DISCOURS

ALLOCUTION EDOUARD FRITCH

LUNDI 7 DECEMBRE 2015

 

 

Monsieur le Vice président, Sénateur,

Mesdames et messieurs les ministres,

Monsieur le maire de Papeete, Représentant à l’Assemblée,

Madame la Député, Représentant à ‘Assemblée,

Monsieur le Député,

Monsieur le président de Taatira o te hau, Représentant à l’Assemblée,

Mesdames et messieurs les Représentants,

Monsieur Tanseau, Cher Robert,

Mesdames et messieurs les chefs d’entreprise,

Mesdames et messieurs,

Chers amis,

 

Au nom du Vice président, au nom du gouvernement, au nom de nos parlementaires et au nom de nos Représentants et en mon nom, soyez toutes et tous les bienvenus à la présidence de la Polynésie française. Nous sommes heureux de vous accueillir sous cette salle et nous sommes surtout heureux de partager un moment avec vous pour parler de notre pays et pour parler de la vie de nos citoyens.  

 

Tout d’abord, je voudrais m’excuser pour le changement d’organisation. Il était prévu de partager cette rencontre en deux soirées, une partie ce soir et une autre demain soir. En raison d’un agenda plus que chargé, j’ai demandé à votre Représentant, Charles Fong Loi, de vous rassembler toutes et tous, ce soir. Je le remercie et vous avec, pour avoir spontanément accepté cette modification. Encore merci.

Un grand merci à Charles Fong Loi, pour nous avoir aidés à organiser cette soirée.

 

Je voudrais surtout le remercier pour son soutien au gouvernement. A travers lui, ce sont tous les militants du Taatiraa et notamment Robert Tanseau et Charles Berselli que je remercie également pour leur confiance.

 

Chers amis, je vous le dis : vous ne regretterez pas votre soutien.

 

Votre soutien n’est pas un soutien à ma personne. J’ai horreur du culte de la personne et de la personnalité. Votre soutien, c’est avant tout un soutien à la stabilité, c’est un soutien aux engagements pris en mai 2013, c’est un soutien à l’autonomie, c’est un soutien pour un partenariat fort et sincère avec l’Etat, c’est un soutien au redressement financier et économique de notre pays.  C’est un soutien à une majorité gouvernementale que je conduis et qui fera tout pour remplir ses engagements.

 

Pour ceux et celles qui pourraient encore en douter, j’affirme que le soutien de Charles Fong Loi a été sans condition. Ce sont les racontars d’en face, vexés de la conversion de Charles à la cause gouvernementale, qui ont fait propager des mensonges sur des soit disant sucettes que Charles aurait monnayé en échange de son soutien. C’est le même discours diffamant qu’ils ont collé à Isabelle Sachet, que je vous demande d’applaudir, suite à son soutien à la majorité gouvernementale. Il n’y a pas de sucettes. Je n’accepte que des soutiens sans condition. Je veux changer les méthodes politiques d’antan.

 

 

Le camp orange et surtout leur chef sont convaincus qu’il y a des sucettes parce qu’ils pensent que j’applique la méthode qu’ils auraient, eux, appliquée pour obtenir un ralliement. J’ai l’ai déjà dit : Flosse, c’est Flosse. Fritch, c’est Fritch. Ils auraient souhaité que Fritch, c’est Flosse, c’est-à-dire Fritch, le pantin de Flosse. Ils se sont trompés. J’ai ma dignité et je tiens à me regarder dans le miroir sans honte et en paix avec ma conscience.

 

Je tenais à cette occasion vous apporter ce premier éclairage pour vous dire à nouveau que ce gouvernement est entièrement dédié au redressement économique de notre pays. Il dédie aussi sa force à prendre en charge avec courage et détermination, les grandes réformes incontournables de notre pays, telles que celle de la protection sociale généralisée, celle du Code du travail, celles de la santé, celle de l’éducation, celles de la jeunesse, celle de la famille, celle de la fiscalité, celle des investissements privés, celle de la transition énergétique, etc. La liste des réformes est longue parce que notre pays a pris du retard suite à l’instabilité destructrice qui a sévi ces dix dernières années. Cette instabilité n’a pas totalement disparu. Certes, il n’y a pas eu de renversement de gouvernement depuis cette mandature, mais l’esprit de l’instabilité est toujours présent dans les comportements et les combinaisons de l’opposition, enfin de certains de l’opposition. S’ils avaient les 35 élus pour me renverser, nous aurions subi un nouveau 7/7/7.  Dieu merci, ils ne l’ont pas, grâce à l’unité et à la conviction de nos 28 Représentants.

