DISCOURS

Jeudi 29 octobre 2015

Débat d’orientation budgétaire

Allocution du président Edouard Fritch

 

 

Monsieur le président de l’assemblée,

Monsieur le sénateur, vice-président du gouvernement,

Madame la sénatrice,

Mesdames et messieurs les représentants

Mesdames et messieurs,

 

Chers amis,

 

 

 

 

Vous comprendrez que je sois obligé de démarrer mon discours par une ovation à notre ami et fidèle Putai TAAE qui sera désigné maire de Papara demain à cette même heure. Nous avons des leçons à tirer de la victoire de Putai et de sa liste. Pour ma part, sa victoire est une grande et réelle leçon d’humilité. Beaucoup d’entre nous avons jugé et sous-estimé Putai sur son apparence. Nous avons entendu les qualificatifs péjoratifs répandus sur Putai durant la campagne de Papara. Je ne les citerai pas ici, vous les connaissez. Aujourd’hui, Putai a démontré par ses actes et son courage que ces insultes sont devenues dérisoires.

 

Mes chers amis, non seulement il est arrivé en tête des quatre listes présentes au second tour, il devance la seconde liste de plus de 600 voix. La volonté de la population de Papara est claire, nette et sans ambiguïté.

 

La victoire de Putai est aussi sans bavure ; sans bavure car il n’y a pas de CAE, ni de fare MTR, ni des promesses qui soient de nature clientéliste dans la campagne de Putai. Que le grand perdant des municipales de Papara, perde dans le fair play et dans la dignité, et non dans la calomnie.

 

L’an dernier, à la même époque, je vous annonçais mon intention de rompre avec l’exercice de la succession de longs monologues imposés par le débat d’orientation budgétaire qui n’avait de débat que le nom.

 

Pour donner plus de transparence à l’exercice 2016, le gouvernement a souhaité modifier la présentation de son rapport en améliorant sa lisibilité et en harmonisant la présentation des différentes politiques sectorielles dans un format unique.

 

L’objectif ainsi recherché est clairement de redonner à ce préalable à l’examen du projet de budget primitif pour l’exercice à venir, tous les éléments de clarté permettant la tenue d’un débat d’orientation budgétaire ouvert, transparent et fructueux.

 

Ainsi, la Commission des finances de l’Assemblée a pu auditionner durant près de 10 jours, l’ensemble des ministres par demies journées afin que ces derniers puissent vous présenter leurs objectifs de politique sectorielle et que vous puissiez échanger avec eux.

 

Bref, il y a déjà eu un vrai débat en amont de cette séance d’aujourd’hui, aussi je ne serais bien évidemment pas exhaustif dans mon intervention.

 

Le document final du gouvernement se présente ainsi en deux tomes distincts.

 

Un premier tome qui présente l'environnement économique général international, national et local, les éléments de construction du budget pour le prochain exercice et enfin les grandes orientations budgétaires du Pays à court et moyen termes.

 

Un second tome présente pour sa part les différentes politiques publiques sectorielles conduites par les différents ministères sous la forme d'un projet annuel de performances (PAP). Ce document suit ainsi l'organisation du budget général et présente pour chaque mission et programme les principaux objectifs de politiques publiques, les indicateurs de performance correspondants ainsi que les principales actions qui seront menées pour atteindre ces objectifs.

Vous l’aurez compris, le projet annuel de performances (PAP) a pour objectif de donner une meilleure lisibilité et une plus grande transparence à l'action publique en précisant pour chaque politique sectorielle les objectifs poursuivis, les indicateurs retenus et les moyens budgétaires et fiscaux qui leur sont alloués pour être proposés au vote de l'Assemblée de la Polynésie française.

 

Ce document de référence servira par ailleurs de support à l'évaluation de l’ensemble des actions publiques sectorielles qui sera faite lors de la présentation du compte administratif 2016 en juin 2017.

 

A ce titre, et ce pour la première fois, vous serez ainsi véritablement informés de l’avancement réel des politiques sectorielles et pourrez, de ce fait, pleinement jouer votre rôle de contrôle de l’action du gouvernement.

 

Venons-en aux grands indicateurs de la construction budgétaire.

 

Après un long déclin amorcé depuis 2008, l’économie polynésienne s’est engagée dans un processus de redressement économique et financier après les élections des mois d’avril et de mai 2013.

 

Les mesures fiscales et budgétaires prises en juillet 2013 par la nouvelle majorité issue des urnes, de même que la relance importante de la commande publique amorcée au second semestre 2013 et poursuivie l’année suivante par un financement obligataire, le premier depuis 2001, auront permis en 2014 à l’économie polynésienne de renouer enfin avec une croissance positive de son produit intérieur brut de 1,8%.

 

Ce rebond économique aura par ailleurs permis d’enrayer le cycle de destruction d’emplois et de revenir, depuis le second semestre 2014, à une croissance positive de l’emploi salarié, même si son niveau reste très limité au regard des pertes d’emplois enregistrées depuis 2007.

 

 

 

A fin août 2015, les principales recettes fiscales, TVA et droits d’entrée notamment, enregistrent une croissance forte de près de 5%, semblant confirmer une reprise économique anticipée depuis plusieurs mois et non plus assise sur la seule relance de la commande publique, mais aussi sur une reprise attendue depuis longtemps de la consommation des ménages.

