DISCOURS
ALLOCUTION D’OUVERTURE D’EDOUARD FRITCH
PRESIDENT DE LA POLYNESIE FRANCAISE
FESTIVAL DU TAPA
LUNDI 10 NOVEMBRE 2014
 
Monsieur le Haut Commissaire,
Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie française,
Mesdames et messieurs les ministres,
Monsieur le Sénateur de Wallis et Futuna,
Monsieur le Vice président de l’Assemblée de Wallis et Futuna,
Madame la présidente de la commission de la condition féminine de
l’Assemblée de Wallis et Futuna,
Monsieur le grand chef coutumier, conseiller à l’Assemblée de Wallis et
Futuna,
Mesdames et messieurs les Représentants de l’Assemblée de la Polynésie
française,
Monsieur le Maire de la commune de Punaauia,
Monsieur le directeur de cabinet de la présidente du gouvernement de
Calédonie,
Madame la représentante du ministre Tyuienon,
Monsieur le secrétaire du Parlement de Vanuatu,
Lady Fielakepa représentant le ministre de l’éducation de Tonga,
Docteur Huffer de la Communauté du Pacifique,
Docteur Takahashi représentante de l’Unesco,
Monsieur le directeur du Centre Tjibaou,
Madame la Délégué de Wallis et Futuna,
Chers invités du Pacifique,
Chers amis,
 
Le gouvernement de la Polynésie française est particulièrement heureux et honoré de la présence de nos nombreux amis venus de Rapa Nui, de Cook, de Hawaii, de Tonga, de Samoa, des Samoa américaines, des Etats Unis, de Papouasie, de Vanuatu, de Fiji, de Pitcairn, de Wallis et Futuna et de Nouvelle Calédonie.
 
Soyez tous et toutes les bienvenus en Polynésie Française. Ia ora na e manava i te farereiraa.
 
Je suis particulièrement heureux d’accueillir l’Océanie ici, à Hiti, à la Pointe Nu’uroa.
 
Le site de Hiti hébergeait autrefois le marae Tapuatapuatea de Atahuru, une des plus importantes chefferies de Tahiti. En 1777 le capitaine Cook y observa le rituel d’un sacrifice humain.
 
En 1815 la bataille de Fei Pi eut lieu sur les collines qui dominent cette chefferie : les clans favorables au maintien de la tradition s’opposèrent aux partisans de l’ordre nouveau emmenés par le roi Pomare 2. La magnanimité dont celui-ci fit preuve à l’égard des vaincus entraîna la conversion massive des Tahitiens au christianisme.
 
Sur les ruines du marae, détruit par les nouveaux convertis, s’installa la mission évangélique de Burder’s Point. Plus tard, le site de Hiti, grâce au labeur acharné de grandes familles de colons, devenait une magnifique cocoteraie.
 
En 1974 finalement, il y a tout juste 40 ans, l’Assemblée Territoriale de la Polynésie française décidait d’installer ici, le Musée de Tahiti et des Iles.
 
Oui, il est heureux que ce soit sur ce site naturel et culturel d’exception, chargé du mana de nos tupuna –nos ancêtres-, que s’ouvre aujourd’hui le festival du tapa, porté par 13 communautés océaniennes.
 
Nous avons une origine commune, située bien loin à l’ouest de l’Océan Pacifique qui nous relie. Nous sommes les descendants de ces navigateurs remarquables qui ont migré et peuplé les confins de l’Océanie. Dans ce voyage ils emportèrent une centaine de plantes utiles.
 
Le tapa, cette étoffe d’écorce battue, issue le plus souvent du ‘aute ou mûrier à papier d’Asie du sud-est, du tumu’uru ou arbre à pain originaire de Nouvelle Guinée et du ‘ora ou banyan indigène est un savoir faire ancestral commun.
 
Nous héritons d’une culture commune et plurielle, riche de la diversité et de la créativité induites par l’adaptation à l’environnement spécifique à nos régions et par l’isolement de notre insularité.
 
Bien que le capitaine Cook ait vanté la finesse, la blancheur et la souplesse du tapa de Tahiti, force m’est d’admettre que ce savoir faire n’est plus d’usage répandu dans les archipels de Polynésie française. Seule Fatu Hiva, une île de l’archipel des Marquises, perpétue la fabrication du tapa.
 
Cette étoffe, qui habillait quotidiennement les anciens polynésiens et les protégeait de la fraîcheur nocturne, était une matière prisée –objet de tous les soins- quand elle participait aux rituels anciens ou aux offrandes faites aux visiteurs prestigieux.
Ce festival que nous ouvrons aujourd’hui est à l’initiative de Mme Malia Gaveau, Déléguée de Wallis et Futuna en Polynésie française et Mr Michel Charleux ethno-archéologue (que je vous demande d’applaudir).
 
Malia et Michel ont su nous convaincre de l’opportunité d’une rencontre dédiée à l’art du tapa. Je les remercie car c’est aujourd’hui un véritable festival international qui j’inaugure avec fierté.
 
J’ai le sentiment renforcé d’appartenance à une large communauté liée par la tradition du tapa d’Océanie. Et il est juste et cohérent que nous soyons rassemblés ici, à Hiti, à Nu’uroa, lieu de départ des grandes flottes transocéaniennes.
 
Je ne vais pas vous présenter le programme détaillé et extrêmement dense du festival que nous allons vivre avec délectation et passion, dans une approche ludique ou scientifique, mais toujours dans l’esprit communautaire des insulaires des mers du Sud.
 
Cette semaine sera riche en découvertes et en partages. Une fenêtre s’ouvre sur un monde en sommeil dans certains archipels, et bien vivace dans d’autres, je pense à Wallis et Futuna, à Samoa, à Tonga et à Fiji.
 
Et Hina Tutu Ha’a se réjouit d’entendre résonner – à la Mairie de Pirae à Hamuta – les coups des battoirs, que les spécialistes du tapa, porteront sur leurs enclumes.
 
Je vous souhaite la bienvenue et un bon séjour à Tahiti. Que vive l’Océanie. Que perdure le tapa. Que le mana bienveillant des tupuna nous accompagne tout au long de cette 1ère édition du Festival Tapa – lien culturel d’Océanie.
 
Je vous remercie de votre attention.
 
Mauruuru.

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

Liens utiles

 

-www.net.pf

 

-www.innovation-publique.pf