DISCOURS

Conférence de presse du Président Edouard Fritch

 

Jeudi 8 octobre 2015

 

Hier matin, certains d’entre vous ont fait état d’un remaniement ministériel  imminent avec notamment la démission des ministres Frédéric Riveta et René Temeharo. 

Pour ne rien vous cacher, je vous confirme qu’hier matin j’étais en possession des lettres de démission de Frédéric Riveta et de René Temeharo. Des démissions motivées par la nécessité de renforcer les élus qui soutiennent le gouvernement au sein de l’assemblée.

Comme vous le savez, la démission de Frédéric et René entraine leur retour à l’assemblée dans un délai de un mois, et surtout le départ de Fernand Tahiata et Evans Haumani, les suivants de listes qui sont entrés à l’assemblée à la faveur de la nomination de nos deux ministres.

Ces démissions, je ne les ai pas actées immédiatement comme vous l’avez tous constaté.

Pourquoi ?

Les choses sont assez simples. J’ai reçu hier matin, avant le conseil des ministres, un appel d’un élu Tahoeraa Huiraatira m’affirmant qu’il allait rejoindre les rangs des élus qui soutiennent le gouvernement et qu’il se faisait fort de convaincre Fernand Tahiata et Evans Haumani de le suivre dans sa démarche. Il m’a donc demandé d’attendre avant de prendre ma décision.

Je ne vous cache pas que je lui ai exprimé tout mon scepticisme puisque c’est un discours que j’ai déjà entendu plusieurs fois depuis 6 mois. Et c’est quand la presse commence à annoncer un remaniement ministériel que ces gens se réveillent.

Malgré tout, j’ai pris la décision d’attendre quelques heures en rappelant qu’il n’y avait rien de négociable et que ceux qui accepteraient de nous rejoindre le feraient uniquement pour conforter les soutiens au gouvernement.

J’insiste sur ce point parce que je sais que du côté du Tahoeraa, on me reproche de faire pression sur les élus pour les rallier à ma cause. Moi je crois, au contraire, qu’il y a des élus du Tahoeraa qui sont prêts à me rejoindre, qui donnent des signes en ce sens, mais qui sont sous une telle pression qu’ils n’osent pas franchir le pas.

Je prends l’exemple des deux textes sur les avantages en nature qui ont fait l’objet la semaine dernière d’un renvoi en commission puis d’un retour aujourd’hui en plénière. Ces deux textes, ils avaient été votés favorablement en commission par les quatre élus du Tahoeraa. Et en plénière, ces même quatre élus, sous pression, ont renié leur vote en demandant une nouvelle lecture par la commission.

Le terrorisme intellectuel, il ne se situe pas de mon côté, du côté de ceux qui soutiennent le gouvernement.

Donc, j’ai accepté d’attendre parce que la proposition qui m’était faite c’était de gagner trois élus sans toucher à mon gouvernement alors qu’en acceptant la démission de deux ministres je ne gagnais que deux vois.

J’ai fait savoir hier que je différais ma décision d’accepter les démissions des ministres mais que les élus en question devaient me remettre ce matin leurs lettres de démission du groupe Tahoeraa, dûment enregistrées par les services de l’assemblée.

Comme je m’en doutais, ces lettres ne sont pas arrivées.

J’ai donc décidé d’acter les démissions de Frédéric Riveta et de René Temeharo.

Ce n’est bien sûr pas de gaieté de cœur que j’ai pris cette décision. Frédéric et René n’ont pas démérité dans leurs actions ministérielles, ils ont fait du bon travail et c’est à regret que je me sépare d’eux.

Vous savez aussi que ce sont des vieux compagnons de route qui m’ont toujours soutenu dans mes démarches politiques.

Je tiens donc à rendre hommage à leur sens des responsabilités pour avoir pris cette grave décision de quitter le gouvernement pour retourner sur les bancs de l’assemblée.