 

Les indicateurs économiques publiés tout au long de cette première partie de l’année 2015 confirment ainsi le redressement de l'économie polynésienne, après plusieurs années de décroissance. L’indicateur du climat des affaires connaît un rebond au deuxième trimestre 2015 (+1,3 point), confortant ainsi sa position établie nettement au-dessus de sa moyenne de longue période depuis un an et demi.

 

Le retour des bailleurs de fonds initié en 2014 s’est confirmé par un rapide bouclage du plan de financement pour l'exercice 2015 réalisé sans aucune difficulté, alors qu’il aura fallu en 2012 la mise en place d’une dotation exceptionnelle de l’Etat à hauteur de 6 milliards FCFP pour éviter une perdition économique annoncée.

 

Parallèlement à ces actions de redressement qui commencent à porter leurs fruits, le gouvernement a choisi de poursuivre la trajectoire de désendettement progressif initiée dans le cadre du budget 2014 pour retrouver une plus grande flexibilité budgétaire et préserver les capacités financières de notre collectivité pour les générations futures.

 

Dans le même temps, des mesures de maîtrise budgétaire de même que la poursuite du processus d’assainissement des comptes publics par des dotations adéquates en matière d’admissions en non-valeur, d’amortissement et de provisions seront prévues dans la continuité de celles qui auront été comptabilisées en 2015 afin de retrouver une flexibilité budgétaire suffisante.

 

Sur ce point, il est important de rappeler que l’avance de trésorerie remboursable de 5 milliards FCFP consentie par l’Etat en décembre 2013 sera totalement remboursée en décembre 2015, sans aucun retard, cela conformément aux engagements pris par le gouvernement de la Polynésie française.

Le gouvernement poursuivra en 2016 les actions de redressement de nos comptes publics initiées dès 2013 et dont nous voyons aujourd’hui se confirmer les premiers résultats.

 

Par-delà les vicissitudes politiques du moment et les réactions immédiates et de court terme aux diverses annonces économiques, le véritable redressement économique et financier de la Polynésie française se construit progressivement depuis plus de deux années et se poursuivra en 2016.

 

Après les efforts sollicités de nos entreprises et de notre population lors de la réforme fiscale de 2013, le gouvernement s’associe en s’astreignant à un devoir de maîtrise budgétaire renforcée avec un objectif de réduction des dépenses de fonctionnement de 3,5%, tout en apportant un soutien maintenu à la commande publique notamment dans le domaine du logement.

 

La pause fiscale est prorogée – je le redis bien, il n’y a pas de nouveaux impôts - pour donner de la visibilité aux acteurs économiques. Au contraire de cela, nous proposerons dès l‘année 2016 des diminutions d’impôts, notamment pour la transition énergétique et des simplifications pour plus de lisibilité, des aménagements ou étalements de paiement facilités pour accompagner les contribuables qui connaissent des difficultés.

 

La réforme en cours de nos systèmes d’organisation sanitaire et de protection sociale généralisée sont autant des mesures et principes qui constituent les grandes orientations du projet de budget pour l’exercice 2016 qui sera prochainement soumis à l’examen de l’Assemblée de la Polynésie française.

 

***

 

 

 

 

 

Dans le cadre de la relance économique, nous renforcerons l'accompagnement des investisseurs privés locaux par l'adaptation des dispositifs incitatifs, la coordination des services publics et la simplification des procédures de l’administration. Nous accompagnerons également la refondation de l'économie par l’émergence de nouvelles filières, de nouveaux métiers, hors de la bulle artificielle construite autour de la rente nucléaire.

 

Ce soutien aux projets polynésiens passe par la modification de la Loi relative aux grands projets. Il convient d’adapter le niveau d’incitation en fonction de seuils d’investissement progressifs en vue de la relance de projets économiques de tailles différentes pour inciter les investisseurs locaux à déclencher leurs projets, parallèlement au démarrage des grands projets de portée internationale.

 

Ces investisseurs locaux seront, comme ils le souhaitent, accompagnés dans leurs démarches administratives qui seront facilitées.

 

Il est essentiel également, voire crucial pour les Polynésiens de trouver de nouvelles sources d’activité économiques et les relais de croissance nécessaires pour combler les trous laissés par cette série de chocs économiques et assurer un avenir, au Fenua, aux milliers de jeunes diplômés ou non qui arrivent chaque année sur le marché du travail, hors des mécanismes financés par le budget de la Polynésie et la redistribution locale issue des transferts de l’Etat.

 

Le tourisme reste à ce jour et durablement le premier moteur de développement de nos ressources propres et le ministère en charge du secteur déploie une stratégie volontariste en vue de poursuivre les efforts menés depuis plusieurs décennies en faveur du développement des produits touristiques polynésiens.

 

 

 

 

 

 

Pour cela nous devons maintenir les efforts de promotion et je tiens à saluer, à ce titre, le travail du GIE Tahiti Tourisme. Nous poursuivrons dans cette voie. Tout d’abord en partant à la conquête des nouveaux marchés émergents. En premier lieu le marché chinois, premier marché émetteur du monde (100 millions de touristes en 2014) mais aussi l’Amérique du Sud, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Nous ne délaissons pas pour autant nos marchés historiques, les Etats-Unis et l’Europe.

