DISCOURS

ALLOCUTION DE MONSIEUR EDOUARD FRITCH

RENCONTRE AVEC LES RESPONSABLES DES STRUCTURES PUBLIQUES

JEUDI 29 JANVIER 2015

 

 

Monsieur le Vice-président de la Polynésie française,

 

Mesdames et Messieurs les ministres,

 

Mesdames et Messieurs les directeurs de cabinet,

 

Mesdames et Messieurs les chefs de service,

 

Mesdames et Messieurs les présidents et directeurs d’établissements publics,

 

Mesdames et Messieurs les présidents et directeurs de société d’économie mixte et de groupements d’intérêt économique,

 

Mesdames et Messieurs

 

Chers amis,

 

 

 

Nous voici déjà rendus à la fin du mois de janvier de l’année 2015 et je vous remercie d’avoir répondu présents à mon invitation pour que je puisse, au nom du gouvernement et en mon nom propre vous adresser tous nos meilleurs vœux de bonne et heureuse année.

 

J’ai souhaité cette année, aux côtés des chefs de service et directeurs d’établissements publics administratifs, inviter également les responsables des SEM, des EPIC et GIE, et ce dans une volonté de réunir et de mobiliser toutes les entités contribuant au service public ou para-public du Pays.

 

J’aime cette tradition de se souhaiter mutuellement une bonne année. Cela permet de partir d’un bon pied en renouvelant l’enthousiasme toujours quelque peu effiloché par les difficultés rencontrées durant l’année qui vient de s’écouler.

 

Car la nouvelle année est aussi l'occasion de dresser un bilan et de prendre de bonnes résolutions.

 

Ainsi, il ne s’agit pas d’être naïf, et de croire que tout va aller pour le mieux du seul fait que nous nous le sommes souhaité. Mais bien de se donner un nouvel élan.

 

En ce qui concerne le service public de notre pays, quel bilan global pouvons-nous tirer de l’année 2014 et quels engagements réalistes et pertinents devrions-nous confirmer ?

 

Nous pouvons prendre comme point de repère la rencontre des vœux avec le président Gaston FLOSSE le 31 janvier 2014 et le discours qu’il prononça alors : « servir est un honneur ».

 

Cette forte et belle allocution a marqué les esprits, d’autant qu’elle fut largement distribuée au sein de l’administration.

 

Je vous invite à relire ces propos car je m’inscris dans cette dynamique exposée par le président FLOSSEet je ne vais pas aujourd’hui paraphraser ce qui vous a été si bien exposé alors.

 

Néanmoins je vais en commenter quelques éléments essentiels et vous dire comment j’envisage que l’on poursuive notre démarche de renouveau et de reconstruction en suivant cette trajectoire. Certaines actions sont déjà fermement engagées en ce sens.

 

« Servir est un honneur. Il vaut pour moi comme pour vous, pour vous comme pour moi et les ministres qui m’entourent »vous a-t-il dit. Vous savez combien j’adhère à cette affirmation et je la fais mienne.

 

Il a poursuivi en soulignant : « Cet honneur implique une contrepartie : bien faire dans l’exécution de notre mission, tout faire pour assurer le meilleur service public possible au Pays. Ce dévouement à la chose publique de ceux qui gouvernent et de ceux qui administrent, fonde notre commune légitimité. Il constitue un impératif permanent. Il est plus nécessaire encore en temps de crise.  ..… tout faire pour assurer le meilleur service public possible au Pays. » : cette ambition me tient à cœur. Elle s’assortit d’une question essentielle : comment s’y prendre ?

 

Le même discours donnait des premières réponses. Il indiquait par exemple : « car ceci doit être clair pour tous : la réduction du format de l’administration du Pays n’est pas un simple objectif conjoncturel ; c’est une nécessité structurelle. Il s’agit d’une réforme de fond. ». Et il ajoutait : « Faire mieux avec moins, cela ne va pas sans de multiples remises en cause. »

 

Que ne l’ai-je répété moi-même en diverses occasions !

 

J’ai longuement détaillé, devant les chefs de service réunis le 28 octobre dernier ici même, les modalités de cette indispensable modernisation de l’administration et du service public tout entier. Je vous renvoie donc également à mon propre discours pour avoir une vision claire de cette réforme, de ses enjeux, des axes de travail et des résultats attendus.

 

Voyons rapidement les progrès réalisés depuis cette date et ce qu’il reste à faire.