 

Vous avez en face de vous, un gouvernement qui travaille et qui se bat pour que notre pays et son économie puissent produire de la richesse, s’engager sur le chemin de la prospérité afin de créer les emplois, les logements, les financements suffisants pour notre système de retraite et de santé, pour nos infrastructures publiques, pour le désenclavement de nos archipels, pour nos transports interinsulaires, etc.

 

Ayez confiance en notre détermination. Ayez confiance en notre capacité à faire face aux défis que notre pays a à relever. Grâce à la longue expérience politique que j’ai déjà accumulée, et grâce à l’expérience de certains d’entre nous, je crois pouvoir vous dire que j’ai un très bon gouvernement. J’espère pouvoir vous dire dans quelque temps, qu’ils seront passés du qualificatif « très bon » à « excellent ». Ils y arriveront, j’en suis sûr. N’oublions pas que certains d’entre eux sont à leur première expérience gouvernementale ; Nicole, Heremoana, Tea.

 

Je vous demande de nous faire confiance et je sais que la confiance ne se décrète pas. Elle se mérite.

 

La confiance se mérite par le travail réalisé ; elle se mérite par les résultats obtenus ; elle se mérite par le bien apporté à la vie de nos citoyens ; elle se mérite par la cohérence des actes et des paroles. Nous faisons tout pour être sur ces lignes de comportements et de valeurs.

 

Nous sommes heureux de constater que nous sommes bien sur cette voie. Vendredi dernier, les médias ont relayé deux informations très importantes. D’un côté, les tableaux de bord de l’ISPF permettent d’affirmer, et je cite Tahiti Infos « qu’il y a des signes de reprises ». Je cite également Thierry Paulais, directeur de l’AFD en Polynésie française, « la croissance est de retour et le directeur souligne son optimisme en matière de relance de l’économie ». L’octroi de petits crédits aux communes de Polynésie Française est un signe fort de cet optimisme.

 

Ce sont, mes chers amis, des signes très encourageants. Mais, nous ne sommes pas encore totalement sortis de nos problèmes. Nous étions, ces dernières années dans un tunnel noir. Beaucoup de familles sont tombées dans le chômage. Aujourd’hui, les signes nous montrent que les lueurs de l’espoir sont désormais visibles. Nous devons donc continuer à garder le cap. Nous y arriverons parce que j’ai une majorité composée d’hommes et de femmes solides, courageux, convaincus et travaillant pour l’intérêt général.  

 

 

En outre, nos grands investisseurs locaux continuent à investir. Le groupe WANE, le groupe MALMEZAC, le groupe MOUX, le groupe FOURCADE-SOLARI. A ce jour, nous avons identifié plus de 7 milliards de francs prêts à être injectés dans notre économie, par la TEP, par le projet de la nouvelle Clinique de Punaauia, des projets immobiliers. Oui, nos investisseurs locaux sont courageux  et continuent à croire en notre pays. Cela me réjouit et me convainc que nous nous en sortirons.

 

Je suis aussi heureux de vous dire que le grand projet aquacole de Hao et le grand projet de Tahiti Mahana Beach sont en très bonne voie d’aboutir.

 

Sur le projet de Hao, nous sommes entrain d’instruire les permis de terrassement et de construction déposés il y a quelques semaines. C’est concret. Nous pensons que le chantier pourrait démarrer au cours du premier semestre de 2016.

 

Sur le projet Tahiti Mahana Beach, nous sommes arrivés au terme de la procédure d’appel d’offre international qui va nous permettre dans quelques jours de dire publiquement qui  sera retenu pour ce grand chantier. Les premiers travaux liés à ce grand chantier seront également entamés vers le début du second semestre 2016.