 

Les touristes sont aujourd’hui connectés et les modes de promotion traditionnels doivent être complétés par des outils basés sur les nouvelles technologies. Le e-tourisme est un des chantiers que le ministère du tourisme ouvrira dès 2016, pour le développement d’une plateforme web offrant, sur Internet, la possibilité de préparer son séjour en Polynésie française.

 

Mais l’accroissement de la fréquentation touristique reste aujourd’hui limitée par la capacité d’accueil de nos réceptifs et par la concentration de nos visiteurs, d’abord géographiquement (Bora Bora est la destination privilégiée) mais aussi dans le temps, c'est-à-dire de juin à octobre.

 

Nous allons donc, d’une part, améliorer la visibilité des îles autres que Bora Bora et, d’autre part, mieux investir les marchés de l’hémisphère Sud qui, comme le marché chinois, voyagent plus facilement en dehors de l’actuelle haute saison.

 

Le tourisme de croisière présente aussi, en la Polynésie française, un fort potentiel de développement. Le travail entrepris de concert avec les professionnels, que ce soit au salon Seatrade de Miami ou à l’occasion de manifestations comme le tout premier South Pacific Cruise Forum, organisé ces derniers jours à Papeete, porte ses fruits.

 

Le nombre d’escales de paquebots est passé de 450 en 2013 à plus de 700 en 2015 et ce chiffre progressera encore en 2016. Des compagnies telles que Carnival Cruise, Ponant ou Hainan étudient la possibilité de baser, dès 2017, un paquebot à Papeete.

 

C’est pourquoi nous nous sommes engagés à améliorer les conditions d’accueil de ces croisiéristes. Les équipements à terre de PaoPao et Papetoai, à Moorea, sont en cours de finalisation. Une étude est en cours afin d’aménager une zone de débarquement et de loisirs sur la plage de Makarea à Fakarava et le port autonome a engagé les études relatives à la construction d’un ensemble d’accueil des croisiéristes à Papeete, comprenant une gare maritime adaptée mais aussi des espaces touristiques aménagés.

 

L’opération comprend les aménagements des épis paquebots nord et sud, la réalisation d’une passerelle publique surélevée, les voiries et réseaux divers (parkings bus-taxis-bagages et voiries entre terminal et boulevard) et la construction d’un bâtiment terminal passagers et gestion bagages, accessible depuis la passerelle publique.

 

Le calendrier retenu prévoit une phase d’études de janvier  à octobre 2016 pour des travaux de 2017 à 2018.

 

Cette offre touristique doit être complétée par une valorisation du potentiel  de l’île de Tahiti qui est actuellement en cours. Les accès aménagés des bords de mer, les espaces de détente ou de visite seront finalisés, balisés et documentés afin que chaque étape puisse devenir un lieu de découverte. Les études réalisées en 2015 permettront, l’an prochain, la sécurisation et le balisage de chemins de randonnée.

 

La Polynésie française est une destination prisée par les navigateurs et par les riches propriétaires de grands yachts. Comme la croisière, cette niche est d’un grand intérêt pour nous car elle offre à nos concitoyens des îles de l’activité et de l’emploi.

 

 C’est pourquoi, avec le soutien de l’Etat, au travers du Contrat de projets, les équipements des Marquises et des Gambier, portes d’entrée Est pour les navigateurs, mais aussi des Tuamotu et des Australes, seront développés. L’objectif est d’offrir à cette clientèle des itinéraires de visite des archipels, équipés de marinas ou des points d’ancrage sécurisés et aménagés.

 

Mais il nous faut aussi améliorer notre capacité d’accueil à terre. Dans l’immédiat, certains hôtels pourraient soit étendre leur capacité, notamment à Bora et à Tahiti, soit reprendre leur activité avec le Hilton de Tahiti comme annoncé par son propriétaire. De nombreux projets sont aussi en gestation mais cela demande un peu de temps.

 

En ce qui concerne le Tahiti Mahana Beach, dont la procédure de consultation est en cours, les offres finales des deux candidats en lice, Towercrest et RECAS, nous parviendront avant la fin du mois de novembre et j’espère signer un protocole d’accord avec le candidat retenu avant la fin de cette année.

 

Ce projet est mené de manière interministérielle avec le concours actif des services concernés par une telle programmation. L'objectif principal sur le volet économique, entre autres critères de sélection, est de s’assurer en premier lieu que l’investisseur choisi au final sera en capacité technique et financière de réaliser et de mener à terme son projet.

 

L'autre élément essentiel de l'analyse économique pour la sélection du projet final consiste à obtenir toutes les garanties nécessaires à ce que les retombées directes et indirectes du projet soient satisfaisantes pour l’économie du Pays, nos entreprises et nos demandeurs d'emplois, tant dans la phase de construction que sur le plan de l'exploitation des activités envisagées.

 

Un programme aussi ambitieux et d'une telle ampleur nécessite une approche rigoureuse, transparente et méthodique pour offrir à notre Pays le choix le plus éclairé, efficient et pertinent afin de nous assurer un développement global harmonieux sur les décennies à venir.

 

L’acheminement des touristes est aussi un sujet majeur de préoccupation et des décisions importantes ont été prises cette année pour le renouvellement de la flotte d’Air Tahiti Nui. Les négociations avec le Brésil et le Canada pour l’ouverture de nouvelles routes sont bien avancées. Le ministre a soumis à nos voisins du Pacifique l’idée de l’ouverture de la route du Corail.