 

Du côté du gouvernement, nous pouvons afficher la mise en place de la direction de la modernisation et des réformes de l’administration sur la base héritée de l’inspection générale de l’administration. L’arrêté a été adopté en conseil des ministres le 17 décembre 2014 et je viens de lancer un appel à candidatures pour identifier le futur chef de service de cette DMRA. Je vous rappelle toutefois que ce service ne dispose pour l’heure que de quatre agents et qu’il va de soi qu’il faudra en renforcer l’effectif. Toutefois, ce renforcement de la DMRA se fera à moyens globalement constants, par redéploiement au sein de l’administration, en réorganisant notamment les moyens mobilisés pour le contrôle interne. Car je compte bien être exemplaire sur l’impératif de maîtrise des dépenses et vous démontrer qu’avec de l’organisation et de la méthode on peut réellement « faire mieux avec moins ».

 

En partenariat avec le Vice-président, en charge de la fonction publique, la gestion rationnelle, prévisionnelle et transparente des ressources humaines, comme axe majeur de la modernisation de l’administration, est lancée. Les décisions prises en matière de personnels doivent s’appuyer sur les travaux de gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences.

 

Ainsi nous procédons à une mise à jour, une analyse et une synthèse des travaux déjà effectués auprès des services et des établissements publics à caractère administratif afin de déterminer précisément les compétences dont dispose l’administration et d’actualiser une projection des besoins en ressources humaines de l’administration à moyen terme.

 

Ces travaux permettront particulièrement de classer les emplois selon des critères objectifs afin de les prioriser en vue de permettre d’effectuer un choix éclairé tant sur l’opportunité d’organiser des concours externes, internes ou d’intégration, que sur la nécessité de recruter des agents non titulaires sur certains emplois, sur les redéploiements de personnels envisageables, sur le sort des postes libérés par les départs à la retraite et sur les modalités d’un éventuel plan de départ volontaire.

 

Les résultats de cette analyse qui intégreront l’étude des métiers pourront également constituer une aide lors de l’élaboration du plan de formation 2016-2018, alimenter la réflexion sur l’évolution des règles en matière de mobilité et de déroulé de parcours professionnel et esquisser l’identification des postes présentant des sujétions particulières dans le cadre d’une réactualisation du régime indemnitaire.

 

Je sais que la direction générale des ressources humaines, sous la houlette du Vice-président, est totalement mobilisée pour réussir cette démarche et je l’en remercie et félicite.

 

Mais bien entendu, cette rationalisation du management des ressources humaines ne pourra pas se faire sans l’implication de tous, avec, toujours présent à l’esprit ces impératifs de redimensionnement général, d’optimisation permanente de nos moyens et d’adaptation de nos organisations. Cela implique une attitude saine, constructive et continue de remise en question de ce que l’on fait et de la manière dont on s’y prend pour le faire.

 

La situation des personnels en contrats de durée déterminée pose de multiples difficultés tant pour les personnes concernées que pour l’administration. Pour commencer à résorber sans plus attendre ces situations, des concours sont d’ores et déjà programmés pour 2015. Celui d’assistants socio-éducatifs est déjà lancé, afin de pourvoir 29 postes. Celui de psychologues sera ouvert avant le mois de septembre. En dehors de ces situations bien spécifiques, je suis conscient de la nécessité d’organiser des concours afin de pourvoir les postes d’encadrement de l’administration. Les premiers résultats des travaux d’analyse relatifs à la modernisation de l’administration permettront de cibler les cadres d’emplois prioritaires pour lesquels des concours devront être programmés à compter du second semestre 2015.

 

D’autres dossiers actuellement à l’étude permettront d’aboutir à des mesures concrètes dans le domaine des ressources humaines. C’est le cas notamment de l’océanisation des cadres par la mise en place de conventions de formation spécifiques avec les autorités et les écoles d’administration en partenariat avec l’Etat pour améliorer la formation initiale de nos fonctionnaires stagiaires. Je pense particulièrement à la formation à l’exercice des compétences dévolues par notre statut dans des domaines aussi variés et complexes que sont l’économie, la santé ou encore l’énergie.

 

Cette mutualisation des moyens de formation pourrait également s’étendre, certes dans un cadre plus ponctuel, avec le centre de gestion de formation des communes afin que les uns et les autres s’enrichissent de leur savoir.

 

Une administration mieux formée sera une administration plus performante et apte à répondre aux demandes des élus comme des usagers.

 

L’amélioration de la gestion des ressources humaines nécessite également une modernisation de ses outils informatiques. Ainsi, les travaux initiés dans le cadre du SDIAF intègrent un important volet sur l’informatisation de la gestion des ressources humaines.

 

Les éléments présentés ci-dessus ne forment pas une énumération exhaustive de ce que nous avons entrepris. D’autres dossiers sont à l’étude mais nécessitent quelques arbitrages avant de pouvoir être annoncés.

 

Cet exposé des avancées de mon gouvernement pour moderniser le service public étant fait, venons-en à ce qui est attendu de vous.

