la réalité de la situation des médias en Polynésie française.

 

Cette situation, vous la connaissez sans doute mieux que moi. Mais j’ai bien noté le dynamisme dans votre secteur avec l’apparition de nouvelles publications cette année portée par le groupe Moux: un quotidien gratuit, un hebdomadaire féminin et un mensuel qui est devenu hebdomadaire. Une nouvelle radio a également vu le jour avec Hiti FM et je salue son directeur. Je sais également que le groupe La Dépêche va prochainement mettre en ligne un site d’information rénové et largement axé sur la région Pacifique, après être passé au tout couleur pour sa version papier.

 

Les Polynésiens ont donc un large choix dans leurs sources d’information et les médias agissent en totale indépendance du pouvoir politique.

 

Vous le savez aussi, je ne suis pas du genre à intervenir auprès de vous, même si certaines informations ne me satisfont pas, soit parce qu’elles sont critiques, soit parce qu’elles sont erronées.

 

La critique participe de l’exercice de la démocratie, et il faut savoir l’accepter. Par contre, il est moins acceptable de découvrir des informations erronées. En tant que de besoin, le gouvernement communique pour tenter de rétablir la réalité des faits ou des informations.

 

Mais je dois vous dire que depuis que j’ai pris mes fonctions, je ne suis intervenu qu’une seule fois, par écrit, auprès de la direction d’un média pour déplorer une information particulièrement malveillante.

 

Je préfère bien entendu un dialogue direct entre nous et vous savez que je suis ouvert et disponible autant que possible pour répondre à vos questions. Les ministres le sont également.

 

J’en viens maintenant à un autre sujet qui vous concerne, celui de votre statut de journaliste professionnel. Une récente décision du tribunal du travail a mis en exergue que vous ne disposiez pas, au travers de notre code du travail, des mêmes droits protecteurs que vos homologues nationaux en ce qui concerne les clauses de conscience et les clauses de cession qui confortent l’indépendance des journalistes.

 

Ce sujet avait déjà fait l’objet d’une proposition de loi du pays en 2012. Proposition qui n’avait pas prospéré car, comme l’avait soulevé le CESC, elle n’avait fait l’objet d’aucune concertation et n’était pas adaptée à la réalité du droit du travail local et ne concernait pas, par ailleurs, les secteurs de l’audiovisuel.

 

Sur cette base et dans le cadre des travaux engagés avec les partenaires sociaux sur la réforme du code du travail, j’ai demandé à la ministre en charge du dossier d’entamer la concertation avec les parties concernées afin de compléter notre réglementation pour que des dispositions similaires à celles qui sont en vigueur au niveau national puissent être mises en place en Polynésie. Il faudra bien sûr trouver un consensus sur cette question et la ministre du Travail s’y emploiera.

 

Mais j’attire aussi votre attention sur le fait que le statut de journaliste professionnel ne relève pas de la seule réglementation. Il m’apparaît important, comme le soulignait d’ailleurs le rapport du CESC de 2012, que votre profession s’attèle, avec vos employeurs, à la rédaction d’une véritable convention collective des journalistes puisque les situations sont, pour l’heure, très différentes d’un média à l’autre.

 

Mais bien entendu, je souhaite que parallèlement chacun d’entre vous s’engage également sur le respect de la charte de déontologie en vigueur dans la profession.

 

Au-delà de cette réforme qui vous concerne directement, le gouvernement portera en 2016 une série de grands chantiers qui concerne l’ensemble des Polynésiens.

 

Alors je sais bien que certains accusent le gouvernement d’immobilisme, mais ce type d’affirmation relève à mon sens de la mauvaise foi.

 

Le grand chantier de l’année 2016 sera celui de la réforme de la PSG. Cette réforme, aucun des gouvernements qui se sont succédés depuis 10 ans n’a voulu la mener à son terme. Nous le ferons. Les travaux de concertation se sont déroulés sur le deuxième semestre 2015 et nous présenterons cette année les textes réglementaires qui viendront garantir l’équilibre et la pérennité des prestations, qu’elles soient en matière de maladie, de famille ou de retraite.

 

Je sais bien qu’en m’attaquant à ce dossier je prends un risque politique parce que certaines mesures seront forcément impopulaires, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains ne veulent pas s’associer aux travaux. Ils seront ainsi plus libres de critiquer, voire de combattre les propositions. D’ailleurs, ils sont déjà commencés.

 

Nous aurons bien sûr l’occasion de reparler avec vous de chacune des mesures qui seront proposées car il nous faudra faire œuvre de pédagogie pour que chacun comprenne les enjeux.

 

Un autre enjeu de société retiendra notre attention cette année, celui qui concerne la lutte contre l’obésité et le diabète. Ce sont des fléaux, très nuisibles à la santé mais aussi extrêmement coûteux pour nos comptes sociaux, qu’il faut combattre par une meilleure éducation. Vous avez relayé en ce sens l’initiative conjointe de certaines grosses entreprises polynésienne et du ministère de la santé pour une éducation à la saine alimentation dans le monde du travail. Je serais d’ailleurs heureux que les petites entreprises suivent la même démarche plutôt que de dénoncer un pseudo immobilisme.

 

Je pense que vous avez un rôle certain à jouer dans le traitement de ces phénomènes de société. Bien sûr, vous faites régulièrement des sujets sur ces problématiques, mais je vous incite à multiplier les initiatives dans ce domaine afin de sensibiliser plus avant les populations. Vous avez une force de persuasion sans égal.