 

C’est une opportunité pour les Etats du Pacifique, aujourd’hui plutôt tournés vers l’Asie et l’Australie, de capter, via Tahiti, la clientèle des deux Amériques.

 

Pour la Polynésie française, c’est aussi l’opportunité d’augmenter nos rotations vers l’Ouest de l’hémisphère Sud et vers la Chine. 

 

L’augmentation prévisionnelle du trafic aérien est un indicateur très suivi par Aéroport de Tahiti. Le gestionnaire de l’aéroport a déjà engagé des travaux de modernisation et d’agrandissement des espaces réservés aux voyageurs. L’extension de l’aérogare, puis l’agrandissement des zones de service, avec une meilleure organisation de l’espace apportera une plus grande fluidité à la circulation des voyageurs et limitera le temps de débarquement.

 

Enfin, le ministère du tourisme mettra en œuvre, dès 2016, les actions permettant d’accompagner les professionnels et de favoriser le développement du secteur. Les actions de formation, à destination des prestataires et des pensions de famille, seront renforcées, des travaux seront menés pour adapter le code du travail et il vous sera proposé de réformer et moderniser la fiscalité relative au tourisme et, notamment, la redevance pour la promotion du tourisme.

 

***

La refondation de notre économie passe également par l’accompagnement de nouvelles filières.

 

De manière non exhaustive je citerais la filière du cocotier avec la production à plus grande échelle d’huile de coco vierge, la valorisation des produits dérivés du cocotier (charbon, matériaux, artisanat, habillement…).

 

Nous soutiendrons également le développement de filières autour de l’économie éco-responsable (les véhicules propres, les dispositifs économiseur de ressources, le recyclage au sens large, les énergies nouvelles ...).

 

Il en sera de même pour le développement de l’économie numérique par la poursuite de la politique d’investissements en matière d’infrastructures opérée par l’OPT (réseau Fiber To The Home, second câble sous-marin,…) et le développement de contenus comme l’offre de Data centers, les formations au numérique type Poly 3D, les pépinières d’entreprises spécialisées…).

 

Les relais de croissance économique doivent aussi se trouver en particulier dans la remise à plat et la réorientation du secteur de la pêche industrielle polynésienne, la réorganisation du secteur de la perliculture ou le développement du secteur aquacole.

 

Dans ce secteur aquacole, le projet de ferme aquacole de Hao avance bien. Son promoteur arrive dans les prochains jours et nous l’accompagneront sur le site.

 

La direction de l’équipement et ses sous-traitants commencent les travaux de la route de contournement. L’Etat pour sa part prévoit de débuter ses travaux de dépollution dès le début de l’année 2016, après obtention des autorisations administratives ; enfin, la société Tahiti Nui Océan Food devrait débuter ses travaux mi 2016.

 

L’organisation du secteur perlicole est essentielle à son développement. Il convient donc de repenser la stratégie du secteur en matière de préservation, de production, de promotion et de commercialisation des produits perliers.

 

Sur le plan de la gestion de la ressource, il convient de préserver le potentiel de la ressource et les spécificités des populations naturelles d’huîtres perlières, gérer durablement les espaces et les activités, maîtriser les risques sanitaires et préserver les lagons.

 

Sur le plan de la production, la productivité doit être optimisée en améliorant la qualité des produits via les programmes d’assistance dédiés aux perliculteurs.

 

 

Sur le plan de la commercialisation et de la promotion nous avons ouvert le chantier de la réorganisation de la promotion et de la commercialisation des produits perliers avec le partenariat des professionnels.

 

Dans le secteur de la pêche, c’est essentiellement la pêche fraîche qui a été développée durant la dernière décennie, avec pour cible les marchés locaux et internationaux. Il est temps désormais d’élargir le spectre de la pêche polynésienne au domaine du « surgelé ».

Pour accompagner le développement du secteur, il est également nécessaire d’adapter les moyens à terre. C’est pourquoi, l’extension du port de Papeete et l’aménagement du port de Faratea sont planifiés pour le prochain exercice.

 

***

 

Le développement du secteur agricole s’articule autour de 4 axes principaux :

 

En premier lieu, tendre vers la souveraineté de la Polynésie françaiseen favorisant l’accès au foncier en poursuivant l’aménagement de nouvelles parcelles agricoles. Cette opération a déjà permis de proposer une quarantaine d’hectares en fin d’années à AFAAHITI.

 

L’agriculture doit aussi, et ce sera le deuxième axe, répondre aux attentes des citoyens et consommateurs en leur offrant des produits de qualité.

 

La protection de l’agriculture et de notre environnement contre l’introduction et la dissémination de maladies transmissibles des animaux et de ravageurs des cultures et des végétaux sera intensifiée. Le programme de surveillance des ruchers contre les maladies des abeilles comme la loque américaine se poursuivra.

 

 

 

 

Les formations en agriculture biologique dans les archipels éloignés continueront. La ferme pilote du domaine d’OPUNOHU, financée en partie par l’Union européenne au titre du programme INTEGRE, continuera de fournir aux agriculteurs et porteurs de projet les références et appuis techniques nécessaires pour leur permettre de s’engager dans une démarche qualité en agriculture biologique voire de la développer.

 

Le troisième axe sera la valorisation de tous les territoires ruraux. Il s’agira d’accompagner les démarches de production à forte valeur ajoutée en adéquation avec les potentialités de chacun des archipels.

