DISCOURS

Sommet France- Océanie

 

26 novembre – Palais de l’Elysée



Déclaration du président Edouard Fritch

 

en tant que chef des délégations de Polynésie

 

Monsieur le Président,

 

Nous tenons en premier lieu à adresser toute notre compassion au peuple français à la suite des attentats terroristes qui ont frappé la France et à vous exprimer tout notre soutien dans votre détermination à lutter contre les auteurs et les commanditaires de ces actes barbares qui tendent à remettre en cause l’équilibre mondial.    

 

Merci pour votre accueil. Merci pour avoir maintenu cette rencontre.

 

 

Nous, les pays et territoires insulaires du Pacifique figurant parmi les plus vulnérables dans le monde,  attendons de la COP 21 un accord universel, juridiquement contraignant, dynamique et durable, établissant des règles et des mécanismes pour limiter le réchauffement climatique et que les pays s’engagent à stabiliser la hausse des températures moyennes bien en-dessous de 2° ou 1,5°C d’ici à 2100. Nous appelons à ce que les pertes et préjudices soient pris en compte dans les conclusions de la Conférence Paris Climat.

 

Nous, pays et territoires insulaires du Pacifique, représentons une superficie de 10 millions de km2 de zone économique exclusive. Nous appelons encore à la reconnaissance de notre vulnérabilité face aux dérèglements climatiques qui menacent notre intégrité territoriale. Nous demandons le soutien de la France pour la reconnaissance, dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, pour que soient fixées de manière permanente les lignes de surface des terres émergées, sans qu’il soit tenu compte de la hausse du niveau de l’océan.

 

Pour accompagner le développement économique de notre région impactée par les effets climatiques, nous souhaitons que les fonds mobilisés soient rapidement et directement accessibles, notamment via le Fonds Vert pour le climat, le Fonds d’adaptation et d’autres ressources multilatérales. Mais nous soulignons que ces fonds ne devraient pas être octroyés sous forme de prêts ou d’aides remboursables car cela conduirait à une augmentation de la dette ou à une réorientation des ressources destinées à d’autres priorités de développement des petits Etats ou territoires insulaires du Pacifique.

 

Pour une parfaite prévention des risques de catastrophes naturelles, nous souhaitons pouvoir intégrer les réseaux d’échange d’information pour accroître de manière significative les capacités des systèmes d’alerte précoces.

 

Nous saluons l’engagement pris par la France, l’Australie et la Nouvelle-Zélande d’aider la région en cas de catastrophes naturelles dans le cadre de l’accord FRANZ.

 

Nous saluons également l’engagement de la France pour que l’Agence Française de Développement (AFD) poursuive une nouvelle phase du programme RESCUE, et que le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), en partenariat avec le Programme Régional Océanien de l’Environnement (PROE), instruise dès 2016 un projet consacré aux questions de résilience aux changements climatiques. Nous accueillons favorablement la confirmation de l’affectation d’un nouvel expert détaché pour soutenir encore plus efficacement le PROE.

 

Nous demandons à la France de soutenir les actions de la Communauté du Pacifique (CPS) au travers d’un document-cadre d’actions pour une stratégie de coopération pluriannuelle.

 

Concernant la conservation durable de nos espèces maritimes, nous continuerons, en partenariat avec la communauté internationale, à avoir recours aux technologies d’imagerie par satellite ainsi qu’aux autres technologies disponibles pour lutter contre l’exploitation illicite ou non déclarée des ressources de la mer.

 

Nous soutiendrons la création d’aires marines protégées, gérées localement, à l’image de ce qui est déjà entrepris en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie ou aux Iles Cook, dans le souci d’une bonne gouvernance des pêches et de nos ressources maritimes.

Nous souhaitons renforcer la coopération entre l’ensemble des pays et territoires du Pacifique, et nous en appelons à l’intensification des flux commerciaux intra-régionaux, avec l’Union européenne et la France afin que l’intégration régionale et la croissance économique nous soient bénéfiques.

 

En ce sens, nous encourageons les initiatives visant à mieux relier nos pays et territoires en développant des interconnexions aériennes et maritimes, mais également les communications électroniques permettant la diffusion et le partage des connaissances, notamment par les câbles optiques sous-marins qui nous relient entre nous et avec le reste du monde.

 

Nous souhaitons favoriser le développement relevant des activités des économies bleues et vertes, tout en souhaitant un soutien dans notre transition énergétique vers la production d’énergies renouvelables pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles.

 

Nous souhaitons également définir un cadre juridique strict pour l’exploitation des ressources minérales sous-marines et optimiser les possibilités d’exploitation durable des ressources.

 

Au-delà de l’économie, nous voulons accroître nos échanges culturels et humains dans le respect de la diversité de nos langues, de nos cultures et de nos traditions. Nous souhaitons ainsi faciliter la circulation des personnes pour contribuer au développement des relations entre nos pays et territoires et favoriser la mobilité des jeunes dans les cadres scolaires, universitaires, linguistiques, sportifs et de formation professionnelle.

 

Notre Océan, « Te Moana o Hiva », détient de nombreuses richesses. Nous affirmons avec force que notre collaboration avec les pays les plus industrialisés ne peut qu’être fonction de leurs efforts pour atténuer leurs émissions de gaz à effet de serre

Nous émettons le vœu que cette COP 21 se concrétise comme étant le Défi de Paris pour les îles et les océans.

 

Nous vous remercions Monsieur le président pour votre écoute et pour votre soutien.

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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