 

Il y a un troisième sujet de société que je souhaite évoquer avec vous, c’est celui de la montée des violences et des comportements déviants dont vous vous faites bien souvent l’écho.

 

Les observateurs et les experts s’accordent à dire qu’une des causes majeures de ces déviances réside dans la perte des repères familiaux, liés à l’évolution de notre société.

 

C’est pourquoi nous avons décidé de réunir une conférence de la famille. Le but de cette conférence n’est pas de tirer à nouveau des constats. Tout cela a déjà été fait, et souvent bien fait. Mais ce n’est pas allé plus loin.

 

Ce que nous souhaitons, c’est mettre en place des actions concrètes et opérationnelles afin de lutter contre la désagrégation familiale, la désagrégation de nos valeurs de vivre ensemble, et pour ramener plus de sérénité dans notre société.

 

Là encore, nous aurons l’occasion, assez rapidement, de vous rencontrer pour que vous vous fassiez le relai auprès de la population des initiatives que nous allons mettre en œuvre dans ce domaine particulier.

 

Je souhaite en tout cas que, sur ces sujets de société, vous ne soyez pas seulement des observateurs ou des commentateurs, mais que vous soyez aussi des acteurs des évolutions à venir.

 

Alors, vous allez me dire aussi que les dérèglements de notre société trouvent certainement aussi leur origine dans la dégradation économique que nous avons connue au cours des dix dernières années. C’est aussi une réalité.

 

C’est pourquoi notre gouvernement met tout en œuvre pour relancer l’économie. Pour ce qui concerne les pouvoirs publics, nous avons injecté des sommes considérables pour la commande publique, comme le ministre de l’Equipement vous l’a rappelé jeudi dernier lors de la présentation du plan de campagne 2016. Ainsi, la direction de l’équipement a engagé près de 16 milliards en 2015, en progression de 15% par rapport à 2014. Nous confirmerons ces montants en 2016 et nous engagerons par ailleurs des opérations sans précédent en faveur du logement social.

 

Alors bien sûr, l’injection de tous ces milliards dans l’économie polynésienne n’a pas véritablement bénéficié à l’emploi en 2015. Mais je récuse les chiffres avancés par le président de la CGPME qui ne parlait que de 13 emplois créés entre juin 2014 et juin 2015.

 

Arrêter les comptes en juin 2015, c’est oublier, peut-être de manière volontaire mais en tout cas polémique, que l’embellie de l’économie s’est déclarée au cours du second semestre 2015. En fait, d’après les chiffres fournis par la CPS pour les 9 premiers mois de l’année 2015, ce sont 318 emplois salariés supplémentaires qui ont été déclarés. Certes, ce n’est pas suffisant mais cette année 2015 aura bien été caractérisée par la fin de la spirale infernale de la destruction des emplois.

 

Mais je le répète une fois de plus. Ce n’est pas le gouvernement qui crée les emplois. Nous cherchons à favoriser la reprise de l’économie, mais ce sont les entreprises qui investissent et qui créent les emplois.

 

Et l’on a beau dire qu’il n’y a pas assez de visibilité, le directeur de l’AFD disait récemment le contraire en affirmant que « la stabilité politique retrouvée se traduit pour les investisseurs par un regain de confiance. On a une vision optimiste des années à venir ».

 

Je suis en contact avec les grands groupes de ce pays et je peux vous assurer qu’ils ont repris le chemin des investissements. D’ailleurs, je souligne que les deux propriétaires des groupes de presse font partie de ces investisseurs dans d’autres secteurs économiques que celui des médias.Tout cela va prendre encore un peu de temps, mais les répercussions viendront se faire sentir.

 

Il y a bien sûr les investisseurs chinois avec les projets de Hao et de Mahana Beach. Mais vous verrez qu’en 2016 d’autres projets se feront connaître.

 

Mais je pense aussi aux petits projets. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai mis en place une cellule de suivi des petits projets économiques au sein de la présidence, afin d’en faciliter l’émergence. Nous avons ainsi déjà identifié plus de 7 milliards de francs prêts à être injectés dans notre économie. Et dans ces projets, il y a des petits projets dans les îles.

 

Je veux dire au président de la CGPME que nous ne l’avons pas attendu, pas plus d’ailleurs que nous n’avons attendu d’avoir la majorité à l’assemblée pour agir.

 

C’est vrai que cette absence de majorité a pu nous handicaper pour engager plus rapidement des réformes de fonds. Maintenant, notre majorité est là, et je pense qu’elle pourra encore s’étoffer.

 

Avec cette majorité, nous allons pouvoir travailler plus sereinement. D’ores et déjà, le gouvernement a plusieurs lois de pays prêtes ou en cours de finalisation que nous ne voulions pas soumettre à l’assemblée avant d’être 29.

 

L’année 2015 a déjà été très productive en matière de textes, à tel point que le CESC s’est plaint de surcharge. Mais je puis vous assurer qu’en 2016, nous passerons à un régime supérieur.

 

Nous sommes résolument optimistes pour cette année 2016 qui verra l’impulsion de réformes de société, mais aussi la relance économique.

 

Je souhaite que nous puissions continuer à travailler avec vous en confiance, dans un souci de transparence et de bonne information des Polynésiens.

 

Avant de vous inviter à partager un verre et un buffet au cours duquel nous pourrons échanger, je tiens à vous renouveler nos meilleurs vœux pour cette année 2016.

 

 

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Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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