 

Je compte sur la SA Kai Hotu Rau pour favoriser l’accessibilité de tous les producteurs aux marchés. La relance de ce dispositif de commercialisation sera facilitée par la mise en œuvre de planification déjà initiée par l’ancien ministre en charge de l’agriculture au travers des plans de campagne qui se poursuivra.

 

Le soutien à la cocoteraie et au patrimoine forestier se poursuivra par la mise à disposition sous convention à des associations de coprahculteurs de matériel et d’équipement (séchoirs à coprah notamment) destiné à faciliter l’exploitation de la cocoteraie et le renouvellement des plantations. 

 

De même, l’attribution de primes à la plantation et le développement à venir, en collaboration avec les communes, du programme de lutte contre le brontispa.

 

Par ailleurs, nous poursuivrons les programmes de formation en apiculture  afin de développer la production de miel dans les archipels.

 

Enfin, même si cela n’implique pas de budget dédié, il faut inscrire le service public de l’agriculture, ainsi je l’ai demandé, dans un mouvement de modernisation institutionnel de l’agriculture, par la refonte des statuts de la Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire et par la réorganisation du service du développement rural.

 

***

La politique du logement est une préoccupation de premier ordre pour le gouvernement.

 

En effet, sans logement, il est impossible de s'insérer dans la société et de construire un foyer.

 

Il y a pourtant de trop nombreuses familles qui vivent dans un habitat indigne et parfois dangereux, faute d'avoir les moyens nécessaires pour habiter un logement décent.

 

 Je sais que c'est une attente profonde des Polynésiens.

 

C'est pourquoi, la détermination du gouvernement à conduire une politique plus juste, qui ne laisse pas les familles dont les revenus sont les plus modestes au bord du chemin, est complète.

 

Une société forte repose sur deux piliers, le premier est l'emploi, le deuxième est le logement.

 

Le programme d'actions s'articule autour de deux axes.

 

Il s'agit, premièrement, d'apporter des réponses immédiates et concrètes  à l'urgence de la précarité qui s'est installée dans notre Pays.

 

Deuxièmement, il nous faut anticiper les évolutions afin de répondre aux besoins de la population.

 

En matière de réponses à l'urgence des situations, nous avons décidé d'augmenter les crédits budgétaires du programme d'accès au logement.

 

Ainsi, les subventions de l'Agence immobilière sociale de la Polynésie française (AISPF), association reconnue d'intérêt général, vont être doublées en 2016.

 

En 2015, ce sont 345 personnes, en situation de fragilité sociale qui ont pu bénéficier d'un logement géré par l'AISPF.

 

Notre objectif est de doubler, voire davantage, le nombre de logements pourvus par l'Association afin de mettre à la disposition des familles 200 logements dès 2016.

 

De même, l'aide familiale au logement, qui permet aux ménages attributaires d'un logement OPH de solliciter une aide du pays pour la prise en charge de leur loyer, verra son montant augmenter et permettra de soutenir 750 familles  modestes au lieu de 650 en 2015.

 

Le dispositif d'aide à l'investissement (AIM), qui  permet de soutenir la construction ou l'acquisition d'un logement neuf à usage d'habitation principale pour les particuliers, avec un plafond d'accompagnement à 2 millions FCFP, sera poursuivi en 2016. Il a déjà favorisé  94 projets de constructions pour un volume d'emprunt global de près de 1,6 milliard XPF.

 

                                                           ***

S’agissant de la relance de notre économie par la commande publique, c’est dans le secteur du bâtiment que l’on peut effectivement observer et mesurer l’impact des efforts du Pays, notamment lorsque l’on veut recenser la hausse des emplois salariés.

 

C’est pour toutes ces raisons, que mon gouvernement entend poursuivre son soutien au secteur du logement et particulièrement aux opérations du secteur du logement social.

 

En termes d’actions, nous continuerons de soutenir les grands programmes de l’OPH :

-         Les programmes d’habitats groupés

-         Les programmes d’habitats dispersés (Fare OPH)

-         Les programmes de réhabilitations du parc ancien

 

 

 

 

 

 

Parallèlement à ces mesures immédiates de soutien, il est envisagé une réorganisation administrative de la politique du logement dans le but d’assurer la mise en œuvre, le suivi et l'évaluation de la programmation pluriannuelle des opérations dans les domaines de la construction de logement social et de la rénovation urbaine, ainsi que l'ouverture d'un guichet unique pour tous les demandeurs d'aides au logement.

 

 Afin d'optimiser nos rendements en termes de livraison d'habitat dispersé ou groupé sur tout le territoire, y compris dans les archipels, et considérant le fait que les communes sont les mieux à même de décider de l'intégration de nouveaux lotissements dans leur environnement, nous avons décidé de programmer notre nouvelle politique de l'habitat en concertation étroite avec les communes.

 

En outre, afin de répondre aux attentes exprimées par les maires des archipels éloignés, nous avons proposé, pour les îles, une politique de viabilisation des parcelles domaniales dans le but de couvrir les besoins en « Fare OPH » des familles ne disposant pas d'assises foncières. Ces parcelles viabilisées seront proposées en location-vente.