 

Ces deux grands chantiers totalisent plus de 300 milliards d’investissement.

 

Tout cela, c’est du concret. Ce n’est pas du vent comme l’affirme mon ex beau-père ! Lui, vous a vendu du rêve entre mai 2013 et septembre 2014. Il s’exprimait toutes les semaines pour vous dire que les chinois sont à nos portes, prêts à dépenser leurs milliards.

 

Ce n’était que du vent ! En septembre 2014, lorsque je suis arrivé à la présidence, le projet Tahiti Mahana Beach se résumait à des esquisses et à la disponibilité de la moitié du foncier. Pas un dollar, pas un yuan prêt à être investi par les chinois. Il y avait uniquement le président qui voulait dépenser près de 12 milliards sur les fonds du pays pour effectuer un remblai sans être sûr s’il y aura ou non un investissement confirmé.

 

Ce président a donc voulu recommencer ce qu’il avait déjà fait avec Faratea, avec Tea Ara Nui, avec le port d’Uturoa. Dépenser des milliards du pays sans s’assurer que tout sera bouclé, que tout ira jusqu’au bout. C’est cela brasser du vent avec un gaspillage de fonds publics. Il a brassé du vent pour nous faire croire qu’il est le seul à être capable de diriger ce pays. A part lui, tout le monde est nul.

 

Prenez également le logement social. A fin 2013, 33 logements nouveaux créés. Dans notre bilan, en une année, notre ministre du logement, Tearii ALPHA,  aura attribué un total de  284 logements nouveaux et près de 650 aides à l’habitat dispersé de 400.000 à 800.000 francs pour la rénovation des maisons particulières. C’est un résultat concret. Ce n’est pas du vent. Bravo à notre ministre du logement. La semaine prochaine, nous serons en capacité de lancer 3 autres projets financés par Contrat de projets.

 

En matière d’équipements et d’infrastructures, en matière d’aménagements touristiques, en matière de télécommunications, nous progressons.

 

Certes, on nous reproche amicalement de ne pas suffisamment communiquer pour informer que ce que nous faisons. Je ne veux pas être un président qui va vous faire rêver sur du vent. Je ne veux pas toutes les semaines clamer gratuitement et avec démagogie que tout va bien.

 

Je suis plutôt un président du genre à venir vous vendre de l’espoir sur des choses concrètes et réalistes. Lorsque le premier permis sera délivré pour le chantier aquacole de Hao, toute la Polynésie m’entendra avec abondance à ce moment-là.

Je serai présent pour vous délivrer du concret. Je pourrai et je saurai vous faire rêver sur des choses concrètes. C’est ma manière d’agir, c’est mon style de gouvernance. La confiance ne se bâtit pas sur du vent. Dans ma conception, elle doit se bâtir sur des réalités. En effet, notre population attend des emplois. Seules des réalisations concrètes pourront les créer. Le chômage est un sujet grave. C’est un sujet qui touche la dignité des personnes. Je ne veux pas jouer avec la dignité des gens. Je ne veux donner que de vrais espoirs à nos jeunes et à nos demandeurs d’emploi. Je ne veux pas mentir à ceux qui souffrent. Je ne veux pas manipuler la souffrance des gens pour me maintenir au pouvoir.

 

Ce serait un comportement odieux, méprisant et irrespectueux envers ces milliers de familles qui attendent une main secourable.

 

Je communique avec prudence parce que je veux parler vrai. Je vous ai dit, je veux de la transparence ; de la transparence dans la gestion des affaires publiques, de la transparence dans la gestion des fonds publics, de la transparence dans nos propos. Parler vrai et transparence relèvent du même état d’esprit.   

 

Mes chers amis, votre gouvernement, vos élus travaillent bien pour un idéal commun. C’est celui du bien-être et de l’intérêt général. Je veux être en phase avec ma conscience.

