DISCOURS

DISCOURS EDOUARD FRITCH

PRESIDENT DE LA POLYNESIE FRANCAISE

OUVERTURE DE LA FOIRE AGRICOLE 2014

 

Madame la présidente de la Chambre d’Agriculture, présidente de Hei Tini Rau, chère Yvette,

Monsieur le ministre du développement du secteur primaire

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les Représentants, mes chers amis,

Monsieur le maire et son conseil municipal,

Mesdames et messieurs les exposants,

Mes chers amis,

 

 

Avec mon  gouvernement, nous avons voulu, par notre présence, témoigner notre respect et notre reconnaissance aux agriculteurs, aux éleveurs, aux horticulteurs et aux pêcheurs lagonaires de notre Pays.

 

Nos salutations les plus chaleureuses et les plus amicales à nos amis des Iles sous le vent, des Marquises et à ceux des Iles du vent, présents à cette foire 2014.

 

Pour cette édition 2014, le comité organisateur a enregistré 384 exposants, soit près d’une centaine de plus par rapport au nombre de l’année dernière. Je remercie tous les exposants pour ce regain d’intérêt.

 

Certains d’entre vous ont fait des centaines de kilomètres pour venir jusqu’ici présenter leurs productions.

 

J’imagine qu’il n’est pas simple de faire transporter des centaines de kilos de taro, de Ufi, de maniota, de bananes, à partir de vos îles respectives. J’imagine donc que votre présence, ici, est le témoignage de la fierté que vous ressentez en exposant vos différents fruits, légumes, vivriers et poissons.

 

Alors, merci et félicitations à la présidente de Hei Tini Rau, madame Yvette TEMAURI, qui a porté l’organisation de cette manifestation, en partenariat avec la Chambre de l’Agriculture et le Ministère de l’Agriculture.

 

Je connais « mama Yvette » depuis des années. Nous avions siégé ensemble  sur les bancs de notre assemblée. Je savais qu’elle était passionnée par les métiers de la terre, et en particulier par les belles plantes.

 

Grâce à son dévouement constant et à sa patience, elle est arrivée à s’imposer naturellement dans le milieu des professionnels de l’agriculture.

 

Elle est aujourd’hui reconnue puisqu’elle a été élue à la tête de la Chambre de l’agriculture. Je voudrais, à cette occasion, lui témoigner mon affection et mes félicitations pour le travail accompli.

 

Merci également au précédent ministre de l’agriculture, monsieur Thomas Moutame, qui a initié cet évènement de grande ampleur. 

 

Merci également aux agents du Service de l’économie rurale, de la Chambre de l’agriculture et à tous ceux et celles qui ont contribué à l’ouverture et à la tenue de cette manifestation. Soyez en tous remerciés.

 

Merci également aux exposants d’avoir participé au financement de cette foire à hauteur de 10 millions de francs en complément de l’apport de 30 millions de francs provenant du Pays.

 

Je saisis cette opportunité pour vous annoncer qu’en 2015, nous fêterons les 30 ans de la foire agricole. Pour cet anniversaire, le gouvernement a l’intention d’organiser une foire qui associera l’ensemble des acteurs des 5 archipels. Ce sera, de ce fait, un évènement exceptionnel.

 

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Mes chers amis agriculteurs, éleveurs, horticulteurs et pêcheurs, je suis, et je le dis en toute sincérité, sensible au développement du secteur primaire.

 

Comme vous le savez, j’ai grandi à Tubuai.  Venant de cette île des Australes, l’agriculture et le travail de la terre sont un sujet de conversation quotidien qui a baigné mon enfance.

 

Il n’y a pas de jours où on ne parle pas d’agriculture à la maison. Comme vous, je suis imprégné de cette culture de la terre.

 

Je suis imprégné par le respect de la terre ; cette terre qui a nourri et qui a fait grandir des générations et des générations de Polynésiens.

 

Oui, vous pouvez être fiers. Vous pouvez être fiers parce que vous participez activement à la vie et à l’économie de notre pays.    

 

En travaillant la terre, vous avez su maintenir nos archipels en vie.

 

C’est pour cette raison que j’ai souhaité nommer Frédéric Riveta en tant que ministre en charge du développement du secteur primaire qui comprend l’agriculture, les ressources marines et l’artisanat.  Je l’ai placé comme numéro 3 de mon gouvernement pour qu’avec le numéro 2, Jean Christophe Bouissou, ministre en charge de la relance économique et du tourisme, vous puissiez constater  et croire en ma volonté de faire du développement économique une priorité de notre action et pour notre Pays.

 

Associer l’agriculture, la pêche et l’artisanat a du sens pour des milliers de familles qui vivent de la pluriactivité. Beaucoup de familles combinent, à la fois, en fonction des saisons et des cycles culturaux, une activité de pêche, d’agriculture, voire d’artisanat. C’est cela vie des îles.

Une vie cohérente qui colle aux réalités naturelles et culturelles de nos communautés rurales de la presqu’île de Tahiti et des archipels.

 

***

 

Notre Pays et ses agriculteurs sont capables, je le sais, de produire suffisamment de tomates, de choux, de concombres, de salades, de poivrons, d’aubergines, d’ananas, de bananes, et bien d’autres légumes et fruits, sans avoir recours aux importations. Cette réalité me remplit de satisfaction.

 

Cette réalité me remplit aussi de fierté à l’idée que nous sommes capables d’être autonomes sur de nombreux produits maraîchers et fruitiers. C’est donc un message d’encouragement que je voudrais adresser à nos producteurs.

 

J’ai demandé à notre ministre du développement du secteur primaire de mettre en place les outils pour faciliter l’essor de votre secteur.

