DISCOURS

DISCOURS EDOUARD FRITCH

JOURNEE CULTURELLE SI NI TONG

1 MARS 2015

 

 

 

Mesdames et messieurs,

 

Kiung Hi fat Tchoy. Bonne année à toutes et à tous.

 

J’ai régulièrement été parmi vous durant les années passées, à l’occasion de ces journées du nouvel an chinois. Mais, c’est la première fois que je me tiens devant vous en tant que président de la Polynésie française, pour célébrer cette année, la chèvre de bois.

 

Il me revient donc l’honneur de vous adresser quelques mots au nom du gouvernement.

 

Mes chers amis, dans cette Polynésie française, il y a vous, la communauté dite « chinoise ». En réalité, vous êtes des français parlant le chinois et vivant chez les tahitiens.

 

J’imagine que pour vous, la génération née avant les années 60, ça n’a pas été simple en termes d’identité. Ca n’a pas été pas simple, non plus, pour vous trouver une place au sein de cette société. Beaucoup de questions ont dû se poser à vous. Que faire pour y être accepté ? Que faire pour y vivre en toute tranquillité ? Que faire pour ne pas susciter la méfiance des personnes ?

 

Pour répondre à ces questions, vos aïeux et vous ont pris une voie que personne ne peut contester : le travail et rien que le travail.

 

En effet, depuis 150 ans, vos aïeux et leurs descendants, dont vous êtes les héritiers, se sont mis à travailler pour se trouver une place dans notre société, dans la discrétion et le labeur.

 

Vos vous êtes mis à être commerçants, coiffeurs, boulangers, maraîchers, planteurs de vanille, restaurateurs, etc….., durant des décennies, sans vous mêler de politique, sans vous exposer au-devant de la scène.

 

C’est en effet par votre travail que vous avez gagné le respect et réussi votre pleine intégration en Polynésie française.

 

Je sais que durant des décennies, vous avez volontairement décidé de ne pas vous impliquer dans la vie politique locale, parce que cela vous aurait amené à prendre position et donc à susciter des réactions inamicales à votre égard, incompatibles avec votre souhait d’intégration et de bonne composition avec l’ensemble des habitants de ce pays.

 

Oui, vous avez eu raison d’avoir adopté cette attitude de sagesse. Vous avez eu raison d’avoir su gagner votre place en vous investissant pleinement sur les valeurs du travail et de la famille.

 

Aujourd’hui que vous êtes devenus des polynésiens à part entière. Certains d’entre vous se sont mis à faire de la politique. Arthur Chung et Michel Law ont engagé le pas, puis Rose Jonc, Robert Tanseau et aujourd’hui Charles Fong Loi.

 

Votre jeunesse est devenue enseignant, médecin, avocat, chef d’entreprise, agriculteur, pêcheur, fonctionnaire ; bref, vous avez pu vous positionner, sans exclusion et sans restriction, dans tous les secteurs professionnels de notre pays.

 

C’est pourquoi, mes chers amis, merci pour tout ce que vous avez pu apporter à ce pays. Merci d’être de bons polynésiens et merci d’être de bons français.

 

Cette année de la chèvre de bois sera, j’en suis sûr, une bonne année. Elle sera une bonne année, car elle sera à l’image de notre envie et de notre volonté de positiver notre vie.

 

Je sais que chaque famille désire être plus prospère. Je sais que chaque famille souhaite le meilleur pour ses enfants et pour tous ses membres. Vouloir faire du bien autour de soi, ne peut que contribuer à une meilleure cohésion de notre pays.

 

J’ai des croyances simples. Je crois au bons sens. Je crois que le bien appelle le bien. L’amour appelle l’amour. Le respect appelle le respect.

 

J’agis et j’inscris ma gouvernance en étant imprégné de la conscience du bien et de l’importance des valeurs notamment celles du respect et de l’exemplarité.

 

Soyez assurés que je travaille pour l’intérêt général et que je veux du bien au peuple de ce pays. Je suis fier d’être polynésien et j’aime mon pays. Je respecte nos institutions, celles de notre pays et celles de la République française. Je respecte chaque sensibilité culturelle existante dans ce pays, comme la vôtre, tant qu’elle respecte celle des autres. Dans ce respect mutuel, j’y vois de la diversité et de la richesse.

 

Ce que j’apprécie en vous, c’est que vous êtes une communauté ouverte. Vous n’êtes pas repliés sur vous-mêmes. D’ailleurs, vos miss dragon qui portent des noms chinois sont de plus en plus blanches aux yeux bleus. C’est bien le signe visible de cette évolution et de cette intégration métissée.

 

Cette année, vous avez envie de célébrer le 150ème anniversaire de la première arrivée massive de chinois en Polynésie française. Je ne peux que vous encourager à faire oeuvre de mémoire. Vous faîtes partie de la Polynésie et votre histoire fait désormais partie du patrimoine de ce pays. Vous êtes les mieux placés, avec l’aide des historiens, pour mettre en valeur votre parcours historique.

 

Mes chers amis,  je suis heureux d’être parmi vous ce matin. Merci de nous avoir invités à partager ce moment avec vous.

 

 

Par reconnaissance des bonnes actions que certains d’entre vous ont réalisées, j’ai l’honneur, à présent de citer et de remettre les insignes de l’ordre de Tahiti Nui à trois de vos compatriotes ce matin.

 

 

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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