S’il est indispensable de relever notre économie, il est aussi indispensable de préparer le cadre de vie des générations futures. C’est pour cette raison que je me suis investi dans la préparation et la tenue de la COP21 consacrée à la question du changement climatique. Dernièrement, je me suis rendu à Paris pour être aux côtés des chefs d’état du Pacifique et du président de la République pour évoquer ensemble, le sujet du dérèglement climatique qui menace notre planète toute entière. Le combat contre le changement climatique et ses conséquences dévastatrices est un combat planétaire.

 

Il est donc important de porter ce combat avec les pays frères du Pacifique, dont la plupart possède les mêmes caractéristiques géographiques que les nôtres, avec des atolls, avec des zones de vie proches et dépendant de la mer. C’est donc également pour nous, océaniens, un vrai problème économique et nous devons nous adapter.

 

Si nous continuons à salir notre terre, notre air et nos océans, c’est notre vie humaine qui est directement menacée. L’actualité nous montre régulièrement les inondations, les débordements de rivières, les incendies de forêt, les cyclones d’une violence inédite, la fonte des glaciers, la montée des eaux, les menaces sur les berges, etc.

 

Face à ces menaces, Il est d’une part important de partager ce constat avec l’ensemble des chefs d’état et d’autre part d’amorcer la mise en place d’actions de correction et de sauvetage de notre environnement. L’air que nous respirons et la mer que nous exploitons sont les mêmes que ceux de nos voisins. Chaque pays a donc sa part de responsabilité, chaque pays doit porter et opérer les changements indispensables à la préservation de l’air, des océans et de la terre.

 

C’est aussi dans cet esprit de solidarité planétaire que les petits états du Pacifique ont demandé d’avoir accès plus facilement au Fond Vert de l’ONU, doté de 100 milliards de dollars par an. Ce n’est pas de la mendicité, mais la participation des nations destructrices à la réparation des dégâts qu’ils causent aux pays plus vulnérables comme ceux du Pacifique insulaire.

 

Pour la Polynésie française, nous avons adopté, il y a quelques mois, notre Plan Climat Energie qui doit nous amener à être moins dépendant des énergies fossiles (pétrole, gaz) et qui doit en même temps nous amener à mieux valoriser nos énergies naturelles issues notamment du soleil, des rivières, du vent, des courants marins, des profondeurs glacés des océans et de notre biomasse. Les premiers véhicules électriques ou hybrides sont arrivés. Ils sont détaxés pour inciter nos concitoyens à en acquérir.

Les habitations et nos entreprises s’équipent en solaire. De plus en plus de communes produisent de l’électricité avec des centrales hybrides, avec des turbines hydroélectriques. Nous sommes un peuple encore proche de la nature et nous savons combien cette nature est précieuse pour notre vie quotidienne. L’expérience nous montre aussi que cette nature peut être menacée durablement par nos dépotoirs sauvages, par nos déchets toxiques jetés ça et là.

 

Notre planète, notre terre a besoin de nous pour la protéger comme nous avons besoin d’elle pour vivre et exister.   

 

Dans quelques jours, nous débattrons du budget 2016. Je voudrais juste en quelques mots vous dire deux éléments importants. Le premier est que j’ai demandé à notre vice-président en charge des finances d’instaurer à nouveau une pause fiscale pour l’année 2016.

Nos entreprises et nos familles ne peuvent plus supporter une pression fiscale supplémentaire. Le second est que le budget 2016 donnera la priorité des finances aux investissements et moins au fonctionnement. Nous augmenterons nos efforts d’investissements sur le logement social, sur les équipements publics, sur les investissements communaux, sur le soutien à la défiscalisation locale et sur la valorisation de nos propres ressources.   

 

Pardonnez-moi d’avoir été un peu long, alors que je n’ai pas pu tout vous livrer, notamment sur la réforme de la PSG, sur la nouvelle organisation sanitaire, sur nos projets éducatifs, sur la jeunesse, sur la culture, etc.

 

En tout cas, je vous remercie d’être venus nombreux partager ce moment de convivialité et d’amitié. Vos questions permettront peut-être de compléter des sujets que je n’ai pas abordés et qui vous tiennent à cœur.

             

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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