 

J’avais demandé aux chefs de service, fin octobre dernier, de réfléchir à des propositions pour recentrer l’administration sur son cœur de métier, optimiser son organisation et ses modes d’intervention, rationaliser ses moyens, clarifier et simplifier ses procédures. Je leur ai donné rendez-vous à mai 2015 pour nous rendre compte de leurs travaux. Cependant j’avais souligné la nécessité d’un échange avec leurs équipes d’une part et avec leur ministre de tutelle d’autre part pour des ajustements progressifs selon les orientations politiques et en fonction des contraintes de gestion.

 

Vous noterez que cette demande était déjà contenue dans le discours du président FLOSSE et adressée non seulement aux chefs de service mais à vous tous. Relisez-le car il en est question dans divers passages.

 

Aujourd’hui, je voudrais savoir si un dialogue est engagé dans ce sens entre vous et les équipes que vous avez la responsabilité d’animer d’une part, et vous et vos ministères de rattachement, ou conseil d’administration d’autre part. Ce dialogue de gestion, indispensable pour avancer concrètement et avec succès dans la démarche de modernisation, est-il instauré ? Si oui, se traduit-il dès à présent par des lettres de mission et la définition clarifiée d’objectifs et d’indicateurs ? Sinon, les obstacles à cette démarche sont-ils au moins identifiés pour que l’on puisse apporter les remèdes permettant de les surmonter ?

 

Aujourd’hui je voudrais insister aussi sur l’importance que nous soyons unis, cohérents, solidaires, dans cette démarche de servir du mieux possible nos concitoyens.

 

Car il ne faudrait pas que certains persistent à s’imaginer que les efforts doivent être faits ailleurs et par d’autres qu’eux-mêmes. Soit qu’ils pensent avoir une action plus prioritaire ou plus importante que celles des autres, soit qu’ils croient n’avoir aucune marge de manœuvre, ou pour quelque autre motif que ce soit.

 

Or tous les secteurs d’intervention sont importants et se complètent les uns les autres. La seule priorité reconnue officiellement est celle de l’éducation. La charte approuvée à l’unanimité par les membres de l’assemblée le 29 août 2011 l’énonce dans son premier article : « L’éducation est la priorité de la Polynésie française. »

 

Mais le fait d’être la priorité du pays implique pour ce secteur d’être géré avec encore plus de rigueur que tous les autres.

 

En effet, plus vous considérez que l’action que vous menez est prioritaire et doit donc bénéficier de moyens avant les autres, plus vous devez être attentifs à utiliser du mieux possible ces moyens, à n’en gaspiller aucun.

 

Je ne voudrais pas être trop long aujourd’hui dans mon intervention. Les axes de travail pour réussir à moderniser le service public pour toujours mieux servir le citoyen ont déjà été développés et répétés. Certains pourraient penser que peu de progrès ont été accomplis jusqu’à présent.

 

Je crois pour ma part que nous avons avancé. Nous avons progressé dans la prise de conscience générale qu’il fallait recentrer l’action publique sur l’essentiel, à savoir protéger au mieux nos concitoyens des risques, assurer une équitable redistribution des richesses et des chances et apporter une assistance concrète aux personnes en situation de vulnérabilité temporaire ou durable.

 

Mais je reste impatient, comme vous tous certainement, et comme tous nos concitoyens, que des avancées plus tangibles se fassent jour.

 

Je vous ai exposé ce que mon gouvernement et moi-même avons entamé. J’attends de connaître vos propositions formulées dans le cadre dûment présenté à maintes reprises.

 

Nous devons désormais passer dans une phase active de mise en œuvre de toutes les pistes d’amélioration déjà défrichées. Vous êtes les managers du secteur public. C’est à vous que revient la responsabilité de mobiliser tous les agents et salariés qui forment vos équipes pour que notre action publique s’adapte en permanence à son nouvel environnement.

 

Je compte sur l’engagement personnel de chacun d’entre vous. Je vous donne à tous, comme je l’avais déjà fait pour les chefs de service, rendez-vous au mois de mai pour présenter vos plans d’action respectifs. Bien entendu, que ceux qui l’ont déjà établi n’attendent pas cette échéance et nous renseignent de suite via leurs ministères de tutelle ou de rattachement.

 

Chers amis, il est temps de clore ce propos. Je vous souhaite à nouveau tous mes meilleurs vœux de pleine réussite personnelle et professionnelle. Que 2015 vous apporte également santé et paix. Je vous remercie de transmettre ces bons vœux de ma part et de celle de tout le gouvernement à vos collègues et à vos proches.

 

Je vous propose maintenant de prendre la parole si vous le souhaitez, pour quelques échanges. Puis nous nous rendrons vers les buffets pour partager le verre de l’amitié.

 

Je vous remercie de votre attention.

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

Liens utiles

 

-www.net.pf

 

-www.innovation-publique.pf