DISCOURS

Allocution du Président de la Polynésie française lors du séminaire "Parents, enfants, parentalité, liens intergénérationnels et construction du sujet"

 

 

Monsieur le Haut-Commissaire de la République,

 

Monsieur le maire,

 

Mesdames les ministres,

 

Mesdames les Présidentes de l’AFAREP, de l’APAJ, du GRVP,

 

Mesdames, messieurs,

 

 

Je suis particulièrement heureux d’être associé à l’ouverture de ce séminaire centré sur la thématique de la relation parents/enfants dont nous mesurons tous les enjeux à un moment où celle-ci est, plus que jamais, questionnée au travers de faits divers, dont l’horreur a profondément ébranlé notre société.

 

Pour en avoir une expérience intime, tout le monde sait ou croit savoir ce qu’est la parentalité et, d’une manière plus générale, la famille. Il est de fait que, pour avoir transcendé le temps, celle-ci apparaît comme une institution allant de soi.

Et pourtant, elle est loin d’être figée dans des structures immuables.

 

Le modèle de la famille polynésienne élargie, garante des transmissions intergénérationnelles, tend à disparaître. Le travail des femmes, l’instabilité conjugale, la montée de l’individualisation et la valorisation de l’autonomie conjugale et individuelle, enfin la précarité de certains de nos concitoyens, constituent autant de facteurs susceptibles de fragiliserle lien parental.

 

En témoignent les expressions « familles traditionnelles, nombreuses, élargies, nucléaires, recomposées, monoparentales, qui recouvrent autant de modèles familiaux que nous voyons coexister aujourd'hui. D’aucuns vont jusqu’à dénoncer une crise de la famille.

Alors, comment parler de la famille dans ces conditions. Pour ma part, je dirai tout simplement comme avant.

 

Ne reste-t-elle pas après tout le lieu où l’on naît, grandit, apprend à vivre la fraternité, le partage, la tolérance, décide de sa carrière professionnelle, forge son mode de vie ?  

 

Les repères ont beau sembler brouillés,la famille reste la base de notre société, le creuset où se construisent l’équilibre émotionnel et affectif, enfin la socialisation qui doit permettre à tout un chacun d’évoluer sainement dans un environnement devenu plus complexe.

En ce sens, la famille demeure le meilleur garant de la cohésion sociale de notre pays, le premier maillon où se transmettent les valeurs et les repères, où nous faisons l’apprentissage de l’autorité, de l’affection et du respect ;en somme le lieuoù se forge une part essentielle de notre « patrimoine » personnel et de notre identité.

 

Avons-nous vraiment besoin qu’on nous dise l’importance du rôle des parents dans le développement de l’enfant ; qu’il a autant besoin de son père que de sa mère pour grandir ; ou encore qu’une relation aimante est essentielle pour qu'il acquière de la confiance et de l'estime de soi ; voire enfin l’importance des limites qu’il faut lui fixer pour qu’il développe un comportement acceptable ? Ne sont-ce pas là autant de préceptes issus d’une sagesse populaire multiséculaire ?

 

Certes, dans un monde épris d’épanouissement individuel et soumis à de nombreuses sollicitations, les parents sont confrontés à des défis nouveaux et la vulnérabilité des familles contemporaines apparaît de façon de plus en plus criante.

 

Nous avons tous vécus ou été témoins du découragement d’une mère ou d’un père : « Il ne respecte rien, ne s’intéresse à rien, se moque de tout… »Qui n’a pas entendu des parents désespérés clamer leur impuissance en des termes peu ou prou analogues ? Et nous ne pouvons que partager leur inquiétude ; car, au final, pointe le spectre de l’échec scolaire, de la marginalisation, de l’intolérance et de la violence.

 

Alors comment transmettre à nos enfants le goût du travail et de l’effort, le respect des personnes comme des biens, les vertus du courage, de la dignité, le sens de la politesse, en somme toutes ces valeurs qui leur permettront de sortir de leur errance, sinon en redonnant toutes ses lettres de noblesse à l’institution familiale ? La société et les comportements ont beau changer, les parents restent une figure essentielle dans le bon développement de l’enfant.

 

Il n’en demeure pas moins, comme Françoise DOLTOl’a du reste fort justement souligné Françoise DOLTO: « qu’on ne naît pas parent, mais qu’on le devient ».

 

C’est pourquoi toutes ces fragilités auxquelles la vie familiale est exposée ne font que renforcer la nécessité de promouvoir l’institution familiale. 

 

C’est dans ce but que lavolonté politique d’accompagnement de nos familles et de leurs enfants a amorcé récemment une nouvelle étape. Je fais référence à l’ouverture, à Faaa, puis à Punaauia, et bientôt à Taravao, de maisons de l’enfance qui illustrent la détermination des institutions à soutenir nos familles et nos enfants vivant momentanément une situation de fragilité.

 

C’est dans ce même but que Mesdames les ministres, respectivement en charge de l’éducation et de la famille ont apporté un soutien appuyé à ce projet de recherche-action formation, porté par l’AFAREP,  le GRPV, l’APAJ  et la commune de FAAA, dont il est attendu qu’il permette de co-créer de nouveaux outils pertinents et innovants de prévention de la violence.Les ministères concernés y prendront  toute leur part  en finançant la participation des acteurs clés du monde de l’éducation et de notre tissu associatif avec la volonté forte de développer des partenariats avec tous les acteurs de la prévention.

 

C’est toujours dans le même but que j’entends organiser prochainement des assises de la famille visant à garantir la mise en œuvre des mesures destinées à lutter contre les différentes formes de violence qui gangrènent notre société.

 

Mais, quelles que soient les politiques publiques conçues à l’adresse des familles, et elles sont nombreuses, elles ne seront jamais suffisantes. La Polynésie française peut faire beaucoup, mais elle ne peut tout faire seule.

 

Nous sommes aujourd’hui confrontés à une situation, qui pour puiser ses racines dans des causes sont multifactorielles,   appelle à la réflexion et à la mobilisation de toutes les forces vives de notre pays  qui accompagnent de près ou de loin la jeunesse de notre pays.

C’est pourquoi je suis particulièrement sensible à votre initiative, dont l’objectif affiché est de dégager des outils contextuels de prévention.  

 

Soyez assurés que je suivrai vos travaux et les préconisations qui en résulteront avec beaucoup d’attention. 

 

Je suis ravi de constater combien ce séminaire est mobilisateur.

 

L'importance et la diversité des personnalités présentes à l’occasion de son ouverture, me conforte dans le sentiment que les questions se rapportant à la parentalité sont l'affaire de toutes et de tous et, qu’au-delà des difficultés que nous rencontrons, la valeur « famille » a encore de beaux jours devant elle en Polynésie française.

 

Je ne doute pas, qu’ensembles, en conjuguant nos efforts et nos moyens d'action, nous réussirons à construire une véritable politique d'accompagnement parental à même d’assurer le bien-être de nos familles. 

Je vous remercie de votre attention.

 

 

 

 

 

 

 

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

Liens utiles

 

-www.net.pf

 

-www.innovation-publique.pf