 

Concernant l'habitat dans la zone urbaine, allant de Mahina à Punaauia en passant par Faa'a, la programmation des actions de relogement et de résorption de l'habitat insalubre sera nettement relancée en 2016, qu'il s'agisse d'études ou de travaux, et, autant que faire se peut, ces opérations seront intégrées au contrat de projets 2015-2020.

 

Enfin, les 9, 10 et 11 novembre, la Polynésie française accueillera les Premières Assises de l'Habitat des régions et collectivités d'Outre-mer qui doivent poser l'acte fondateur de la nouvelle politique du logement.

 

 

 

 

 

 

Le  gouvernement entend élaborer une politique renouvelée du en établissant une programmation pluriannuelle du logement social afin que les programmes de construction ne soient plus soumis aux aléas des alternances politiques, de repenser les règles, cadres et modes de financement des opérations locatives sociales en s'inspirant des autres collectivités d'Outre-mer et de réorienter l'aménagement et la construction vers le développement durable.

 

                                             ***

 

Les travaux publics sont également un élément moteur de la commande publique.

 

Pour 2016, l’action du gouvernement portera sur la poursuite de la rénovation du réseau routier de la Polynésie française. Ainsi, aux Iles- du-vent, les axes suivants ont été définis pour faciliter la circulation et sécuriser les déplacements sur le réseau existant.  

 

Pour ce qui concerne les archipels, il s’agit de poursuivre l’aménagement des routes et le revêtement des pistes en terre, pour faciliter les déplacements entre villages ou centres d’intérêts sociaux, économiques ou touristiques.

 

Au niveau des ports et aéroports, nous poursuivrons les programmes de réhabilitation, de modernisation et de réalisations des infrastructures  nécessaires au désenclavement des îles Sous-le-vent, des îles Australes, des îles Marquises et des îles Tuamotu-Gambier.

 

Pour ce faire, il convient de disposer d’un état des lieux des différentes infrastructures portuaires ou aéroportuaires, résultant d’un diagnostic de leur état général et du niveau de service attendu pour programmer des opérations lourdes de réfection ou de mise à niveau.

 

 

 

 

Par ailleurs, il est prévu au titre de ce programme d’améliorer en 2016 l’accueil des passagers par la modernisation des aérogares suite aux doléances des usagers. Les actions porteront surtout sur les Tuamotu de l’Est (Hikueru, Tatakoto, Pukarua, Reao, Vahitahi, Nukutavake et Fakarava).

 

Je vous annonce également que je ne fermerais pas les aéroports de Takume et Ua Huka tant qu’une solution alternative satisfaisante ne sera pas proposée.

 

D’autre part, après l’adoption par votre assemblée du plan de desserte interinsulaire j’ai le grand plaisir de vous annoncer que la compagnie Air Tahiti vient d’obtenir l’agrément fiscal métropolitain pour l’acquisition d’un nouvel avion.

 

En matière de protection contre les eaux,à ce jour, un recensement de 30 rivières jugées prioritaires a été réalisé sur l’île de Tahiti. Ont été retenues celles, qui sont bordées d’un habitat plus ou moins dense et dont généralement les berges sont classées en zone rouge des PPR.

 

Les travaux envisagés doivent permettre de libérer des zones aujourd’hui impropres à la construction et de sécuriser les habitations bordant ces rivières.

 

Pour chaque rivière identifiée, un diagnostic est établi et des études sont réalisées avant le lancement de travaux de calibrage.

 

***

 

Du fait d’une situation économique toujours tendue, la Puissance publique doit intensifier son accompagnement à l’attention des entreprises, notamment dans la définition de leurs besoins actuels et à venir, et des demandeurs d’emploi, afin de garantir le développement de leur autonomie au sein de notre société.

 

Par ailleurs, si la baisse de l’emploi salarié semble s’être stabilisée, le Pays doit renforcer son action afin de soutenir les embauches durables des entreprises et favoriser la professionnalisation des jeunes.

 

Dans cette optique, sera encouragée la participation financière des professionnels (patentés) à leurs propres formations afin de permettre leur maintien dans l'emploi, de favoriser le développement de leurs compétences et l'accès aux différents niveaux de la qualification professionnelle.

 

Par ailleurs, le Ministère compte poursuivre ses efforts de mise en cohérence de l’action publique en termes de programmation des besoins de formation dans les différents secteurs professionnels.

 

Enfin, un développement des dispositifs de formation en alternance ainsi que des formations qualifiantes sera effectué afin de favoriser l'insertion ou la réinsertion professionnelle des travailleurs. En effet, la formation en alternance est le mode de formation qui permet l’acquisition et la mise en pratique des compétences et connaissances nécessaires à un métier.

 

2015 restera est une année de transition de l’action publique tendant à favoriser le retour des personnes en situation précaire vers l’emploi, dans l’attente de la relance économique fondée sur des projets phares susceptibles de redynamiser les investissements et les emplois salariés.

 

Le rapprochement, formalisé fin 2014, des circonscriptions sociales (DAS) et des antennes du SEFI confirme la convergence du travail social et de l’action en faveur de l’emploi en associant le traitement immédiat des difficultés sociales avec la mise en place d’un accompagnement individualisé facilitant le retour vers l’emploi salarié de 4160 demandeurs d’emploi pour un coût de 3, 1 milliards.