 

Le premier de ces outils, c’est le foncier. Sans foncier, aucun développement possible.

 

Je demanderai au ministre du développement du secteur primaire de tout faire pour faciliter et accélérer l’accès au foncier pour tous ceux qui sont motivés à travailler la terre. Je dirai même au ministre qu’il ne faut pas hésiter à réattribuer des terres domaniales qui sont restées en jachères et louées à des personnes qui n’ont finalement montré aucune motivation à exploiter les parcelles qui leurs ont été attribuées à bas prix par le Pays.

 

Quoi de plus normal à vouloir remettre des parcelles à ceux et celles qui veulent réellement travailler la terre et prospérer par cette activité.

 

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Cette année, le thème choisi s’intitule « ia tupu, ia uaa e ia hotu to tatou fenua », « que germe, que fleurisse et que fructifie notre pays ». Ce thème reflète parfaitement nos réalités climatiques et végétales. Notre pays est vert 365 jours sur 365. Tout notre pays est un jardin botanique. Nos fruits murissement toute l’année. Nos fleurs s’épanouissent toute l’année. Nos légumes poussent toute l’année.

 

Oui, nous avons de la chance de vivre en Polynésie française, pays tropical bercé par les alizés. Oui, nous avons un pays béni des dieux où personne ne peut mourir de faim tant notre nature est généreuse.

 

Ce sont des atouts qui facilitent la vocation agricole.

 

Et en parlant de vocation, je pense à notre jeunesse. Je voudrais tant les convaincre pour qu’ils soient persuadés que les métiers de la terre sont nobles, modernes et utiles à l’avenir d’un pays. Je voudrais tant les convaincre pour qu’ils cessent de penser que les métiers de la terre sont des métiers du passé. Bien au contraire. Etre agriculteur ou pêcheur, c’est un vrai métier.

 

En outre, soyons conscients que produire de la nourriture est devenu et deviendra un enjeu de plus en plus important et vital en raison de la croissance régulière de la population mondiale.

 

D’ailleurs, nous commençons à toucher du doigt cet enjeu, puisque des investisseurs chinois souhaitent construire des fermes aquacoles aux Tuamotu pour exporter la production piscicole vers la Chine et contribuer à la demande d’un marché de plusieurs centaines de millions de personnes.

 

Produire de la nourriture tirée de la terre ou de la mer, deviendra un enjeu économique et stratégique important pour les décennies à venir.

 

C’est pourquoi, notre terre, une terre exempte de pollution et de souillure industrielle  est un capital précieux. Il en est de même pour notre lagon et notre zone maritime. Sachons les préserver et les fructifier, aujourd’hui et demain.

 

*****

 

Je voudrais également dire aux agriculteurs et aux horticulteurs que mon gouvernement se soucie également des questions de commercialisation.

 

Je ne dis pas que tout est totalement maîtrisé en matière de production. Il y a encore des améliorations à apporter dans les choix variétaux des légumes, des améliorations dans les traitements phytosanitaires, fongicides ou entomologiques, mais on peut considérer que globalement les agriculteurs savent planter d’une manière raisonnée.

 

En revanche, beaucoup de producteurs, la plupart de taille modeste, ont du mal à écouler leur production ou à entrer sur les gros marchés.

 

Il y a encore trop de producteurs fruitiers, maraîchers ou vivriers qui doivent eux-mêmes consacrer une bonne partie de leur temps à vendre leur production soit au bord de la route, soit dans les petits commerces de quartier qui ne peuvent leurs acheter qu’un ou deux petits cageots de produits.

 

Pour enlever ce souci aux agriculteurs, monsieur Riveta avait réfléchi et proposé un dispositif de collectage, de calibrage, de conditionnement et de commercialisation dénommé Kai Hotu Rau. Ce dispositif de commercialisation devait être au service des agriculteurs de Tahiti et des îles.

 

Ce dispositif devait également s’intéresser aux productions horticoles et fruitières destinées à l’exportation.

 

J’ai demandé à monsieur Riveta de remettre ce dispositif en route tel qu’il était imaginé et conçu à l’origine, avec le soutien du Pays et d’investisseurs du secteur privé. 

 

Mes chers amis, vous pouvez compter sur moi et mon gouvernement pour préserver et encourager le secteur primaire.       

 

Planter, pêcher et tresser sont des gestes qui font partie de nos gênes. C’est dans ces secteurs où les Polynésiens trouvent et prennent plus  facilement leur place.

 

Planter, pêcher et tresser sont aussi des métiers d’avenir. Il nous revient d’en faire des activités nobles et rémunératrices.

 

Je veux que nous réussissions, ensemble, le développement d’un secteur productif polynésien. Je veillerai à ce que le gouvernement et ses services vous facilitent la tâche et vous soutiennent dans vos projets. La relance de notre économie passe également par la multiplication rapide des petites activités et des petites entreprises dans le secteur primaire.

 

Pour vous accompagner, ils auront à se soucier à la fois des problématiques de  production et de commercialisation. Ils seront pleinement conscients que « Produire sans vendre », c’est décourageant.

 

Aussi, mes chers amis, je voudrais, pour terminer, adresser mes encouragements à « mama Yvette » et à toutes ses équipes pour que cette semaine de foire se déroule avec succès.

 

Nous avons été informés des nombreuses innovations prévues cette année dans les animations quotidiennes qui se dérouleront sous ce grand chapiteau. Ce sera une semaine intense, mais je sais que la passion et l’enthousiasme sauront prendre le dessus de la fatigue éventuelle.

 

Ia tupu, ia uaa e ia hotu to tatou fenua.

 

Ia orana

Gouvernement Fritch sept. 2014 - jan. 2017

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