Alors vous allez me dire : mais à quoi ça sert puisqu’avec ces deux élus supplémentaires vous n’avez toujours pas la majorité de 29 élus ?

Je le fait parce que je pense que notre pays mérite autre chose que cette instabilité chronique que celle que nous avons vécu au cours des dix dernières années et que nous revivons depuis que j’ai été élu président de la Polynésie française.

Je le fais, parce que je pense que j’ai l’intime conviction que nos deux ministres démissionnaires pour des raisons d’intérêt général peuvent amener d’autres élus à mieux comprendre tout l’intérêt de cesser les jeux stériles de la politique politicienne, au service non pas du pays, mais d’intérêts très particuliers.

Vous savez, quoi qu’on en dise, mon gouvernement et moi-même appliquons toujours la feuille de route qui était celle du Tahoeraa et qui a reçu l’approbation d’une majorité de la population. Je le dis facilement face à Teva Rohfritsch qui n’était pas avec nous en 2013 parce que je crois que nos programmes respectifs n’étaient guère éloignés, si ce n’est sur les aspects de la gouvernance.

 

 

Tous les élus ATP ont voté pour moi, tous les élus Tahoeraa ont voté pour moi. Donc je ne désespère pas de convaincre ceux qui m’avaient soutenu et qui se retrouvent aujourd’hui en face de moi parce qu’un homme en a décidé ainsi puissent se ranger à l’intérêt exprimé par les électeurs d’avoir un gouvernement soutenu par une majorité stable.

Mon devoir de président, c’est de réunir toutes les conditions favorables à la constitution de cette vraie majorité.

Dans un mois, nous serons au moins 26, ce qui est toujours plus que 24, et ce qui nous rapproche de l’objectif de 29. Encore une fois, je compte sur le sens de la responsabilité des élus de l’assemblée, des élus du Tahoeraa qui m’ont porté à la présidence du Pays en m’affirmant qu’ils me soutiendraient quand je leur ai posé la question à 3 reprises.

Il faut quand même être clair. Le Pays ne peut plus se payer le luxe de l’instabilité chronique ; le Pays ne peut plus être soumis aux blocages des textes à l’assemblée au gré des humeurs de certains.

J’ai été élu pour gouverner et faire avancer notre Pays, pour porter les réformes qu’aucun gouvernement n’a voulu ou n’a pu porter jusqu’à présent.

Je l’ai dit à l’assemblée. Si vous voulez me remplacer, déposez une motion de défiance et élisez un nouveau président ! Le problème, c’est qu’il n’y a pas les 35 élus requis par le statut pour voter cette défiance.

Alors, je dis aux élus du Tahoeraa. On fait quoi ? On paralyse l’activité économique et sociale jusqu’aux prochaines élections en attendant que certains retrouvent peut être leur capacité électorale ? On répète tous les jours que le gouvernement ne fait rien quand on fait tout pour l’empêcher de travailler et de mener les réformes ?

 

Je reste persuadé qu’un sursaut est possible et que la démission de Frédéric Riveta et René Temeharo doit être considérée comme le signe que ce sursaut est nécessaire si nous voulons faire avancer notre Pays.

Je le dis aussi, je ne suis pas dans la tractation, dans le débauchage. J’en appelle simplement à la responsabilité de chacun des élus de l’assemblée. Il leur appartient en conscience que les conditions soient réunies pour que nous puissions tous travailler sereinement dans le seul intérêt du Pays.

Et si je ne remplace pas Frédéric Riveta et René Temeharo au gouvernement, ce n’est pas pour garder des sucettes dans ma poche comme veulent le dire certain. Tout le monde en a assez des combines qui relèvent d’une autre gouvernance.

J’assumerais les portefeuilles qui étaient confiés à Frédéric Riveta et je confie à Nicole Sanquer les portefeuilles de René Temeharo.

Maintenant, nous avons assez perdu de temps à faire de la politique et je souhaite que tous les élus de notre assemblée reviennent à leur mission première qui est de servir la population.

 

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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