 

 

 

Il convient désormais de passer d’une logique d’urgence à une logique d’accompagnement global mettant en œuvre des mesures favorisant l’autonomisation des familles. Tous les leviers contribuant à l’insertion sociale des familles seront actionnés. L’accès aux prestations de base sera simplifie et systématisé.

 

Parallèlement, un décloisonnement de l’action sociale intégrant la dimension logement (cadre de vie, quartier), transport (accessibilité aux services publics et aux zones d’activités) et formation sera recherché, de façon à favoriser une employabilité durable ou à permettre le développement de micro-projets. Les personnes en capacité de travailler seront systématiquement orientées vers un stage (CAE), un emploi aidé (aide au contrat de travail) ou une formation (remise à niveau des savoirs de base ou formation qualifiante).  

 

Pour une prise en charge de plus long terme, les familles seront accompagnées dans la gestion de leur budget (distribution d’un guide pour une alimentation équilibrée et bon marche) ou pour sortir des situations de surendettement.

 

Les solidarités intrafamiliales devront être réactivées et une information sur l’obligation alimentaire sera systématiquement rappelée.

 

Un accompagnement global des personnes vulnérables (handicapées, personnes âgées) sera garanti moyennant la mise en place d’un guichet unique.

 

Dans le même temps, les aides destinées à répondre aux besoins vitaux des familles (aides alimentaires, vestimentaires, frais médicaux…) continueront à être assurées.

A la lumière des affaires mises à jour pendant la campagne électorale à Papara, nous ne pouvons plus tolérer que nos enfants ne puissent pas bénéficier d’un repas quotidien à la cantine.

 

Aussi j’ai proposé d’étendre le complément familial à l’ensemble des familles pour que nos enfants ne soient plus pénalisés à raison des= la faiblesse des revenus de leurs parents.

Un autre chantier d’envergure – que nous aurons l’occasion de développer dans un autre cadre-  vise au travers de la réforme de la PSG à garantir à tous les Polynésiens la couverture durable des grands risques de la vie.

 

Avec 116 milliards de dépenses pour 108 milliards de recettes, la pérennité de la protection sociale des polynésiens est en situation alarmante et des reformes difficiles doivent être engagées pour redresser les trajectoires budgétaires.

 

Il convient d’agir sur les dépenses de santé par une poursuite des efforts de maîtrise médicalisée et de réorganiser l’offre de soins. La réforme devra comporter un volet prévention renforcé.

 

La lutte contre le surpoids et l’obésité sera affichée comme une priorité pour le Pays avec un objectif de réduction des prévalences de surpoids et d’obésité de – 30 % dans les 10 prochaines années. 

 

***

 

Plus globalement, en matière de santé,l’année 2016 sera consacrée à la mise en œuvre des principales orientations stratégiques décrites dans le nouveau Schéma d’Organisation Sanitaire 2015-2020 qui vous sera présenté prochainement.

 

Une réforme ambitieuse de l’organisation du système sanitaire est aujourd’hui indispensable et devra générer des actions d’efficience permettant in fine d’améliorer la réponse sanitaire. Elle consistera notamment :

-         En la mise en place d’une Autorité de régulation de la santé et de la Protection sociale chargée de la définition des orientations stratégiques, de la mise en œuvre et de la régulation de la politique de santé

 

 

-         Au regroupement de l’ensemble des structures publiques de santé de soins primaires et de prévention au sein d’un établissement public de soins primaires et de prévention

-         A la création d’une communauté hospitalière polynésienne regroupant le CHPF, Taravao, Uturoa et Taiohae.

Pour les archipels éloignés, l’instauration d’un Etablissement public de soins primaires et de prévention permettra une allocation des moyens plus ciblée et in fine une meilleure réponse sanitaire à destination des populations considérées.

 

Il s’agira également au sein de cet Etablissement public, de donner un rôle majeur aux infirmiers exerçant en poste isolé par la mise en place, dès 2016, d’un DU infirmier en soins de santé primaire insulaire permettant de renforcer les compétences de ces agents, souvent première porte d’entrée dans le circuit de soins. En terme de formation continue, il est à noter également la mise en œuvre de la formation des Agents de Santé Publique démarrée au cours du 4ème trimestre 2015 qui eux aussi contribueront à l’amélioration de la prise en charge sanitaire dans les archipels.

 

L’amélioration de la santé dans les archipels nécessite également le renforcement des équipements de transport sanitaire. A ce titre, la construction d’hélistations au niveau des hôpitaux de Moorea et d’Uturoa rendront effective les rotations héliportées vers le CHPF améliorant ainsi la prise en charge des urgences vitales. Ces projets qui seront initiés en 2016.

 

Par ailleurs, des mesures incitant l’installation de médecins libéraux dans les îles seront étudiées pour assurer une meilleure couverture des soins. De même, dans les endroits les plus reculés de la Polynésie française, une offre itinérante privée pourrait éventuellement se mettre en place par le biais d’un appel à projet. 

 

***

L’éducation reste au cœur de nos préoccupations avec pour objectif de rendre notre système éducatif ambitieux et exigeant pour se mettre au service de la réussite de tous ses élèves.

 

La création de réseaux d’éducation prioritaire (REP+), avec l’accompagnement de l’Etat, sur Faa’a, Papara et les Tuamotu, doit permettre qu’aucun élève ne soit abandonné par le système éducatif polynésien. Ces réseaux doivent contribuer à la mise en œuvre des actions qui permettent aux élèves de bénéficier de parcours individualisés en fonction de leurs capacités de développement.

 

La lutte contre le décrochage scolaire reste une priorité, notamment au travers de Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) dont l’objet est de réduire, par des actions de prévention, le nombre de sorties sans diplôme, dès le primaire, en continuité avec le secondaire  et de prendre en charge les élèves décrocheurs de plus de 16 ans en vue d'un raccrochage et/ou d'une qualification reconnue, pour une insertion sociale et professionnelle durable.

 

Un schéma directeur des formations permettra d’assurer une cohérence de l’offre de formations en Polynésie française. Le système scolaire doit définir et réguler chaque année sa carte des formations pour que les élèves choisissent une orientation en toute connaissance de cause. Cependant, la carte des formations du système scolaire doit être en adéquation constante avec l’enseignement universitaire postBac, avec le monde du travail et de l’emploi, avec la formation professionnelle, etc. C'est la raison pour laquelle il est nécessaire pour le Pays de définir ses intentions à moyen et à long terme.

 

Ainsi, le schéma directeur des formations, qui sera rendu public courant novembre 2015, a pour but de donner les orientations stratégiques de manière prospective afin de définir l'articulation de la réalisation des principaux objectifs que se fixe le Pays dans le temps grâce à un tableau de bord.

 

***

 

La Polynésie française dispose d’un environnement naturel exceptionnel. La diversité et la richesse de ses espèces et variétés animales et végétales, dont bon nombre sont endémiques, font la richesse d’un patrimoine naturel encore préservé.

Or, le développement de l’activité humaine, la croissance de ses besoins et de sa consommation en ressources, alliés aux effets mondiaux du changement climatique, fragilisent l’existence même des biodiversités terrestres et marines présentes sur le territoire.

Dès lors, l’enjeu de la politique environnementale actuelle est de définir un cadre d’action publique qui permette de rendre complémentaires développement économique, aménagement du territoire et conservation des  ressources et milieux naturels. Mieux, la protection de l’environnement polynésien et sa valorisation doivent se transformer en atouts pour le développement économique de la Polynésie française.

En 2016, les axes de travail principaux s’articuleront autour de la gestion intégrée des espaces naturels, la préservation des espèces menacées et la gestion des ressources naturelles.

En matière de prévention et de traitement des pollutions, les axes importants de travail sont :

-      la poursuite des études et travaux nécessaires à la définition de la politique sectorielle des déchets, avec notamment l’étude pour la réalisation d’une unité centrale de traitement des déchets sur Tahiti, la mise en place des premières filières de responsabilité élargie des producteurs basée sur le principe du pollueur – payeur ou la continuité des opérations de collecte des déchets ménagers dangereux (piles, huiles, batteries) et des véhicules hors d’usage sur Tahiti et dans les archipels ;

-      la résorption des décharges sauvages :le diagnostic des décharges de Tahiti et Moorea réalisé en 2015 doit se poursuivre par un programme des décharges à réhabiliter selon leur dangerosité ;

-      la mise en place du réseau d’assainissement de Papeeteet l’extension du réseau d’assainissement collectif de Moorea.

En matière culturelle, la politique s’est jusque là concentrée sur la préservation du patrimoine matériel et immatériel, sans toujours disposer des moyens utiles. Or, à l’heure où le pays cherche à développer ses ressources propres pour favoriser sa croissance économique, les richesses culturelles et le dynamisme de la création artistique locale devraient conduire à l’émergence d’une économie de la culturelle, qui mérite d’être accompagnée.

 

Les enjeux de la politique culturelle actuelle sont ainsi de trouver le juste équilibre entre se structurer pour s’inscrire comme une composante essentielle de l’économie locale, contribuer au rayonnement de la Polynésie à l’international d’une part, tout en conservant et en transmettant tout ce qui fait l’essence même de la culture polynésienne d’autre part.

 

En 2016, les axes de travail principaux  s’articuleront autour de la mise en place du statut de l’artiste et la valorisation des productions et évènements locaux, tant en Polynésie qu’à l’extérieur.

 

***

 

Mes chers amis, je vous l’avais annoncé, je n’ai pas été exhaustif mais j’ai voulu vous rappeler les grandes orientations contenues dans l’imposant document particulièrement détaillé que vous avez en votre possession.

 

Vous l’avez bien compris, les axes directeurs de la politique que nous souhaitons insuffler se concentrent toujours sur la redynamisation de notre économie, et donc de l’emploi, tout en prenant en compte le maintien de la cohésion sociale.

Je pense que nous partageons tous cette ambition. Aussi je fais appel à tous les représentants pour que nous ne perdions pas notre temps dans des joutes politiques stériles. Vous connaissez les conditions difficiles auxquelles notre gouvernement est confronté.

J’en appelle bien sûr à mes amis du Tahoeraa pour qu’ils soutiennent l’action du gouvernement. Quel intérêt la population peut-elle trouver dans nos oppositions ? Rassemblons-nous tous autour du gouvernement pour soutenir l’intérêt général.

 

En ce sens je remercie le réalisme du représentant Charles Fong Loi qui a pris la mûre décision de venir soutenir notre action. Une démarche logique puisque lui-même, comme vous, m’avez élu pour diriger le pays.

 

 

 

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

Liens utiles

 

-www.net.pf

 

-www.innovation-publique.pf